Un regard ethnologique et artistique sur les dysfonctionnements quotidiens en France, comme par exemple l'emprise dérégulant des hots-lines, les incessantes trangressions des règles, les solutions bloquées par la rigidité idiote des catégories administratives. Bref les raisons de la lassitude et de la passivité politique des Français.
Bon, ce blog a pas mal dormi. Il faut dire que retrouver un toit et du boulot après 4 ans de précarité totale, ça incite vraiment à se re-poser. Mais, les emm... n'ont pas pour autant cessé, même si elles ont perdu le pouvoir de me foutre par terre.
Le dernier "gros truc" en date, c'est la perte de mon procès. Pour rappel, j'avais loué un studio (500 euros par mois, 19 m2) dans une résidence dîte hôtelière, offrant connexion Internet, salle de "petit déjeuner", salle de fitness et gardiennage, avec deux mois de loyer offerts pour un engagement de six mois. Petite remarque en passant, dans le coin, grosso modo, tous ceux qui sont dans la partie basse du salaire médian sont contraints de louer dans ce genre de résidence vu qu'ils ne peuvent justifier d'un salaire de trois fois ce montant, sauf à se faire de fausses fiches de paie, pratique courante. D'ailleurs je suis retournée voir une ex voisine dans cette résidence la semaine dernière et, surprise !, une seconde résidence dîte hôtelière avait poussé juste devant, preuve que ce doit être rentable.
Deux ans, ça aussi été la durée de ce procès motivé par une menace d'expulsion manu-militari si je ne réglais pas sur le champs les deux mois de loyer offerts au nouveau gestionnaire (le 4eme en deux ans, le dernier s'étant barré avec la caisse, les passes, sucrant aussi au passage la distribution du courrier qui s'est perdu pendant des mois on ne sait où, etc, à l'été 2010). Plus le fait que la connexion Internet avait été coupée sans crier gare, que chacun a du prendre un abonnement EDF en plus, que les salles de "petit-déjeuner" et de fitness avaient été fermées (ainsi que l'accueil), le gardiennage supprimé (illégal pour ce genre de résidence) et l'entretien interne et externe réduit à peau de chagrin.
Mon avocate m'ayant assurée qu'il était inutile que je vienne aux audiences et ereintée par ma vie, je m'en étais donc dispensée (toute confiante que j'étais vu le dossier). Première conclusion, je devais les deux mois offerts (1000 euros donc) ! Pourquoi ? Parce qu'il manquait une signature et ce bien que la caution bancaire d'un an que j'avais versée précisait bien qu'elle correspondait à un an moins deux mois de loyer offerts de mon bail. Résultat de cette première manche, la victime (moi) se ruine pour, finalement, être désignée coupable... (Note : la société qui m'avait établi mon bail a "disparu" pendant un temps avant de réapparaître avec les mêmes offres à 70 kilomètres de là...)
Restait la question du défaut de respect des services inclus. Cette fois, assez remontée je me rends à l'audience. Un juge derrière une table, de l'autre côté les deux avocats des deux parties et moi. Durée ? 3-4 minutes avec interdiction pour la plaignante (moi) de parler. Je l'ai quand même fait. Est-ce pour cela ? Le défaut de service a été reconnu (réduction des derniers loyers pour un total de 300 euros).
Donc pour les 1000 euros, soit je faisais appel et c'était reparti pour un tour, soit je payais. Vous savez quoi ? J'ai payé. Déjà que le procès m'avait bien plus couté que les 1000 euros, je n'allais pas encore payer pour risquer le même déboutage en 2-3 minutes. Finalement c'est assez juteux la justice en France : tu de défends (tu paies) tu perds, tu fais appel (tu paies), l'autre contre (tu repaies) et ainsi de suite jusqu'à quoi, la Cour de justice Européenne ?
Si c'était à refaire je récupèrerai mes 1000 euros directement.
C'est pareil, j'ai un copain qui suite à la liquidation de sa société s'est retrouvé en procès. Au cours des 3-4 minutes de son audience, le juge a simplement estimé que, je cite, "la banque a toujours raison"....! Il fait appel, son avocat "oublie" de le faire, et quelques moins plus tard, la banque lui réclame 20.000 euros dans les 6 semaines, faute de quoi elle lui saisit sa maison...
Et, depuis, des histoires comme ça, de "petits" déboutés en justice au profit des "gros", j'en ai entendu à la pelle (y inclus pour mon avocate en butte à un problème de voisinnage avec un gros restaurateur bien "introduit" comme on dit vulgairement).