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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 14:57
Platon éclaire le type de "démocratie" qui est sourdement le nôtre. 
Cet extrait de La république (VIII) écrit il y a près de 2500 ans décrit de façon simple, et fort actuelle me semble-t-il, comment se comporte une oligarchie financière. 
Mis en ligne en janvier 2010, je remets en avant ce texte toujours d'actualité en ce 25/02/2011
Je remercie le site "L'Antiquité grecque et latine" pour la publication en ligne des œuvres de Platon. 

Bonne lecture.




Socrate: Ainsi, dans les oligarchies, les chefs, par leur négligence et les facilités qu'ils accordent au libertinage, réduisent parfois à l'indigence des hommes bien nés. 
- Certainement.
S: Et voilà, ce me semble, établis dans les cités des gens pourvus d'aiguillons et bien armés, les uns accablés de dettes, les autres d'infamie, les autres des deux à la fois : pleins de haine pour ceux qui ont acquis leurs biens, ils complotent contre eux et contre le reste des citoyens, et désirent vivement une révolution.
- C'est exact.
S : Cependant les usuriers vont tête baissée, sans paraître voir leurs victimes; ils blessent de leur argent quiconque leur donne prise parmi les autres citoyens, et, tout en multipliant les intérêts de leur capital, ils font pulluler dans la cité la race du frelon et du mendiant.
- Comment, en effet, en serait-il autrement?
S : Et le sinistre une fois allumé, ils ne veulent l'éteindre ni de la manière que nous avons dite, en empêchant les particuliers de disposer de leurs biens à leur fantaisie, ni de cette autre manière : en faisant une loi qui supprime de tels abus.
- Quelle loi?
S : Une loi qui viendrait après celle contre les dissipateurs et qui obligerait les citoyens à être honnêtes; car si le législateur ordonnait que les transactions volontaires se fissent en général aux risques du prêteur, on s'enrichirait avec moins d'impudence dans la cité, et moins de ces maux y naîtraient, dont nous parlions tout à l'heure.
- Beaucoup moins, dit-il.
S : Tandis que maintenant les gouvernants, par leur conduite, réduisent les gouvernés à cette triste situation. Et pour ce qui est d'eux-mêmes et de leurs fils, est-ce que ces jeunes gens ne sont pas dissolus, sans force dans les exercices physiques et intellectuels, mous et incapables de résister soit au plaisir, soit à la douleur? 
- Sans contredit.
S : Et eux-mêmes, uniquement préoccupés de s'enrichir et négligeant tout le reste, se mettront-ils plus en peine que les pauvres de la vertu?
- Non pas.
S : Or, en de telles dispositions, lorsque les gouvernants et les gouvernés se trouvent ensemble, en voyage ou dans quelque autre rencontre, dans une théorie, à l'armée, sur mer ou sur terre, et qu'ils s'observent mutuellement dans les occasions périlleuses, ce ne sont pas les pauvres qui sont méprisés par Ies riches; souvent au contraire quand un pauvre maigre et brûlé de soleil se trouve posté dans la mêlée à côté d'un riche nourri à l'ombre et surchargé de graisse, et le voit tout essoufflé et embarrassé, ne crois-tu pas qu'il se dit à lui-même que ces gens-là ne doivent leurs richesses qu'à la lâcheté des pauvres? Et quand ceux-ci se rencontrent entre eux, ne se disent-ils pas les uns aux autres : « Ces hommes sont à notre merci, car ils ne sont bons à rien. »?
- Je suis persuadé, dit-il, qu'ils pensent et parlent de la sorte.
S : Or donc, comme il suffit à un corps débile d'un petit choc venu du dehors pour tomber malade, que parfois même le désordre s'y manifeste sans cause extérieure, pareillement n'est-il pas vrai qu'une cité, dans une situation analogue, est atteinte par le mal et se déchire elle-même pour un futile prétexte, l'un ou l'autre des partis ayant demandé secours à un État oligarchique ou démocratique ? et parfois même la discorde n'y éclate-t-elle pas sans intervention étrangère?
- Si, certainement.
S : Eh bien ! à mon avis, la démocratie apparaît lorsque les pauvres, ayant remporté la victoire sur les riches, massacrent les uns, bannissent les autres, et partagent également avec ceux qui restent le gouvernement et les charges publiques; et le plus souvent ces charges sont tirées au sort.
- C'est bien ainsi, en effet, que s'établit la démocratie, soit par la voie des armes, soit par la crainte qui oblige les riches à se retirer.
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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 00:00

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Le libéralisme économique, l'ouverture des frontières, la libre circulation des capitaux, des savoirs, des personnes, des données culturelles, c'est l'excellence même ! Tous les gouvernements nous le répètent.

A condition, bien sûr, que les peuples auxquels "on" vend ce système ultra-performant et d'une modernité progressiste sans précédent, restent, eux, dans un ancrage local archaïque.

Donc, en même temps qu'on leur explique qu'il faut "faire avec" les marchés, "on" construit des murs pour les empêcher de les suivre. Après le mur qui s'érige entre le Mexique et les Etats-Unis, en voici un qui va émerger entre la Grèce et la Turquie avec le soutien de la France, dont on ne peut pas douter de l'adhésion au mondialisme.

Compris ? Non ?

Ca ne vous évoque rien ? Non ?

Ah, je comprend, il faut changer d'échelle. Ce qui était un petit camp de travail à l'échelle d'une région, le sud de la France par exemple, et bien, aujourd'hui, l'équivalent, c'est un pays... Des choses comme ça....

Vous voyez ? Et comme dans un monde mondialisé, personne ne peut plus s'échapper nulle part, comme le remarquait Kundera, il reste quoi pour vivre comme on le souhaite ?... Je ne sais pas... Le Vercors... S'exiler... Créer des principautés... Ou, plus clairement re-fonder les démocraties comme sont en train de le faire les Islandais dans un silence médiatique assourdissant...

Vous voyez ?

Non ?

Et m.... !

En attendant, en France, le mal logement s'étend. (8,3 millions de personnes en ce cas en France. Comptez : cela fait plus d'une personne sur 10 ! Et 3,6 millions de très mal logées (caravanes, caves etc...) cela fait une personne sur 50... En plus, 1/4 des actifs est sous le seuil de pauvreté. 

MAIS, comme ces chiffres sont encore liés aux reportages télé montrant des mamas africaines ayant 10 enfants, des étrangers, des vieux, des malades, voire des jeunes — bref, dans la tête de "on", des sous-classes — "on" ne comprend pas leur réalité. Alors que des diplômés à Bac + 8 puissent se retrouver dans des caves, cela dépasse littéralement la comprennette de mes concitoyens, du moins de nos "élites"... A moins qu'on ne les accuse de n'être que des "inutiles" au cas où ces études soient de sciences humaines ou sociales... (Il suffit de lire les commentaires sur les sites de presse pour constater cette mentalité...)

Que faire alors ? Le répéter ainsi ? En France un travailleur sur 4 vit avec moins de 750,00 par mois ! Plus d'une personne sur 10 est mal logée ! Et le chômage réel touche près de 5 millions d'actifs (sur 28 millions cela fait pratiquement 20%...)

Encore trop exotique ?

D'évidence, oui : l'immobilier continue à grimper sous les acclamations de tous ceux qui ont la parole ! Mieux, ils affirment que "les français" (lesquels?) ont de nouveau confiance dans l'immobilier, puisque les prix flambent !

Un travailleur sur 4 vit avec moins de 750,00 par mois, c'est quoi? Trop gênant, pour ne pas dire trop flippant ?

Cachez-moi cette misère que je ne saurais voir, défoncez yourtes et cabanes !? Chassez voitures et caravanes ? Démontez les tipis ! Allez, oust, loin de notre vue ! Des fois que la trop grande divulgation de ces faits "retourne" le marché de l'immobilier, par exemple... Ou pire que le "peuple" se soulève ? Allez, oust ! Erigez un "mur d'invisibilité" entre riches et "pauvres" (on ne dit plus "exploités", ni d'ailleurs "exclus", trop explicite...) ?! Et puis, franchement, il faut protéger ces "pauvres riches" que la bulle immobilière continue dangereusement d'engraisser, avec un bouclier...

Ou bien : éradiquez-moi ces pauvres de la société !  Allez, hop, plus d'argent liquide ! Que ceux qui n'ont pas de carte bancaire quittent la place !

Plus présidentiel : exploitation maximum de la précarité ! ? Que ceux qui ont un "statut" (un emploi stable, donc : les fonctionnaires comme les magistrats) n'en demandent pas plus... Moi, entre les lignes, j'entends : si cela ne te convient pas, il y en a des milliers qui attendent... Ou ce qu'une "amie" d'Amada lui avait sorti après sa démission pour travail à 2 euros de l'heure : "Quand on a vraiment besoin de bouffer, on prend ce qui se présente" (entre les lignes : en fait tu es une glandeuse).

