Un regard ethnologique et artistique sur les dysfonctionnements quotidiens en France, comme par exemple l'emprise dérégulant des hots-lines, les incessantes trangressions des règles, les solutions bloquées par la rigidité idiote des catégories administratives. Bref les raisons de la lassitude et de la passivité politique des Français.
Ca y est ! J'ai trouvé un appart ! Bon, il est un peu petit, mais bien placé. La résidence n'est pas belle, mais pas de vis à vis... Je ne réalise pas encore. En tout cas, pas consciemment. Parce que, d'après mes amis, j'ai retrouvé ma joie de vivre. Tout bien réfléchi, c'est vrai. J'ai beaucoup ri ce week-end. Et c'était Pâques ! Et si c'était mon passage de l'enfer au paradis de la vie? Sans doute. Quand on a tout perdu (toit, famille, travail, amis, santé, moral...), beaucoup de tourments semblent... comment dire ? Luxueux... Après m'être débattue dans la survie (matérielle, physique, psychique, sociale), avoir un toit sur la tête, rapatrier mes affaires, retrouver mes très chers livres (je sais c'est "has been", mais c'est ma joie)... Quel privilège, quelle chance !
Les trois mois d'attente vont sans doute me paraître longs... A moins que je ne les considère comme un temps nécessaire de vraie restauration. Parce que quand on est précaire, on ne peut pas se reposer. On a beau aller marcher dans le printemps, on reste inquiet, on se sent coupable... il n'y a que le week-end, quand tous les autres s'arrêtent, qu'on se sent un peu le droit de profiter de la vie... Je dis "on" car j'en ai parlé avec d'autres, ils disent la même chose. Rien de plus épuisant que le "non stop" de la précarité... Ici, en France, ça rend malade...
Bref, même si à force d'impasses je n'y crois pas encore vraiment, je sens quand même que cet appart me redonne déjà une assise. Et avec une assise, des bases, un peu de sécurité, il me semble que tout devient possible, que tout devient facile, même de dormir...
Alors merci...