Lundi matin, après trois jours sans eau chaude, je vais voir la responsable. Elle me donne les clefs du studio vide d'à côté pour que je puisse quand même me doucher en attendant la réparation.
Ok. Je ne sais pas pourquoi (!), je vais illico vérifier que le chauffe-eau est en marche. Je glisse la clef dans la serrure, ouvre, vais pour allumer. Pas d'électricité !
Retour à l'accueil : il n'y a pas d'électricité dans le studio vide. "Ah bon ? Pourtant je viens de tout mettre en place", s'étonne l'assistante.
Tandis que nous y retournons de concert, elle me lance quelques petites remarques joueuses du style "et bien on peut dire que vous avez la poisse ! C'est à croire qu'on vous a jeté un mauvais sort…" Enfin, vous voyez le genre : ça dysfonctionne, non pas parce que ça dysfonctionne, mais parce que j'aurais la poisse ! Quand je vous dis que ce monde marche sur la tête! Je lui réponds, je dois dire assez effrontément, que c'est tout le contraire et que d'évidence mon rôle dans cette résidence est d'être une "tornade blanche".
Effectivement, il n'y a pas d'électricité dans ce studio. On m'en passe un autre. Quelques heures plus tard, je peux enfin prendre une douche.Ce n'est pas aussi agréable que chez soi, mais bon — ai-je le choix ? Je vais devoir m'en contenter jusqu'à vendredi prochain (une semaine après mon emménagement!), mon chauffe-eau est nase ! Une résidence neuve...
Un matin, je croise la nouvelle responsable dans le couloir. Elle a trouvé le hic : dans le studio d'à côté du mien et dans d'autres, lorsque l'on ferme le loquet du tableau d'électricité, il appuie sur le disjoncteur ! Un beau défaut de fabrication ! Un bug du promoteur… Doublé de la négligence de madame Sak, l'ancienne responsable.
Le tout pris à temps, grâce à qui ? A celle qui a la poisse, ou à la tornade blanche ?
A la tornade blanche, évidemment : grâce à mon arrivée, la nouvelle responsable se rend compte qu'elle doit vérifier tout le bâtiment, la mégère n'ayant pas du tout fait son travail de "réception", preuve en sont, entre autres, les scotchs bleus dans les frigos et les fours qu'elle n'a même pas ouverts pour vérifier qu'ils fonctionnaient comme son contrat le stipulait, sans parler des ampoules mal vissées, des sonnettes non branchées, etc.
Bon. Arrive le vendredi. Deux jeunes gens fort aimables démontent le chauffe-eau et s'apprêtent à remonter avec le nouveau. Ils remontent… les mains vides !
Leur boîte leur avait bien réservé le chauffe-eau, ils l'avaient bien récupéré le matin même. Mais, en ouvrant le carton, ils ont découvert que ce n'était pas le bon modèle (alors que le carton était bon) !
Nouveau bug du promoteur…
Et alors ? Alors il faut qu'ils en commandent un et, comme on est vendredi, pas avant la semaine prochaine.
Ah non ! Stop ! Ca suffit !
Heureusement, la nouvelle responsable a réagi : qu'ils démontent le chauffe-eau d'à côté et me le posent. Ouf ! Première douche chaude chez moi, le soir même. Et, enfin, me poser pour de bon (enfin c'est transitoire, mais bon)..
Bel exemple des effets en cascade d'une négligence par-ci, d'une négligence par là ? Et le coût, financier et moral, de ces négligences pour tout le monde?
Il est temps que j'aille faire un tour dans mon labo !