A quand un " tu vis dans un 20m2 à 500,00 euros par mois (la moitié d'un salaire de base - 1055,00 euros nets par mois - touché par 1 Français sur 5) : de quoi tu te plains, il y en a qui vivent dans la rue...?"

Bref,  érigeons des murs , ajoutons de l'humiliation à la précarité et notre bon peuple se soumettra sans broncher aux exigences de la financiarisation de la vie mondialisation.

Quoique... 

Non, non, ne craignez rien. Il y a un plan B, valoriser à fond le travail non rémunéré, les bons sentiments, la manne du dévouement : décréter : "2011 année européenne du bénévolat"! Suite du coup d'Etat mondial qui s'opère sous nos yeux...

Et à plan B, plan B et demi : transformer un appart pourri en serre à canabis. Faut bien vivre malgré tout...

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 12:49

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Entourée de mes 5 chevaliers servants, j'ai donc troqué mon 19m2, fenêtre contre autoroute, pour un studio-loft campagne. Ouf !

Entre la course contre l'agence SMJ, et autres obligations, je m'agite. Du coup, il me faut 24h pour me rendre compte que je me gèle. Je fouille dans les cartons, trouve le thermomètre : il fait 15° ! Et moins dans la salle de bain dont la fenêtre doit rester ouverte, vu les odeurs et l'humidité. 

Cerise sur le gâteau, la wi-fi incluse dans mon bail n'est pas accessible... Or j'ai résilié mon abonnement précédent. Quant au téléphone, bien que j'aie demandé son transfert 15 jours à l'avance, et bien, il fallait s'y attendre, il ne fonctionne pas... Or, j'avais prévu des tas de démarches pour redémarrer ma vie professionnelle. Je me disais : "Une fois que tu auras du calme, plus de place, un environnement plus amical, tu vas trouver les ressources pour te relancer..." J'étais prête, je piaffais.

Et là, j'ai les ailes coupées... Je déprime... Je n'arrive plus à me lever le matin, il fait trop froid et puis pour quoi faire ? A 15°, je n'arriverai à rien de toute façon...

Heureusement, il a fait beau et en tapant sur les vitres, le soleil a fait remonter la température à 17° dans une partie de la pièce. Heureusement, en fin de semaine, un copain de ma bailleuse est venu réparer le chauffage. Je suis restée à côté de lui pour lui passer pinces, lumière, boulons, etc. Il y avait un de ces court-jus ! Bref, c'est réparé, et hop, me voilà à 19-20°... Et puis, la machine à laver suit (et oui, les femmes seules ont besoin de bras forts, de bras d'homme pour des choses simples comme une machine à laver, vous voyez ?).

Au bout d'une semaine c'est vivable. Mais toujours ni téléphone ni donc internet... Ainsi va la France...

Moubarak a cédé au peuple et, moi, je ne retrouve pas ma pêche... Toujours et encore devoir batailler au ras les pâquerettes, c'est vraiment épuisant... Mais qui le sait vraiment, à part ceux qui y passent vraiment ? Personne.... Alors, en plus, il faut faire bonne figure pour ne pas faire fuir tous les autres. Il faut ravaler sa plainte, cacher la difficulté... C'est épuisant aussi... J'en ai marre.

Peut-être devrais-je me contenter de baisser les bras, de profiter du soleil, du silence, du chant des oiseaux ? Ne plus me préoccuper de trouver du boulot (sans téléphone et sans internet, de toute façon...) ? Me dé-soucier totalement ?

Lâcher prise comme "on" dit ? Ouais... J'ai comme l'impression que c'est une sagesse pour nantis... Pour moi le défi est un peu plus radical...

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 12:08

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Faire mes cartons, ou les joies de l'équilibriste folle, vu que dans 19m2 dont 4 de salle de bain il faut jongler. Appeler des bras à la rescousse, non sans inquiétude vu que tous les déménagements se font au même moment. Une paperasse par jour... On avance et, le jour J, royal ! Me voilà entourée de 5 chevaliers servants, au lieu des deux qui s'étaient fermement engagés ! Ouf, et super ! Un seul voyage à plusieurs voitures et... C'est fait ! Merci les gars ! Comme c'est précieux, pour une personne seule, que la fraternité !

