Je suis au volant, il fait une chaleur à crever, mon portable sonne.
Je décroche, j'entends (presque) rien. C'est une voix de femme. Il me semble comprendre Gaule Pigeons Voyageurs.
Ni une ni deux, je me gare sur le bas côté, ferme ma fenêtre, plaque le combiné contre moi, et lui demande de répéter. Madame Machin Chose de GPV, elle m'appelle suite à mon courrier (RAR).
Ecoutez, je lui réponds, vous pouvez me donner un numéro de téléphone où je puisse vous joindre, parce que là je suis en voiture, j'en ai pour 5-10 minutes à rentrer chez moi...
Non, il est moins dix, après elle s'en va. Mais si je préfère, elle me rappelle la semaine prochaine. Bref elle peut me joindre, mais la réciproque n'est pas possible. Ok, je l'écoute.
En gros, il ne faut pas que je m'inquiète du contrat standard reçu parce que "Chez GPV c'est comme ça, c'est notre façon de procéder". Donc que je ne m'inquiète pas, "tout est normal", ma commande sera bien respectée, telle qu'elle a été "tracée" par le centre d'appels...
- Oui, mais je n'en ai aucune trace écrite. Quelle preuve j'ai en cas de désaccord ? C'est comme la dernière fois, les 205,70 euros que j'ai dû casquer sans savoir pourquoi. Et ce en toute illégalité...
- Ah oui, effectivement, j'ai vu que cela avait été source de désagréments pour vous. Cela dit, j'ai vérifié. Vous deviez tant pour ceci, tant pour cela, ce qui faisait effectivement 205,70.
- Oui, non mais j'ai mis trois mois à savoir vaguement de quoi il retournait. J'ai dû payer par téléphone pour débloquer vos services alors que je n'avais aucune info écrite de personne, ce qui, Madame, est parfaitement illégal.
- Oui, oui, j'ai bien compris le désagrément. Mais vous nous deviez cette somme et...
- Et vous l'avez récupérée par des pratiques illégales !
- C'est pourquoi, je vous propose de vous offrir un mois d'abonnement en guise de dédommagement.
- C'est très courtois de votre part, mais l'illégalité ?
- Ecoutez, ce n'est pas moi qui ai suivi ce dossier et je ne suis pas habilitée à le faire. Ca c'est le service recouvrement. Par contre, je peux vous défalquer un mois d'abonnement.
Petit soupir, petit silence... Lorsque j'avais été voir UFC Que choisir avec ce dossier, mon aimable interlocuteur l'avait gentiment refusé. Trop grosse boîte, parvenant à ses fins en mettant la pression sur ses clients (ce qui était mon cas), nécessité d'une "class action", mais pas autorisée en France, donc... Non, il ne me suivrait pas.
Pot de terre contre pot de fer, autant accepter cette petite réparation...
- Bien ai-je répondu à la dame de GPV d'un ton las. Ca me remboursera du moins les RAR que j'ai dû envoyer...
Bien sûr, aucun courrier de confirmation de rien (ça coûte cher les enveloppes, le papier, l'encre, le secrétariat...) ne m'est ensuite parvenu.
Bien sûr le numéro de téléphone de la dame était absolument masqué.
La relation commerciale est ainsi instaurée : le client doit se fendre d'un ou plusieurs RAR et à temps pour prévenir tout problème. Tandis que l'opérateur, lui, peut toujours tenter d'envoyer des contrats papiers flous ou "faux" et, en cas de RAR, se contenter de coups de fils unilatéraux qui ne lui coûtent pas un radis. Bon plan pour lui, non ?
Quant à l'acheteur, qu'il inclue d'emblée 5,00 de plus dans son prix d'achat pour le RAR nécessaire au respect réciproque du contrat.
Je ne parle pas ici que des contrats GPV. Mais de pratiquement tous, contrats de travail inclus. Et oui...