Un regard ethnologique et artistique sur les dysfonctionnements quotidiens en France, comme par exemple l'emprise dérégulant des hots-lines, les incessantes trangressions des règles, les solutions bloquées par la rigidité idiote des catégories administratives. Bref les raisons de la lassitude et de la passivité politique des Français.
Pourquoi cette campagne présidentielle me désole ? Et je ne suis pas le seul.
Parce que la plupart des candidats admis à la présidentielle (après omerta monstrueuse sur certains d'entre eux dont F. Asselineau) dérogent au rôle du président tel que défini par notre constitution, article 5 : "le Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l'Etat. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités."
On en est très loin. Moi je ne vois dans cette présidentielle, que des ménagères fourrant tour à tour leur nez dans la gestion des boucheries, dans la date de versement des pensions, dans la gestion des permis de conduire etc, ou se crêpant le chignon. En vérité, c'est là le rôle du gouvernement, qui, lui, a la charge des affaires de la Nation (article 20 de la Constitution), si tant est que ces petits détails ne se situent pas un cran en dessous des questions gouvernementales.
Il faut dire que les médias sont très friands des petits contenus de ces petits paniers, incapables de voir au-delà, et, pire, prétendent parler à la place "des français" qui, d'après eux, ne cherchent pas plus loin non plus. Quand ce n'est pas plus lamentable encore : à leurs yeux (et donc "des français") hors Sarkolland, le reste des candidatures ne serait là que pour distraire le peuple avec diverses folies (Mélenchon incarnerait le retour de la "Terreur", Cheminade serait un uluberlu rêvant d'aller sur Mars, etc.).
Si j'étais un extraterrestre, je serai fasciné par le vide sidéral de la pensée qui anime "visiblement" ce pays, et la flotille de préjugés, mensonges et ignorances diverses qui en font office.
Mais comme je suis citoyen je me demande quoi faire.
Tout bien réfléchi, je choisis le Front de gauche, c'est décidé.
Pourquoi ? Pour quatre raison.
1) Parce que d'évidence s'y joue une refondation de la capacité de penser et mieux encore de penser "avec", de penser à plusieurs.
2) Parce que le poids de la parole y est de retour.
3) Parce que ce "avec" et ce "ensemble" est soutenu par un projet de remise en route institutionnelle et pratique de la démocratie (pour ce qui est du nucléaire : débat et référendum, par exemple et entre autres, et non choix univoque de parti).
4) Parce que pour qui sait observer, sa campagne est menée avec une intelligence stratégique aux prises avec les faits : compréhension du fonctionnement des médias, campagne à ciel ouvert rassemblant la "rue" et non en comité fermé (ce qui, au passage réduit aussi les coûts), sortie de la dualité "nationalisme"/"soumission aux véritables dirigeants que sont la finance et les traités" via des propositions dont personne ne semble comprendre la subversivité, projets à long terme, etc.
Bref me voilà devant un "avancer offensivement et masqué" d'autant plus jubilatoire qu'il me rend ma place de citoyen (je veux dire d'adulte, à contre pied des parlants à ma place), de l'air et de la perspective. Ouf !
Après les coups d'Etat subreptices (silence radio total des "commentateurs") qui ont eu lieu Grèce et en Italie, il est temps de se redresser et de se pencher sur le fond au lieu de se laisser balader par les "petites phrases" et les "petits paniers". Quelques exemples :
+ Rappel des processus géo-politico-économiques qui ont forgé le monde d'aujourd'hui et choix à faire : Vidéo 1H30 (conférence JLM 30/03/12).
+ Reflexion sur l'écologie politique comme fondement d'un nouvel angle polique, d'un retour de la planification -mais démocratique -(temps long), de la politique de la demande et de l'impératif commun de la"règle verte"...
+ Jacques Généreux : pour comprendre comment le politique a créé la "financiarisation", la "dette", la spéculation et comment en sortir.
En espérant qu'on n'aura pas des élections truquées...