Une fois les cartons déposés, pour partie chez les locataires qui partent le lendemain (un lundi), pour partie sous un abri-voiture et pour partie chez ma bailleuse, ne reste plus qu'à aller briquer...

Le soir, retour chez ma bailleuse, une femme adorable. Elle m'héberge pour la nuit... Demain, je serai "chez moi"...

MAIS...

Il faut que je retourne à mon ex-appart pour attendre l'agence qui ne viendra pas, et faire faire des attestations. Car, bien que j'aie proposé un rendez-vous par écrit le 30/12, ils ne pourront l'honorer m'ont-ils informée 3 jours avant mon départ. Ben oui, dans les agences, c'est bien connu, "on" prend les rendez-vous, un mois à l'avance. OK. Mais au cas où, je m'y rend vu qu'il n'y a aucune trace écrite de ce décalage. Un voisin vient prendre des photos, deux personnes constatent l'absence de l'agence...

Et il faut bien sûr que j'y retourne aussi le mardi. Cavale pour trouver un témoin... Je trouve. On attend, le gars tarde. J'appelle l'agence. "Non, Madame, ce n'était pas 16h mais 16h30..." Ben voyons. Poireautons. Le gars arrive, fait le tour manu-militari, c'est impec. Il le note, sauf pour le matelas qu'il estime déchiré, alors qu'il n'est qu'usé (on voit mes traces de pied et d'épaule, ce qui informe tout observateur de mon équilibre droite-gauche...). Passons.

Il se lève et va pour partir... Et mon double de l'état des lieux, remise des clefs ? "Ah non, Madame, vous viendrez le chercher ce soir ou demain matin à l'agence." Engueulade, rien n'y fait...

Ok, le soir je dors "chez moi", repars le lendemain matin pour l'agence. J'arrive. Réponse : "Le courrier est parti" (Je précise j'avais appelé la veille). J'insiste, je veux un double. Refus. J'appelle mon avocate. Elle me propose d'envoyer un recommandé, puis de leur parler. Je lui passe le chef d'agence (Averell en chemise rose cintrée, que tu lui presse le nez, il en sort du lait. Mais un vrai roquet). Et le voilà, bien sûr, qui attaque  "Madame, Amada a refusé de donner sa nouvelle adresse, ce n'est pas légal (il y a un suivi postal, mais passons), donc je ne lui donne pas de double." Je vous passe l'engueulade. Finalement, je donne une adresse, le double est envoyé par fax à l'avocate et à moi en photocopie, que je fais parapher... Ouf ! Je vais pouvoir commencer à m'installer...
MAISd 'autres surprises m'attendent...

Pour l'heure, une seule satisfaction :  mon avocate a gôuté au roquet en direct... 


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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 12:40

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Moi qui m'étais amusé à nous imaginer tous déguisés en girafe, découvre, estomaqué, que cette figure sévit depuis 50 ans dans les mains des bambins.

Même si je n'en ai jamais eu, même si je n'ai pas d'enfant, j'ai tout de même été pris dans ce phénomène collectif ! Il faut dire qu'il s'en est vendu, l'an dernier, autant qu'il est né de bébés en France. Et qu'en plus cette mignonne petite girafe prénommée Sophie - la sagesse !- va être montée aux nues par les "people"! - le peuple !

Ah, cet esprit d'enfance universel (puisque Sophie - la sagesse !- se vend partout dans le monde...)! Ah cette insouciance, cette naïveté, cette confiance dans les "grands" qui nous habite tous en secret, quel délice ! Quel plus grande satisfaction pour un "grand" que ces regards émerveillés que lui adressent les "petits" lorsqu'il leur propose un jeu !

Tenez, la bourse par exemple. Cette petite bête qui grimpe, qui grimpe inexorablement, grâce à des machines secrètes, qu'on ne voit pas. Comme c'est agréable que de pouvoir se laisser prendre par les gabegies de ces marionnettes chiffrées qui nous susurent que tout va bien, tout va bien !

Comme c'est doux de se l'entendre répéter tous les jours ! Les "grands" adorent nous bercer ainsi. C'est facile. Il suffit de rediffuser systématiquement, toutes les 48 heures, sous une forme puis une autre, toutes les études optimistes réalisées par les grandes banques. Ca roule ma poule !

Pardon :  ma petite Sophie... Allez, viens  que je te mordille l'oreille pour mieux entendre Big Sister, qui ne cesse de talking you....

Et puisque tout va bien. Puisque la petite bête, monte, monte...  Pourquoi cet, "inattendu" (je cite) recul de la confiance des gens dans leur salaire, leurs conditions de travail, la reconnaissance de leur hiérarchie ?

