Un regard ethnologique et artistique sur les dysfonctionnements quotidiens en France, comme par exemple l'emprise dérégulant des hots-lines, les incessantes trangressions des règles, les solutions bloquées par la rigidité idiote des catégories administratives. Bref les raisons de la lassitude et de la passivité politique des Français.
Laboratoire
Côté sens, le mot laboratoire vient, comme le mot labourer, de "laborare", travailler. Il a d'abord désigné le local où l'apothicaire prépare ses remèdes, puis celui du chimiste.
Avec la récente mode des diminutifs, on le réduit souvent à "labo". Pour une fois, ce rapetissement me plaît en ce qu'il permet d'entendre dans "laboratoire", une conjugaison de laboratoire, lieu de travail, d'oratoire, lieu de prière, et d'orateur (d'où oratorio, œuvre chantée proche de la cantate)…
Des déboires au laboratoire
Bref, tandis que l'Amada des déboires subit comme la plupart de ses contemporains un certain nombre de substances sociales toxiques, l'Amada du laboratoire les vit comme expérimentations scientifiques et s'efforce d'en rendre compte à sa communauté.
Certes, au sens strict, "déboires" ne désigne que des empoisonnements du goût. Mais que l'on s'avise du fait que "sagesse" dérive du latin "sapidus" signifiant "qui a du goût, de la saveur" (issu de "sapere", savoir) et il apparaîtra clairement que c'est à notre sagesse — soit à notre sens de la "vie bonne" — que ces poisons s'attaquent.
Ce qui est plus grave qu'il n'y paraît.
N'est-ce pas ?