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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 00:00





J'ai déjà eu l'occasion d'aborder les évaluations douteuses des surfaces des biens à vendre.
Mais il y a bien plus grave.

Je me souviens avoir visité un appartement dans un immeuble souffrant d'infiltrations d'eau venue de la colline. Un genre de "défaut" plus que coûteux à rectifier… Mais nulle mention du fait, ni par l'agent immobilier, ni dans les procès verbaux des deux dernières assemblées générales. Juste une petite note affichée dans l'entrée de l'immeuble (visible par tous y inclus celui qui me proposait la vente et qui, ayant 50 visites par jour, passait devant autant de fois) qui m'avait mis la puce à l'oreille. Et dont je n'avais eu confirmation (officieuse) qu'en allant interroger le gardien de la résidence. Vu les pluies inhabituelles de cette année, heureusement que j'avais lu la petite note…


Mais le pire a été l'automne dernier, à  Senyul. Je visite entre midi et deux un appartement dont le "ton", la surface et la configuration me plaisent, à la vente depuis plus d'un an (merci "petitscailloux.com"), dont le prix a baissé et qui est probablement négociable. Je tente une offre verbale 10% moins cher, tout en précisant qu'avant de me lancer il faudra que je revienne avec un maçon pour évaluer les travaux. Verbalement ma proposition passe. Donc je me bouge, trouve un entrepreneur, prend rendez-vous pour la semaine suivante. L'agence "comprend" que je veuille évaluer les travaux, me bloque aimablement le bien, mais me prévient que je n'aurai que 24h de plus après le rendez-vous pour me décider, vu qu'elle reçoit plusieurs appels par jour pour le même bien (qui est en vente depuis plus d'un an. Passons). Comme à mon habitude, je retourne sur les lieux pour tâter l'ambiance, cette fois en me faisant accompagner. On fait le tour du pâté de maison et mes amis me demandent si je sais à quoi correspond la cheminée que l'on ne voit que par derrière. Non, je l'ignore. Il n'y a ni cheminée, ni hotte de cuisine, ni ventilation dans l'appartement.

Et si cela avait un lien avec la pizzeria du rez-de-chaussée, située un numéro plus loin ? Tu crois ? Non, quand même…

 

Le jour du rendez-vous, je retrouve la dame de l'agence accompagnée de la propriétaire, nous attendons tranquillement l'entrepreneur puis montons avec lui.

A peine entrés je lui demande, à lui, s'il peut voir à quoi correspond la cheminée qui est sur le toit.

"Une cheminée sur le toit ?" s'exclament ostentatoirement étonnées et dubitatives, propriétaire et dame de l'agence.

"Oui, oui, réponds-je, juste-là," tout en encourageant l'entrepreneur à jeter un œil. Et sans leur laisser le temps de réagir, je les prie de bien vouloir m'excuser un instant — je reviens — et file demander à la pizzeria de mettre sa ventilation en route avant de remonter dans l'appartement à toutes jambes.

Un boucan là-dedans, mais un boucan ! Ca vibrait de part en part du faux plafond ! La gaine d'évacuation de la pizzeria d'à côté traversait tout l'appartement, en douce !

"Mais qu'est-ce que c'est que ça ?" S'exclamèrent ostentatoirement éberluées les deux commères…

Dîtes-moi : pour quelle raison, que diable, n'avais-je rien entendu lors de ma première visite, qui avait eu lieu, je le répète, entre midi et deux (heure de pointe d'une pizzeria si je ne m'abuse)? !!

C'est très simple : le patron de la dîte pizzeria n'était autre que l'oncle de la propriétaire, ai-je appris hier après midi, par le gars qui avait initialement vendu l'immeuble à ces gens.  
Hier après midi, soit environ neuf mois plus tard. Peut-être faut-il ainsi des temps de gestation aux vérités les plus noires pour advenir au grand jour ? Genre maturation du furoncle qui finit toujours par exploser...

J'avais, évidemment, le lendemain de cette lamentable découverte, appelé la dame de l'agence pour lui dire que ce qu'elle avait fait était inadmissible, et qu'occulter un vice aussi énorme relevait d'une malhonnêteté aux conséquences très graves pour l'acquéreur. Evidemment elle s'était offusquée que je puisse la soupçonner de la "moindre malhonnêteté" et "c'est très grave comme accusation Madame".
Ce genre de majuscule verbale (ton pincé, généralement nasal) est toujours assez pervers : en général il vise à te faire avaler des couleuvres bouche cousue. Mais là, c'est pire que tout : c'est la pourriture qui accuse sa proie de la désigner "sans aucune raison" comme pourriture. Genre la proie — moi en l'occurence — est d'une paranoïa crasse. Le monde à l'envers, comme d'hab.