C'est quoi ces caprices de gosses ! Allez pan-pan cul-cul... Et pan-pan cul-cul... Et pan-pan cul-cul... 

Mais, en secret, hein ? Tu le diras pas, hein ? Parce que les grands sont contre la fessée ! Tu le sais, hein !... Alors ça doit rester entre nous, d'accord ? Et fais attention, je t'ai à l'oeil. Si tu parles, pan-pan cul-cul ! Tu as bien compris ? Et si tu défends des "grands" que je n'aime pas pan-pan cul-cul ! Comme ça quand tu seras grand, tu seras bien sage, hein !

Allez, répète après moi : tout va bien, tout va bien...

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 23:06

 

J'ai le grand plaisir de vous informer que cet article a été publié sur Agoravox
Il vient de l'être aussi sur Alter Info.
Ce 24/09/09 je le remets en ligne légèrement modifié.
Et encore ce 26/11/09 pour cause d'aggravation de la situation . Et encore ce 25/01/2011, poussée par Bellacio



Des "voix" enregistrées régissent de plus en plus notre vie et notre quotidien. En tant qu'ethnologue, j'ai cherché à en saisir l'impact sur l'évolution de nos sociétés. Et bien c'est inquiétant... Ainsi que l'a parfaitement illustré le spot télévisuel de l'UMP pour les européennes de 2009.

Vous  souvenez-vous de cette pub UMP pour les européennes?
Les protagonistes y parlaient tous d'une même voix ! Je veux dire au sens propre ! Hommes, femmes, grands, petits, jeunes, vieux : ils avaient tous la même voix !

C'était l'U-NA-NI-MI-TÉ vocale au top du top !

On aurait dit ces "voix" enregistrées qui, de plus en plus, régissent notre quotidien ! Vous savez, celle des hot-lines, des centres d'appels, des GPS ! C'est pas le top du top ça ? Une hot-line qui s'empare des esprits et, hop, tout le monde copie-colle la "voix d'en haut" !

Extraordinaire !

Enfin, il y a quand même une grande différence avec les "voix" qui régissent notre quotidien : c'est que la voix UMP qui téléguide son petit monde, au lieu d'être de femme, enthousiaste et juvénile, comme il se doit est d'homme, donc sérieuse et responsable !

Dans ce petit film, la (presque) totalité des premiers possédés par la "voix" sont des hommes ! Les quelques femmes présentes se contentent en gros de répéter en file indienne le "nous" répétitif (hot-line oblige) qui conclut le spot avec cette voix d'homme qui vient d'en haut !

On n'arrête pas le SÈRGORP ("progrès" en verlan) !

Il suffit d'avoir des yeux pour voir et des oreilles pour entendre !
Alors les pantins supposés ouvrons mirettes et esgourdes !

Ces "voix" qui nous asservissent en douce.

Plus sérieusement, ce spot reflète une tendance lourde de notre société : son envahissement par des "voix" enregistrées. Or ces "voix" ne sont pas sans conséquences pour chacun de nos concitoyens (opacité et abus sur les factures par exemple) et, plus gravement, pour l'état d'esprit de la société civile dans son entier : l'asservissement. 

Le mot semble trop fort ? Et bien, fruit des enquêtes méditées de ce blog, il ne l'est pas (à ce propos, merci de citer "Amada" si vous souhaitez diffuser ces réflexions sous quelque forme que ce soit). Voyons pourquoi.

- Primo : il faut leur obéir.

Pour commencer, il faut prendre acte que toutes ces "voix" s'adressent à l'interlocuteur lambda à l'impératif : tout contact avec n'importe laquelle d'entre elles implique en premier lieu de lui obéir. 

L'exemple emblématique de ce phénomène est le fameux "tapez sur la touche étoile de votre téléphone" — ou "veuillez tapez" légèrement plus courtois —  dont je défie quiconque d'affirmer qu'il y a échappé.

- Segundo : il faut leur obéir à tout bout de champ

La multiplication galopante de ces "voix" en a fait un élément incontournable de notre vie quotidienne. Qu'il s'agisse de joindre un service après vente, le standard d'une clinique, un service public ou administratif, votre conseiller à la banque, etc., pour commencer, il faut obéir. Quand je dis "il faut", ceci est radical : pas moyen d'accéder aux dits services autrement. Pour "pointer" au chômage, Pôle-Emploi met aimablement des téléphones à votre disposition. Inutile de vous adresser aux boutiques France-Télécom pour des problèmes de facturation. On vous renverra au centre d'appels… Etc.

