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Un regard ethnologique et artistique sur les dysfonctionnements quotidiens en France, comme par exemple l'emprise dérégulant des hots-lines, les incessantes trangressions des règles, les solutions bloquées par la rigidité idiote des catégories administratives. Bref les raisons de la lassitude et de la passivité politique des Français.

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Les déboires d'Amada-16 (Location : barrage d'une mégère / 2ème étape)

Le téléphone sonne. Bonne nouvelle, la caution bancaire pour le studio accompagné d'une offre alléchante est acceptée par la direction de la résidence Lutins. Nous prenons donc rendez-vous pour le lendemain 11h afin de signer les papiers nécessaires à la mise en place de la caution bancaire.
Wahouh ! Ca y est, je vais pouvoir quitter mon cafoutch !

Je me pointe donc à 11h. Mon "parrain" est là, madame Sak, la responsable, imprime un bail, me le tend. L'offre n'y est pas, ce que, bien sûr, je fais remarquer. "Si, si elle y est, à la dernière page." Je vérifie, elle n'y est pas. Finalement, elle pouffe à l'adresse de mon "parrain"  - "Oh j'ai sorti le bail de l'an dernier"-, en ré-imprime un second. Cette fois l'offre y est bien.

Elle y note le loyer mensuel, la durée du bail et me le rend en précisant: "Voilà. Moi, je ne signe aucun papier. Donc si ce document ne suffit pas à votre banque, et bien vous vous adresserez ailleurs !"

Incroyable, non ?

Evidemment, je proteste. Sans signature, la banque ne pourra rien enclencher.

"Et bien, en ce cas, désolée, vous chercherez ailleurs…."

Incroyable, incroyable…

Je m'apprête à insister, elle me coupe. "Ecoutez, avec vous tout est compliqué, c'est lourd, je n'ai pas que ça à faire…."

Ok, ok. Par acquit de conscience je file à la banque qui, évidemment, ne peut donner suite mais gentiment me propose de rappeler la résidence dans l'après-midi. Merci, d'accord. Mais, vu la mégère, à mon avis c'est inutile. Enfin, on verra… De toute façon vu ce qui se passe, j'ai comme un gros doute sur cette résidence. Il doit y avoir un gros problème quelque part…
C'est tellement énorme que je tire le rideau.
Je passe à autre chose.
  Point.

Mais le lendemain matin, le téléphone sonne de nouveau. C'est madame Sak.

"Nous avons reçu un appel téléphonique de votre banque. C'est trop compliqué. Je laisse tomber…" m'annonce-t-elle.

"J'avais compris, lui réponds-je très calme. Vous avez été plus qu'incorrecte, Madame."

Et là, un petit blanc. D'évidence je l'ai troublée. Curieux…
Ni une ni deux, j'ai appelé le siège.

- Bonjour. Comme tous les Français, je suis fatiguée de devoir me battre à tout bout de champ et n'ai pas envie de vous écrire. Mais je tenais tout de même à vous signaler que la responsable de votre résidence Lutins a eu à mon égard un comportement pour le moins curieux.

-Attendez, attendez, je vous passe la responsable.

Une voix avenante m'invite alors à raconter dans le détail. Ce que je fais. A la fin, elle me présente toutes ses excuses – "Ce comportement n'est pas acceptable, etc- ", et, pof, me demande de lui mettre tout cela par écrit. Mais moi, j'en ai marre de faire des courriers. Cependant, comme elle insiste et me propose de m'envoyer ses notes par mail – "ça ne  vous prendra pas trop de temps, etc" -  je cède, rédige et envoie, sans RAR bien sûr.

Et bien vous avez quoi ? Pointer un dysfonctionnement et être écoutée et entendue, dé-fa-ti-gue !  Faire ce courrier ne m'a coûté aucun effort. Pour une fois que ce n'est pas un coup dans l'eau, de l'énergie perdue, du temps foutu en l'air !
Délicieuse impression que le monde a soudain cessé de marcher sur la tête, que l'ordre des choses est de retour...
Ha que c'est bon ! 

 

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