Un regard ethnologique et artistique sur les dysfonctionnements quotidiens en France, comme par exemple l'emprise dérégulant des hots-lines, les incessantes trangressions des règles, les solutions bloquées par la rigidité idiote des catégories administratives. Bref les raisons de la lassitude et de la passivité politique des Français.
Pour rappel (cf intro) : le thème de cet article n'est ni Michaël Jackson en tant que tel, ni la société "ordinaire", mais le miroir que le personnage Michaël Jackson tend à notre société médiatiquement orchestrée. (Afin de ne pas submerger ce texte de références je renvoie, pour Michaël Jackson, aux sources exposées en abondance sur le web ; pour le fond, aux œuvres d'Hannah Arendt, Norbert Elias, René Girard, Peter Sloterdijk et Paul Virilio).
Cette partie d'article suit, dans l'ordre, l'introduction, le premier point, et le second point.
—1.3 —
Un visage, un sourire, un salut derrière lesquels il n'est plus là,
ou le syndrome occidental du "faire semblant"
Que nous dit d'autre le dernier visage public de Michaël Jackson ?
Cette "absence d'être" hante notre société où — via la domination des images médiatiquement orchestrées, plus ou moins relayées par tous —, l'apparence a pris tant d'importance que peu importe le contenu pourvu qu'on ait l'enveloppe.
A force de diffuser ces images léchées "de ce qu'est la vie", de les perpétrer, d'y adhérer, si ce n'est de les exiger, nous nous sommes imposé l'idée qu'être "valable" — si ce n'est "vivant" — c'est être jeune, joyeux, léger (y inclus pas gros), dynamique, sûr de soi, confiant, positif, battant, performant, parfaitement "autonome", de bonne humeur, riche, sexuellement hyper-actif, etc...
Résultat ? Le "reste" n'a plus sa place...
> S'absenter de soi-même pour faire "bonne figure" et "jouer le jeu" ?
Ce que d'évidence fait Michaël Jackson lors de cette dernière apparition publique. Et ce que, pour la plupart, nous faisons tous les jours, non sans un certain orgueil (ne pas embêter les autres avec ses problèmes, ne pas s'étaler, etc) caractéristique d'une société en perte d'humanité et de solidarité.
> Se terrer loin des regards ?
Ce qu'a aussi fait Michaël Jackson en se retirant à Neverland, et même "nulle part" à la fin de sa vie, loin de la scène publique. Faisons-nous autre chose avec notre goût pour le "coocooning" ? Non.
> Recourir à des médecines "chasse ce qui ne va pas" ?