Bref, grâce à elles nous avons et sommes en train d'apprendre que pour obtenir, il faut d'abord obéir à la "voix".

- Tercio : il faut leur obéir pour… tout.

En effet, même l'achat est maintenant contaminé.

Un exemple. Je consulte un site immobilier. Une photo, des renseignements élémentaires et… voilà qu'une voix (de femme, évidemment), s'invite dans mon intimité. "Obtenez les coordonnées téléphonique de l'agence en remplissant le complément d'information présent sur cette page et en cliquant pour sur envoyer le message."

Certes l'impératif est discret —"obtenez" suivi d'habiles formes en "ant"—, il n'en est pas moins incontournable. Impossible d'obtenir les coordonnées de l'agence qui met le bien en vente, sans d'abord me plier aux exigences de cette "voix".
 

Conséquence : la subordination comme pratique sociale dominante.

L'exemple ci-dessus montre comment ces "voix" pervertissent le rapport commercial en rapport de subordination.

Pour bien le faire comprendre, je traduis la situation. Des gens vous envoient anonymement de la pub espérant que vous allez leur acheter leur produit. Mais pour, ne serait-ce que pouvoir les joindre, vous devez d'abord, au son de la "voix" autoritaire qui les représente, montrer patte blanche. Autrement dit, un boutiquier, planqué derrière son comptoir exige, via ses sbires (les "voix") que vous décliniez votre identité pour vous autoriser à lui acheter sa camelote. Mais pour qui il se prend ? Et le client,  c'est quoi dans l'histoire ? Un mendiant ? Un être servile ?

Je ne sais pas si vous vous rendez compte du danger que représente cette dérive généralisée et invisible qui consiste à apprendre à chacun et à tous à obéir à longueur de journée, et à transformer les rapports sociaux et commerciaux, normalement "horizontaux", en rapports "verticaux" de type dominant-dominé. Si les générations nées avant cet envahissement n'en ont pas, dès l'enfance, pris l'habitude et peuvent donc "savoir" que d'autres types de rapports existent, quid de celles qui sont pour ainsi dire tombées dedans à la naissance comme Obélix dans la potion magique ?

Car c'est bien de cela qu'il s'agit : voilà des années qu' "on" nous habitue insidieusement à obéir à des tas de "voix" — anonymes, injoignables, intouchables et de plus en plus nombreuses. Soit, pour les plus jeunes, à obéir, comme ils le font depuis leur naissance, à la voix de leurs parents…

Big "voice"

Bref, "la voix anonyme, invisible et imprévisible" qui nous donne des ordres est devenue un phénomène normal : c'est désormais un acteur banal (bien que majeur) de notre vie quotidienne. La meilleure illustration de cette "normalité" est mise en scène dans l'émission télé Secret Story : les protagonistes sont ostentatoirement aux ordres d'une voix… Que l'on appelle "LA voix". Ce qui n'a semble-t-il, choqué personne.

Donc attention. Bien qu'il existe aussi, le fameux "Big Brother is Watching You" (on vous surveille de l'œil) ne fait que nous masquer un phénomène beaucoup plus grave : Big Voix Parentale Invisible vous Téléguide les Petits. 

Et, attention cette BIG SISTER se permet désormais de vous téléphoner (voix enregistrée de femme) pour vous donner des ordres = intrusion abusive et harcèlement moral ! Si quelqu'un à l'idée d'une parade juridique, je prend !


Si le spot UMP ci-dessus cité m'a tant choquée, c'est qu'il caricature parfaitement le type de rapports sociaux sournoisement induits par l'usage massif des "voix" enregistrées : l'asservissement de l'individu à certains groupes dominants (pour qui du moins est né avant cette nouvelle forme de colonisation des esprits).

N'est-ce pas aussi à cause de cette influence vocale aussi continue que "sourde" que notre société tend de plus en plus à développer une hypersensibilité aux "mots de travers"?

Bien sûr, il y a bien d'autres points à soulever concernant ces "voix", mais le principal est dit… et efficacement illustré !

 

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 13:32

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Qui dit déménagement, dit paperasses. Qui dit paperasses, dit fatigue. C'est de plus en plus vrai dans ce pays il me semble... Enfin, pour ceux qui changent de lieu, de travail, de situation. Pour les autres... Ils n'ont pas vraiment l'air de s'en rendre compte. Ou alors c'est que je vieillis... Passons.

