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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 19:56

 

Qu’est-ce que cette sphère médiatico-politique qui nous chante l’Europe, alors qu’il est question d’U.E., et par extension d’Otan !

Des septuagénaires armées de parapluie à la solde de Moscou, au grand retour de la Guerre froide, la dangereuse intox médiatico-politique qui « couvre » littéralement ce qui se passe en Ukraine et ce qui s’y joue, révèle quelques mécanismes discursifs de la vassalisation des esprits.

Décodage.

 

1)   Des septuagénaires armées de parapluie à la solde de Moscou !

Commençons par ce que nous a raconté le journal France 3 du 2 mai 2014. (Il faut le voir pour le croire !) : on en est aux ukrainiennes septuagénaires et russophones armées de parapluies comme agents de Moscou !  Agents dont la mission serait de déclencher « l’étincelle » nécessaire à Poutine pour envahir militairement l'Ukraine ! Car, n’est-ce pas, il est évident qu’il n’attend que ça ! En tout cas, grâce aux médias dominants de ce pays, c’est vrai, c’est largement entendu !

A moins que ce n’ait été un trait d'humour pour ridiculiser la grande chorale des adeptes de la théorie du retour de la guerre froide ?
Raté : il aurait fallu un peu plus de fond. Par exemple comme l’a fait cette télé allemande… début mars !

Et ce n’est pas tout : les soi-disant « prisonniers » de l’OSCE (faux !), les soi-disant 15% de participation au référendum en Crimée (LCP 07 mai) une info en l’air. Et j’en passe !

Et des experts défilent pour tenter d’expliquer la mystérieuse défiance du « public » pour les médias et les journalistes ? Et maintenant pour l’Europe ?


2)   Du un contre tous, au tous contre un…

La réponse est pourtant évidente : moi, « public », j’en ai assez d’entendre en boucle que la grande et gentille démocratie pacifiste des « occidentaux » (quésaco ?) est menacée par la dangereuse ambition impérialiste d’un seul homme : en ce moment, Poutine !

C’est quoi cette manie qu’ont nos « élites » d’opposer systématiquement un homme seul -- le grand méchant Tyran : Hussein, Khadafi, Assad, Chavez, maintenant Poutine, et j’en passe --, au trombinoscope nébuleux de la « démocratie occidentale », de l’« Occident », des « Occidentaux » (dont on ne sait pas qui ils sont eux au juste, comme d’ailleurs les « européens »…) ?

Elles ont réactivé le vieux mécanisme du bouc émissaire pour focaliser l’attention des foules sur des « monstres » afin de cacher les guerres économiques qu’elles ne cessent de fomenter – ou de subir ? (Car le Tafta, par exemple ? Il est sorti d’où ? De qui ? Quand ? Qui décide ? De quoi ? Au nom de qui ? Pas de moi, en tout cas, mais pour moi, si !)

De l’art de générer des « monstres » en manipulant les mémoires collectives…

Ces désignations mondiales de boucs émissaires mondiaux (vu que toutes les télés relaient) jouent sur quoi ? La mémoire collective des crimes contre l’humanité perpétrés par Hitler, l’archétype même du « monstre total et puissant » ! Quel meilleur épouvantail pour que le « public » consente à l’idée qu’il n’y a pas d’autre choix que de tout faire pour les détruire ces « monstres » ! Et peu importe s’il faut, comme Colin Powell, brandir de fausse preuves de leur folle capacité de nuisance devant le monde entier ! Et tant pis pour la désolation des peuples derrière : Irak détruit, Lybie détruite, Syrie aux mains des djihadistes…

La « nuance  soviétique » de Poutine : où l’art de coaguler les clivages historiques…

Sauf qu’avec Poutine cette rhétorique se heurte à un os : les peuples de l’ex-URSS ont payé un tribut de 27 millions de morts pour libérer le monde du nazisme. Ce que les « Occidentaux », ont tendance à « oublier », eux qui doivent leur salut à l’Amérique !…

Que cela ne tienne, il n’y a qu’à manier, cette fois, la mémoire collective de l’impérialisme soviétique et de sa terrible figure stalinienne !

Et roule la Sphère : « retour de la Guerre froide », « énorme réarmement de la Russie : 108% » (en oubliant d’où cette armée partait : de rien….), et jusqu’aux « mamies espionnes aux parapluies » !...
Mais avec une petite dose de nazisme quand même, hein ? Et allez, on répète que le passage par référendum, et à sa demande, de la République de Crimée de l’Ukraine à la Russie est la répétition de l’Anshluss (coup d’Etat militaire par lequel Hitler s’annexa l’Autriche contre son gré).

Et, hop, la boucle est bouclée ! La Sphère peut nous rouler !
Une fois ces deux mémoires (URSS / Nazisme) projetées sur son épouvantail Poutine, la
Sphère peut tranquillement transformer les rebuffades antinazies de l’Est en nostalgie de l’URSS, preuve de l’impérialisme Poutinien, tout en minimisant à plus soif les exactions de son gouvernement et des milices paramilitaires néo-nazies de Secteur Droit (Odessa, Mariupol, etc…).

Elle peut le faire : à force de crier au loup, le « public » n’y croit plus ! (Et ça c'est un danger dont la Sphère a la responsabilité...)
Et, hop, la boucle est bouclée !

Et l’autre pôle de la Guerre froide, on oublie ? Oui, puisque c’est la liberté !

Pourquoi tous ces plateaux d’experts qui, à propos de l’Ukraine, font une fixette sur Poutine (en oubliant le désastre qui frappe le peuple ukrainien), ne rappellent-ils jamais ce qu’ils ont faits, eux, les Etats-Unis, depuis le fort paisible démantèlement de l’ex-URSS ?

La réponse est évidente : parce que c’est justement la version américaine de la mémoire de la Guerre froide – la défense de la liberté - qui a « justifié », en violation des promesses faites à Gorbatchev, que l’Otan se soit, non seulement maintenu, mais élargi au point, qu’aujourd’hui, les frontières occidentales de la Russie sont entièrement bordées par ses bases militaires !

Bref, l’impérialisme américain et celui de l’Otan auquel la France s’est rattachée (comme la plupart des autres membres de l’U.E[i] ), se trouve d’autant plus « justifié » par la réactivation de la mémoire de la Guerre froide versus « Occident », qu’il s’est désigné un ennemi idéal dans la figure de Poutine !

Et hop, la boucle est bouclée ! La Sphère peut nous rouler !

« L’Europe c’est la paix » ou l’U.E comme repoussoir idéologique des traumatismes de la seconde guerre mondiale

Et l’U.E, qu’elle est sa justification discursive ? La seconde guerre mondiale ! C’est au nom du « plus jamais ça » suscité par cette guerre et la catastrophe du nazisme que l’on a érigé cette U.E. sur laquelle personne n’a plus aucune prise et dont la crise syrienne , et plus encore celle de l’Ukraine, démontrent l’impuissance politique, si ce n’est sa dangerosité.

Pourquoi cette impuissance organisée ? Parce que nous sommes restés en boucle sur l’idée que « l’Europe c’est la paix », en confondant cette « grande idée de l’Europe » de l’après-guerre avec la construction d’un système économico-administratif a-politique et a-démocratique : l’U.E. Un système qui, dangereusement coupé de ses bases, autant dire de la vie, a fait de la « grande idée de l’Europe » sa tour d’ivoire idéologique, tout en se laissant coloniser par un fatras de lobbies, notamment américains (immanquable quand on n’a pas d’assise populaire). (On creusera ce point sans un autre article)

Conclusion : les « grandes démocraties occidentales » ont promu le « tous contre un » en manipulant leurs mémoires collectives…

Or, une fois les mémoires emblématiques de liberté (Etats-Unis) et de paix (U.E ) hybridées par l’Otan, le conglomérat -Etats-Unis/Otan/U.E – peut fantasmatiquement devenir la « grande démocratie occidentale » ayant vocation à défendre la liberté et la paix dans le monde, dont l’homme Poutine peut être présenté comme l’exacte antithèse ainsi que vu plus haut.

Et hop, la boucle est bouclée ! Voilà « l’Occident » autorisé à pousser des cris d’orfraie quand la Russie masse ses troupes à l’intérieur de ses propres frontières devant l’approche de trop de l’Otan (et non à l’extérieur et de manière impérialiste comme l’Otan) ! Mais, elle concèdera,de-ci, de là, que Poutine puisse se "sentir" menacé : parce que "sentir" c'est subjectif...

 Et tant pis pour les faits ! La Sphère peut encore nous rouler !

3- Derrière ces discours de « liberté » et de « paix », de brutaux intérêts économico-militaires…

Revenons maintenant à l’Ukraine et à la fière avancée démocratique que l’U.E. a prétendu lui offrir en s’efforçant, depuis des années, de lui faire signer un « Accord d’association » !

Une « avancée démocratique », vraiment ?

En vérité cet accord est un traité de libre-échange incompatible avec son union douanière avec la Russie. Au nom, encore, de la soi- disant Guerre froide actuellement en cours ?

« Avancée démocratique » alors qu’à peine passé le putsch (23 février 2014) qui a destitué son président élu (qui fin novembre 2013 l’avait estimé contraire aux intérêts de son pays), l’U.E s’est empressée d’en faire signer le volet politique par un gouvernement putschiste à forte composante néo-nazi, et ce en toute connaissance de cause (21 mars) malgré ce que raconte la Sphère ? Et ce tandis que la Commission européenne s’empressait de lui accorder un prêt d’un milliard d’euros, sans consulter le parlement européen , au motif de l’urgence de la situation (19 mars 2014) ?

Quelle urgence ? L’U.E. ne pouvait pas attendre les élections du 25 mai, pour signer cet accord avec un gouvernement démocratiquement élu ? Pourquoi cet empressement alors que les experts de Sphère avaient « démontré » que les néo-nazis n’avaient eu que 11% aux précédentes élections avant de clore le sujet ?

Et maintenant, est-ce dans l’espoir que ces néo-nazis seront démocratiquement évincés et qu’elle en sera « blanchie » que l’U.E. veut à tout prix maintenir les élections du 25 mai, alors que le sang coule en Ukraine ? Ou pour une autre raison du même acabit ?

A qui profite ce « crime démocratique » ?

Essentiellement aux Etats-Unis. Démonstration.
La vérité c’est que, grâce à l’intervention pleine de sollicitude démocratique de l’U.E. envers l’Ukraine (et de 5 milliards de dollars américains pour y développer des « institutions démocratiques »), la multinationale américaine ExxonMobil a fini par s’imposer pour exploiter ses ressources en gaz et en pétrole, au détriment d’une compagnie russe.

Tout bénef, puisque si, Sphère aidant, l’U.E. se fâchait avec la Russie ses « membres » n’auraient d’autre choix que d’acheter du gaz et du pétrole américains !

Que l’Otan n’ait pas pu mettre la main sur la base militaire russe de Crimée (rhétorique de la Guerre froide), n’a pas donc pas empêché les affaires ! Est-ce parce que l’est de l’Ukraine est bourré de bien d’autres richesses - fer, houille (4eme d’Europe), métallurgie, terres arables (22% de l’Europe), que le FMI presse le gouvernement non élu de garder l’est dans son giron coûte que coûte, sous peine de voir son aide réduite et tant pis pour le sang versé  ?

Bref, ces richesses étant jusque-là exportées en priorité vers la Russie qui n’a, évidemment, aucun intérêt à y renoncer, quoi de mieux pour les intérêts de la « grande démocratie occidentale » qu’un accord d’association conçu pour couper l’Ukraine de la Russie ? Capito ?

Et tant que les esprits se laisseront aveugler par ces mots « en l’air » distillés par la Sphère, ils n’y verront que du feu !
Et hop, la boucle est bouclée… !

Sauf que, cette fois, "la grande démocratie" qui les distille s'est pris les pieds dedans. Et bien !
Parce que ni court-termisme, ni rengaines idéologiques ne dominent l'autre côté  du "rideau de fer médiatique aveuglé et aveuglant" qu'elle a tiré devant les esprits : les  "viriles" sanctions contre le "péril Russe" dont elle nous a abreuvé les oreilles viennent d'être magistralement retournées contre U.E. et U.S ! 20 milliards de dollars dans la poche de la Russie !
Mais là dessus, silence, hein ?

« L’Europe c’est la paix », un cache misère ?

Quel intérêt a l’U.E. qui clame partout que « L’Europe c’est la paix » à jouer ainsi contre la Russie, soit contre l’Europe elle-même (historique, culturelle, politique, économique… qui n’a rien à voir avec l’U.E…), c’est-à-dire contre elle-même ?

Masquer l’impuissance politique, militaire et bientôt économique (avec Tafta) si ce n’est culturelle, à laquelle l’a conduite son idéologie anti-nations par un impérialisme de second ordre ? En se faisant le cheval de Troie de la « grande puissance » américaine, à défaut d’en être une ?

Mais ma pauvre U.E. ! A force de te payer de mots, tu te fais blouser !… L’oncle Sam regarde déjà ailleurs…
Et quid de la dignité et de la colère de tes soi-disant citoyens, complices malgré eux de tout ces fatras !

31 /05 : La même chose autrement : ici. Le libéralisme ("société ouverte") a besoin de se fabriquer des ennemis décrits selon des idéologies passées ("société fermée" : communisme, fashisme, nazisme) pour ne pas imploser... C'est là le sens de la guerre contre la Russie. Ne nous laissons pas prendre à ce piège...

Suite au prochain numéro !

PS : toutes les infos concernant les néo-nazis au pouvoir à Kiev, le « déni » de la Sphère à ce sujet, les crimes d’Odessa, Mariupol, etc, sont disponibles sur lescrises.fr d’Olivier Berruyer. Un site de référence sur le sujet, et sur la crise financière…



[i] Les pays à la fois membres de l’U.E et de l’Otan :
Allemagne, Belgique, Bulgarie, Croatie, Danemark, Espagne, Estonie, France, Grèce Hongrie, Islande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Pays Bas, Pologne, Portugal, Roumanie, Royaume Uni, Slovaquie, Slovénie.

Published by Amada et Amado - dans Le laboratoire d'Amada
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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 14:00

L'Hydre de  Lerne
nouvelle image de la domination 

(Ou comment penser un monde devenu impensable...)

Initialement mis en ligne le 04/10. Et j'ai le grand plaisir de vous informer qu'il vient d'être publié sur Agoravox ce 17/11/09.
Le revoici donc avec quelques petits ajouts.  A l'occcasion de la publication de la suite de cet article sur Agoravox le 01/03/2011 (et sur mon blog le 09/03/2011), je remets cet article en avant en ce 09/03/2011.
 Er vu ce qui se passe, encore ce 13 mai 2014

*** 

"Mondialisation", "financiarisation", que recouvrent ces mots rabâchés si ce n'est une situation sans précédent historique qui nous pourrit littéralement la vie ? D'énormes concentrations financières permettent à quelques entreprises transnationales de déployer leur emprise à l'échelle de la planète sous la forme illusoire d'une multitude de "boîtes" dont la diversité apparente ne fait que masquer la commune racine

Si science-fiction et littérature ont classiquement utilisé l'image de la pieuvre pour illustrer ce genre d'emprise, cette figure est désormais inappropriée et à vrai dire trop sommaire.
Nous n'en sommes plus à : "Dans l'ombre une seule tête dirige une multitudes de tentacules sans têtes."
Mais à : "Dans la lumière plusieurs têtes sifflantes apparemment indépendantes les unes des autres, obéissent, dans l'ombre, au même corps d'intérêt."
Pour comprendre ce qui se trame dans le monde d'aujourd'hui, il faut intégrer ce renversement de perspective.
Une figure le permet à merveille : l'Hydre de Lerne issue de la mythologie Grecque.

Quoi de mieux pour rendre compte de l'opposition actuelle entre ce qui "se voit" (une multitude d'entités officielles, apparemment distinctes et indépendantes les unes des autres) et ce qui "ne se voit pas" (l'unité d'intérêt qui relie toutes ces entités "par en dessous") que ce monstrueux serpent des marais doté de plusieurs têtes (1, 9 ou 1000 selon les versions) ? (Et mieux, de plusieurs têtes qui chaque fois qu'elles étaient coupées, repoussaient en double !)

 

*** 

Filons la métaphore  point par point.

1- Un monstre des marais : désigne un monstre vivant dans un milieu obscurément fécond, labyrinthique et fermé (le marais), agissant "par en dessous". N'est-ce pas ce qui se passe à tous les niveaux de pouvoir, aujourd'hui à une échelle mondiale inédite ? (Un "petit" exemple parmi d'autres à plus grande échelle.)

Un monstre ne pouvant être "vu" que par ceux ou celles capables de s'avancer dans les bas fonds et le malsain (les marais), voire de plonger sous la "surface" au risque de leur vie. Selon le mythe Grec, en effet, les voyageurs qui s'aventuraient dans les marais de Lerne y périssaient. (Un "petit" exemple contemporain et ses "petites" conséquences).


2- Un seul monstre, mais plusieurs têtes 
: montre clairement que plusieurs pôles (les têtes), apparemment séparés les uns des autres, apparemment sans lien (Etats, partis politiques, organismes financiers, que sais-je), peuvent n'être que des extensions d'un seul "corps"(d'intérêts).  Exemples : à qui appartient la presse française ? Qui finance les syndicats ? Quid de l'influence d'intérêts privés au sein des institutions publiques ? Quid des holdings ? Quid des divers emballages sous lesquels un seul et même produit est décliné en plusieurs produits soit-disant en concurrence ?
Mais revenons à la surface des choses, à ce qui "se voit", la "diversité" : pour les démocrates que nous sommes, cette "diversité des choix" n'est-elle pas le gage, la preuve  et la garantie de notre liberté ?... Et oui...

3- Un monstre à plusieurs têtes :
dont par conséquent on ne sait pas qui le dirige au juste, capable de multilocalisations, auquel on ne peut pas dire ses quatre vérités en face, qui peut sans dommage se contredire, prétendre qu'il n'y est pour rien et ne fait qu'obéir à la tête voisine (un expert mandaté par exemple). Etc. L'actuelle "organisation" des hot-lines et autres centres d'appels reproduit à son niveau le même principe avec une redoutable efficacité  : leurs pratiques nous imposent (autant qu'elles nous habituent à) une dérégluation d'autant plus redoutable qu'elle est fondée sur des contrats passés avec "personne".
Selon certaines analyses, nombre des récentes séquestrations de patrons qui ont eu lieu en France ont été provoquées par le fait que les employés n'avaient personne à qui valablement s'adresser : aucun "responsable" en face d'eux. C'est d'ailleurs le cas au niveau des emm… quotidiennes de chacun : il n'y a souvent personne en face ! Ce que la philosophe Hannah Arendt appelle le règne de l'Anonyme (Du mensonge à la violence).
 

4 - Quand on en coupe une tête, il en repousse deux : on a beau les attaquer, dénoncer les scandales, les têtes du "on" non seulement repoussent ("on" les renomme à la tête d'autre chose, d'où ces va-et-vient incessants entre privé et public,) mais se multiplient via sous-traitances, délocalisations, sous-marques, sociétés écrans, segmentation croissante des "spécialisations", etc.
 

5 - "Milieu fermé" et "têtes qui se multiplient" pris ensemble ne reflètent-ils pas à merveille  (ce qui, je l'espère, n'aura échappé à personne) que, dans notre société, les postes de pouvoir (finances, médias, politique donc) sont désormais réservés aux enfants de ceux qui les y ont précédés? Bref que ces milieux se reproduisent entre eux (rien de nouveau) et que la courte étape vraiment démocratique de notre histoire est désormais révolue, au profit de nouvelles oligarchies ? (En 2006 1% des personnes les plus riches détiennent 40% des richesses mondiales selon l'ONU)
 

 ***

Si pour résoudre un problème, il faut d'abord le regarder en face et l'accepter, aujourd'hui où regarder ? Que voir ? (Une vidéo de Hillard pour "apercevoir" l'Hydre mondiale).

Des formes économico-médiatico-politiques "multitêtes" qu'il nous est encore difficile d'appréhender comme un tout, dont nous avons du mal à saisir synthétiquement la vie, les mouvements, les torsions. Bref des alliances multipolaires qui, pour l'heure nous acculent à  de l'impensable.
En effet, cette hydre du "on"  n'a-t-elle déjà et n'aura-t-elle pas des effets potentiellement si monstrueux qu'il est peu supportable de les envisager? C'est cela qu'il nous faut maintenant avoir le courage de regarder.

*** 

Un fléau pour la contrée.

Outre que les voyageurs qui s'aventuraient dans son marais y laissaient leur peau, l'hydre était un véritable fléau pour la contrée dont elle ravageait les récoltes et les troupeaux. Autrement dit, elle était source de "crises alimentaires", ainsi qu'en produisent les nombreuses spéculations à échelle mondiale sur les prix des denrées de base comme le blé, le riz, etc,  et maintenant les terres cultivables, via cet autre organisme "multitêtes" qu'est le trading par web interposé Sans oublier les politiques menées par la Banque mondiale et le FMI :
 > Je résume En recommandant aux gouvernements du Sud de supprimer les silos à grains qui servaient à alimenter le marché intérieur, ainsi que les organismes de crédit public aux paysans au profit des prêteurs privés , ils ont provoqué l'endettement massif des petits paysans (Inde, Nicaragua, Mexique, