Enfin le voyeurisme accessible à tous, et non plus réservé à quelques privilégiés ! disais-je dans mon précédent billet en nous imaginant tous en bisounours (vestimentairement).
Et que vois-je à la télé ? Un mec qui sort subrepticement un truc du genre : « Dans un pays où la nudité est quasi devenue la norme, ne peut-on voir la burqa comme un signe fort de refus ? »
Et là, stupeur totale de ma part : personne ne réagit à « dans un pays où la nudité est quasi devenue la norme ! » Personne ! Le « plateau » a enchaîné là-dessus comme si on pouvait se balader nu dans la rue ! Pardon : nue.
Je précise parce qu’en matière de burqa il semble globalement entendu qu’il n’est question que de femmes. (A mon avis c’est n’importe quoi. Moi, avec ma tenue de girafe — on dit une girafe et j’ai pris soin de me raconter au féminin- : qu’est ce que vous en savez si je suis un mec où une nana ? Rien. Idem avec les pseudos sur internet. Passons.)
Bref, pendant quelques secondes je n’ai plus su où j’habitais vu qu’en France on n’a pas le droit de se balader nu. (D'ailleurs je ne m’y suis pas risqué(e), mais, entre nous, pour d'autres raisons : j’ai passé l’âge, ce que ma tenue de girafe ne révèle pas, autre avantage.)
Et puis je me suis demandé pêle-mêle :
- Est-ce qu’à force de brandir la nudité comme le signe suprême de la « liberté d’expression » nous nous sentirions coupables ?
- Serions-nous mal à l'aise d’avoir ainsi imposé le domaine privé à la place publique, en dépit des valeurs de la République qui prennent soin, au contraire, de séparer sphère privée et sphère publique ?
- Nous sentirions-nous un tantinet honteux d'avoir ainsi donné la victoire à la nudité des corps contre les valeurs de l’esprit ? (Je sais, la question est fort optimiste, penser c'est "has been").
- Craindrions-nous (secrètement) qu'à force de convaincre les générations suivantes que leur valeur suprême est avant tout physico-sexuelle, notre tendance pédophile finirait pas être dévoilée ? Car nous adorons les enfants et la jeunesse, n'est-ce pas !
D'ailleurs si les jeunes n’ont pas de boulot, qu'ils se prostituent : même Pôle emploi le propose. Et d'une ça ne choque personne (dans la presse de temps en temps on note le fait, faut bien des sujets, mais au fond on s'en fout, d'autant qu'on l'est plus ou moins tous), et de deux ça rend service aux plus anciens, aux touristes, etc. Que du bonheur ! D'ailleurs un nouveau métier tout à fait légal émerge : l'assistanat sexuel pour les handicapés.
... Pas simple en burqa, c'est vrai. Mais possible, suffit de soulever et, après tout, tant pis si le client ne peut mater : on va quand même pas discriminer les pros en fonction de leur religion !
Evidemment, pour les bisounours, c'est une autre histoire : impossible de passer à l'action. Ma tenue de girafe (idem pour l'éléphant) est cousue dans l'entrejambe et idem pour la bouche et les mains. (Et oui, je sais, ça réduit les débouchés).
Mais bon, fautes de grives... Mater c'est pas mal. Je m'en donne à cœur joie !
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