Bon, donc plein de démarches à faire (Elect, courrier, tel, assurances, et j'en passe), d'autant que, pof !, au beau milieu, ça y est, mon licenciement arrive... Avec quelques bévues, impliquant de consulter inspection du travail, liste préfectorale, etc. Bref la liste des démarches est si longue et elles sont si lourdes, qu'une par jour, sur un mois, cela devrait le faire...

Evidemment, cela implique des tas de courriers.

Or la poste de mon petit patelin, se rétrécit de jour en jour. Ce n'est plus ouvert que le matin, et encore pas tous. Et, bien sûr, quand on se pointe, 15, 20 personnes attendent. Faut prévoir une heure quoi. Comme me le disait une amie, bientôt ce sera créateur d'emplois collatéraux, comme au Chili, où l'on paye des gens à faire la queue à sa place... Service à la personne, ça s'appelle...

Deux petits épisodes pendant les queues.

Le premier. Un monsieur ayant bien la soixantaine, a la "bonne" idée de demander à la préposée s'il peut venir déposer des paquets prêts-à-poster dans ce bureau alors qu'il les a achetés dans un autre... Mais enfin, pourquoi une telle question ? C'est oui, évidemment, la poste est un service public, non ? A moins qu'on commence à tous en douter... ? A ma grande stupéfaction, la préposée répond que non ! (Mais pourquoi bon sang avoir posé une telle question, je râle en silence). Mais le monsieur, malgré ses doutes de départ (vu la question), commence à contrecarrer en douceur. Ah bon ? Mais pourtant la poste est un service public, non ? Ca ne marche plus comme un service public ? Pendant ce temps tout le monde poireaute... Et tout à coup, à force, la vérité sort : "Oui, mais vous comprenez, Monsieur, nous on nous demande de faire du chiffre de vente. Et là, c'est moi qui vais devoir faire toute la manutention, alors que je n'aurai pas de chiffre à afficher..."

Ah... Oui... C'est quoi le plan ? Paresse ? Gérer en divisant ? Par la pression ? La rentabilité ? Résultat en direct : c'est contre-productif...

Le second. Deux jours plus tard, c'est l'après-midi, donc je vais dans une autre poste. 15, 20 personnes attendent... Mais, mais, nouveauté, un énorme écran plat situé au-dessus des guichets et visible par tous, diffuse de délicieuses images, d'arbres, de fleurs... C'est distrayant... Ca fait passer le temps... De temps en temps un spot de pub pour la poste en vante les services...

Super ! J'ai l'impression d'être une gamine que ses parents, trop occupés à des affaires de grands, plantent devant la télé pour qu'elle leur fiche la paix...

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 13:20

les-de-boires-d-Amada.gif

Fin décembre, une amie m'annonce que son locataire s'en va. Si je veux le studio, elle me le réserve.... Wouaouh ! Plus d'autoroute à 10 mètres de la fenêtre, plus d'Averell sur le dos, campagne et chant des oiseaux et surtout le double de surface pour le même prix. Non, pour moins cher, les charges sont incluses.

Ni une ni deux, j'accepte.

Dans 15 jours, je ne serai plus là. Le pied !

Là-dessus qu'est-ce que découvre ? Que l'agence SMJ lance une "offre promotionnelle" de 6 mois sur les studios, soit 100,00 euros de moins par mois ! Question : pourquoi les locataires en place ne bénéficieraient-ils pas des mêmes largesses ? Il suffirait qu'ils aillent résilier leur bail pour le refaire à la nouvelle sauce, non ?

En tout cas, cela prouve deux choses : que les loyers sont trop chers (et oui c'est du Scellier à pigeons) et que les offres promotionnelles ça existe.

Notamment la mienne... Cause du procès en vue.


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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 15:45

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Pour me distraire un peu, je lis la presse par-ci, je lis la presse par là... Je découvre que l'Etat français va devoir emprunter pour payer ses fonctionnaires, que le Médef (merci bastamag) estime que le problème du chômage, ne s'origine pas du tout dans le recours abusif aux stages, à l'actionnariat, au Cac 40.

Non, le chômage est dû à l'archaïque CDI ! Si, si !

Si tout le monde pouvait passer en CDD, sûr, le chômage sauterait ! Tac ! C'est pas génial ça, comme clairvoyance ?