"Oh, mais ne vous en faites pas, Madame, l'avais-je rassurée, je ne vais pas entamer un procès, je n'ai aucune énergie à perdre avec les engeances de votre espèce." Re-offuscations pincées (acabit des Madame) se terminant par une preuve magistrale du "professionnalisme" que l'on peut attendre de ces gens : "Mais Madame, contrairement à ce que vous semblez imaginer, je vous assure que je n'étais pas au courant..."
 "Oh mais je n'imagine rien. Sauf que vous auriez du moins pu faire le tour du pâté de maison, afin de connaître à minima le produit que vous alliez proposer à la vente, avant de vous saler  d'une dizaine de milliers d'euros dessus..." m'étais-je contentée de répondre d'une voix douce et sophronique. 
Parce qu'entre nous, est-ce qu'un boulanger se permettrait d'essayer de vous faire passer du pain rassis pour du pain frais ? Evidemment, non. Enfin à moi cela n'est jamais arrivé, pourtant j'achète du pain tous les jours, ce qui n'est pas le cas d'un appartement. Et pas pour les mêmes sommes non plus.
Mais peut-être est-ce trop demander aux professionnels de cette branche que d'être responsables de leurs actes, conscients des conséquences ?  

Quiconque parcourt les forums touchant l'immobilier se rend compte de l'image extrêmement négative des agents immobiliers. Quoi d'étonnant ? Doublés par ce genre de "négligence" ou de tentative délibérée d'arnaque, les 8-10% ponctionnés sur le prix de vente, outre qu'ils poussent cette profession à faire monter les prix, et en cas de crise comme aujourd'hui à les maintenir, sont durs à avaler !
Par "maintenir les prix", j'entends aussi, se mettre tous sensuellement d'accord pour ce maintien, malgré les tensions croissantes entre agences
dans un marché en baisse. Il suffit de suivre les déclarations fracassantes de ce cher René.

Hier après-midi, visitant un bien que le vendeur était desespéré de ne pas parvenir à vendre, alors que son prix est stable depuis 6 mois, je m'en suis étonnée auprès de l'agent chargé de sa vente : Je ne comprends pas, lui ai-je confié. Si cette personne est désespérée de ne pas vendre, pourquoi ne baisse-t-elle pas son prix ?
Mais, Madame (sic!), elle attend qu'on lui fasse une offre, tout simplement...
Traduction : ce n'est pas du tout au prix (la preuve ça ne se vend pas), mais il faut bien maintenir un niveau constant de prix pour que le "prix marché" apparaisse clairement au regard de tous... Non ?

Et bien vous savez quoi ? C'est pas beau... Y'a pas de quoi être fier de son humanité. Alors, les discours sur la "valeur travail"...

 

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  • : Un regard ethnologique et artistique sur les dysfonctionnements quotidiens en France, comme par exemple l'emprise dérégulant des hots-lines, les incessantes trangressions des règles, les solutions bloquées par la rigidité idiote des catégories administratives. Bref les raisons de la lassitude et de la passivité politique des Français.
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La "dérégulation", une histoire lointaine ?
 Non. C'est au quotidien qu'elle s'impose !

De nouvelles pratiques sociales — notamment les hot-lines et les centres d'appels, ou l'usage administratif et commercial d'Internet, pour ne parler que d'elles — sont subrepticement devenues sources d'une multitude d'abus de pouvoir relativement invisibles, d'illégalités sourdes, d'arnaques silencieuses.

Ces "minuscules" dysfonctionnements génèrent un "aquabonisme" de plus en plus massif, une lassitude généralisée... Et, en ce domaine, la réalité dépasse souvent la fiction. 
Histoire de faire sauter les langues idiotes qui, bien souvent, soutiennent en choeur les imbécillités, les incohérences et le cynisme ambiant de cette "dérégulation" :

 - Les déboires d'Amada" racontent des faits significatifs. 
 - Le laboratoire d'Amada  présente des esquisses théoriques tirées pour la plupart des premiers (textes déposés). 
- AmadO's blues : un de mes amis s'agace avec moi de la confusion mentale généralisée. Je lui ai ouvert mon blog.
- Les articles Michaël Jackson sont des tentatives pour éclairer certains pans de nos sociétés  médiatiquement orchestrées (textes déposés.).
- Plus quelques notules, quelques textes fondateurs et des liens...

Bonne lecture !

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Argent, dette, intérêts : ouvrir les yeux !  
A.J.Holbeq: 150 millions par jour pour les seuls intérêts de la dette en France . Faits et chiffres à propos de ce racket
 

Une façon critique jubilatoire de lire le monde : Celle de P. Reymond.

Et vu du ciel astrologique, ça donne quoi ?

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