Un regard ethnologique et artistique sur les dysfonctionnements quotidiens en France, comme par exemple l'emprise dérégulant des hots-lines, les incessantes trangressions des règles, les solutions bloquées par la rigidité idiote des catégories administratives. Bref les raisons de la lassitude et de la passivité politique des Français.
Qui dit déménagement, dit paperasses. Qui dit paperasses, dit fatigue. C'est de plus en plus vrai dans ce pays il me semble... Enfin, pour ceux qui changent de lieu, de travail, de situation. Pour les autres... Ils n'ont pas vraiment l'air de s'en rendre compte. Ou alors c'est que je vieillis... Passons.
Bon, donc plein de démarches à faire (Elect, courrier, tel, assurances, et j'en passe), d'autant que, pof !, au beau milieu, ça y est, mon licenciement arrive... Avec quelques bévues, impliquant de consulter inspection du travail, liste préfectorale, etc. Bref la liste des démarches est si longue et elles sont si lourdes, qu'une par jour, sur un mois, cela devrait le faire...
Evidemment, cela implique des tas de courriers.
Or la poste de mon petit patelin, se rétrécit de jour en jour. Ce n'est plus ouvert que le matin, et encore pas tous. Et, bien sûr, quand on se pointe, 15, 20 personnes attendent. Faut prévoir une heure quoi. Comme me le disait une amie, bientôt ce sera créateur d'emplois collatéraux, comme au Chili, où l'on paye des gens à faire la queue à sa place... Service à la personne, ça s'appelle...
Deux petits épisodes pendant les queues.
Le premier. Un monsieur ayant bien la soixantaine, a la "bonne" idée de demander à la préposée s'il peut venir déposer des paquets prêts-à-poster dans ce bureau alors qu'il les a achetés dans un autre... Mais enfin, pourquoi une telle question ? C'est oui, évidemment, la poste est un service public, non ? A moins qu'on commence à tous en douter... ? A ma grande stupéfaction, la préposée répond que non ! (Mais pourquoi bon sang avoir posé une telle question, je râle en silence). Mais le monsieur, malgré ses doutes de départ (vu la question), commence à contrecarrer en douceur. Ah bon ? Mais pourtant la poste est un service public, non ? Ca ne marche plus comme un service public ? Pendant ce temps tout le monde poireaute... Et tout à coup, à force, la vérité sort : "Oui, mais vous comprenez, Monsieur, nous on nous demande de faire du chiffre de vente. Et là, c'est moi qui vais devoir faire toute la manutention, alors que je n'aurai pas de chiffre à afficher..."
Ah... Oui... C'est quoi le plan ? Paresse ? Gérer en divisant ? Par la pression ? La rentabilité ? Résultat en direct : c'est contre-productif...
Le second. Deux jours plus tard, c'est l'après-midi, donc je vais dans une autre poste. 15, 20 personnes attendent... Mais, mais, nouveauté, un énorme écran plat situé au-dessus des guichets et visible par tous, diffuse de délicieuses images, d'arbres, de fleurs... C'est distrayant... Ca fait passer le temps... De temps en temps un spot de pub pour la poste en vante les services...