Et qui est le génie ? L'Institut Montaigne. Joli titre, n'est-ce pas ?

Qui est financé par ?

Ben les grandes entreprises genre Bouygues, Véolia, Dassault, etc... Qui d'autre, on est tous fauchés...

Bon, allez, restons ZEN... Branchons-nous Asie. Tout le monde vous le dira, l'avenir c'est là-bas. Y'a qu'à voir...

 PS : au fait, vu que maintenant une grosse partie du recrutement se fait par Internet sans interlocuteur, deux conseils :

1> Truffez votre C.V. de mots clefs had hoc afin qu'il soit repéré par les moteurs de tri (c'est une nouvelle pratique, vous ne le saviez pas ?...)

2> Evitez les offres n'indiquant pas le salaire. En général, ils tirent les salaires à la baisse..."On" vous prend (vous êtes content), mais "à tant" (vous déchantez). Vous tentez de négocier. Réponse : "On n'a pas le budget" et "vous n'êtes pas le seul"...

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 13:45

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C'est le début d'une nouvelle année... Que souhaiter ?

Pour ma part, un changement total de perspective ! Une révision radicale de notre fonctionnement économique, un pari pour la fraternité.

Si l'idée du revenu de base n'est pas nouvelle, elle soulève de nombreuses objections "à chaud". Pourquoi ne pas l'aborder de façon plus rationnelle, de façon chiffrée, argumentée, réellement explorée ? 

C'est ce que propose ce petit film.

Par exemple : nous avons automatisé nombre de tâches et nous retrouvons sans travail, en survie, alors que l'abondance à moindre effort est à notre portée ? N'est-ce pas absurde ? Pourquoi continuer à taxer le travail, en épargnant les machines et les automates ?

Savons-nous, combien, déjà, nos impôts "couvrent" en revenu de base caché (et complexe) ?

Etc...

Je vous invite vivement à trouver le temps de visionner ce petit film, histoire de faire souffler sur ce début d'année, de nouvelles perspectives!

Et vous souhaite une année d'ouverture, de renouveau et de fraternité !

(Amada itou).

Bonne nouvelle : ce "revenu universel" est en débat dans certains partis politiques français. Suivez le lien.

Merci à Mr.D.

A et A.

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Présentation

  • : Le blog d'Amada
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  • : Un regard ethnologique et artistique sur les dysfonctionnements quotidiens en France, comme par exemple l'emprise dérégulant des hots-lines, les incessantes trangressions des règles, les solutions bloquées par la rigidité idiote des catégories administratives. Bref les raisons de la lassitude et de la passivité politique des Français.
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Bienvenue sur mon blog

La "dérégulation", une histoire lointaine ?
 Non. C'est au quotidien qu'elle s'impose !

De nouvelles pratiques sociales — notamment les hot-lines et les centres d'appels, ou l'usage administratif et commercial d'Internet, pour ne parler que d'elles — sont subrepticement devenues sources d'une multitude d'abus de pouvoir relativement invisibles, d'illégalités sourdes, d'arnaques silencieuses.

Ces "minuscules" dysfonctionnements génèrent un "aquabonisme" de plus en plus massif, une lassitude généralisée... Et, en ce domaine, la réalité dépasse souvent la fiction. 
Histoire de faire sauter les langues idiotes qui, bien souvent, soutiennent en choeur les imbécillités, les incohérences et le cynisme ambiant de cette "dérégulation" :

 - Les déboires d'Amada" racontent des faits significatifs. 
 - Le laboratoire d'Amada  présente des esquisses théoriques tirées pour la plupart des premiers (textes déposés). 
- AmadO's blues : un de mes amis s'agace avec moi de la confusion mentale généralisée. Je lui ai ouvert mon blog.
- Les articles Michaël Jackson sont des tentatives pour éclairer certains pans de nos sociétés  médiatiquement orchestrées (textes déposés.).
- Plus quelques notules, quelques textes fondateurs et des liens...

Bonne lecture !

A signaler

Argent, dette, intérêts : ouvrir les yeux !  
A.J.Holbeq: 150 millions par jour pour les seuls intérêts de la dette en France . Faits et chiffres à propos de ce racket
 

Une façon critique jubilatoire de lire le monde : Celle de P. Reymond.

Et vu du ciel astrologique, ça donne quoi ?

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Avril 2011 :Destruction herboristerie, phytothérapie, semences traditionnelles par l'UE.
Halte au massacre > Explications et Pétition 
http://www.defensemedecinenaturelle.eu/