Serions-nous (obscurément) mal à l'aise d'avoir érigé la nudité en signe suprême de la liberté d'expression — d'avoir donné le primat à la sphère privée (le corps muet) sur la sphère publique (lieu de la parole) : au corps sur l'esprit, m'étais-je demandé dans mon précédent billet.
Et voilà qu'après l'idée que la burqa marquerait un sain retour à la pudeur, le débat télé en question enchaîne sur la pertinence ou non d’interdire les « signes religieux »!
« Mais ils sont c.... ou quoi ? … », m'étais-je estomaqué(e).
Parce qu’enfin, ma tenue de girafe n'a rien de religieux ! Plus encore, si elle m’a enfin attiré tous les regards du monde, mon petit pendentif (un joli Boudha), lui, n’a fait aucune vague ! Ma broche de girafe, pas plus. Mon petit Christ en croix (a priori bien plus sulfureux qu’une girafe, un Boudha, une plume dans les cheveux ou une main de Fatma) : aucun impact ! (Même en bracelet autour de ma cheville de girafe : c'est dire !) Alors tout ça c’est quoi ?
Allez zou ! Il n'y a rien à voir !
Enfin presque : si on se baladait tous intégralement couverts pour des raisons x ou y (burqa, girafe, nounours) que resterait-il sur la place publique ? Rien de public, ça c’est sûr (à part mater en douce). Et s’il ne reste rien de public sur la place, que reste-t-il de la république ? Allez, les enfants : il reste… ? Il reste?
Ré ! Or dire (fermez les yeux, écoutez) : « la ré » c’est bon pour l’imaginaire. Non ? (Et c'est plus pratique pour les textos).
Attention ! intervient ma vigilante conscience
on peut aussi entendre "l'arrêt" et ça c'est mauvais, ok ?
J'ai pas le temps de souffler qu'elle me fourre ça sous le nez :
Des hommes "priants" envahissant la rue, s'estimant "chez eux"!
Merde alors !
Une attaque en règle contre la laïcité et la république !
Et là je ne rigole plus.
Fin de l'article.