Un regard ethnologique et artistique sur les dysfonctionnements quotidiens en France, comme par exemple l'emprise dérégulant des hots-lines, les incessantes trangressions des règles, les solutions bloquées par la rigidité idiote des catégories administratives. Bref les raisons de la lassitude et de la passivité politique des Français.
Concernant ma lettre aux GAF, mon interlocuteur de UFC Que Choisir avait tout de même émis un petit bémol. Mes termes introductifs "voyoucratie ambiante" et "méthodes de voyou" étaient un peu forts. Devant mon ahurissement — "voyoucratie ambiante" c'est un constat que tout le monde peur faire aujourd'hui, non ? Et "méthodes de voyou", non seulement n'égale pas "voyous", mais dit bien le procédé—, il m'avait expliqué que cela pouvait tout de même se retourner contre moi. Bref mieux valait rester neutre et se contenter des faits.
Je n'y avais pas vraiment pris garde. Mais il avait raison !
Suite à mon pli, en effet, j'ai été contactée par le directeur commercial régional GAF pour un rendez-vous qu'il m'a présenté comme devant être "réparateur" et que j'ai donc accepté. Mais, en introduction, il a commencé par relever ces termes avec un ton, certes très très sourdement menaçant, mais menaçant tout de même.
Incroyable ! Même la liberté d'user de notre belle langue française est aujourd'hui en danger !
Quand je pense qu'il y a une vingtaine ou trentaine d'années, mes copains et moi nous nous bidonions de devoir dire "technicien de surface" au lieu de balayeur ! Que nous étions naïfs ! Ce n'était pas un simple tic administratif, mais bien une tendance lourde qui se mettait en place.
Aujourd'hui nos phrases doivent s'élaguer d'un nombre incalculable de mots "incorrects", voyou par exemple, qu'il faudrait - enfin juste au cas où nous souhaiterions tout de même en exprimer le sens ! - traduire sous forme de périphrases ennuyeuses ! Ce qui, bien sûr, décourage. S'il faut se contorsionner dix fois avant de trouver la formule clinique appropriée, autant se la fermer. Non ?
Coluche doit s'en retourner dans sa tombe !
Aujourd'hui il serait censuré à la première phrase!
Attention braves gens !
Un clivage inquiétant s'est instauré dans ce pays entre le médiatiquement bruyant et la réalité silencieuse des pratiques ! Dernièrement, des lycéens qui avaient relayé sur leur blog des informations de la presse officielle, se sont vus traqués comme de grands criminels !
Ainsi, tandis que d'une main emphatique le pouvoir pousse les jeunes à s'impliquer dans la vie démocratique de la cité via les offices municipaux des jeunes, de l'autre il condamne en douce ceux qui prennent une initiative citoyenne indépendante…
Attention !
31 mai : des enfants — 6, 8, 10 ans — en "interrogatoire" policier.
C'est quoi le plan ? Du très long terme il semblerait : ces "pitchouns" atteindront la majorité dans une dizaine d'années. Si ça continue ils auront été formatés à la trouille, à l'obéissance, à se soumettre à la force. Qui, quoi, ou quel groupe, aurait intérêt à avoir des générations à ses basques ? Attention !
06 juin : ne pas tolérer l'injure est la moindre des choses. Idem pour la diffamation. Mais lorsque le post Internet incriminé est succint et ironique ("Hou la menteuse !") et, qui plus est, véridique semble-t-il....
Et la "Base élèves", fichier informatique scolaire prévu pour la rentrée 2009 (dans un silence assourdissant) ? Même l'O.N.U s'en inquiète maintenant ! Vous me direz, heureusement...
Et on continue ! Les SMS traqués, leurs auteurs en garde à vue....
Et neuf ans plus tard, tous les textos, messages privés, etc, (500.000!) envoyés le 11 septembre sont rendus publics !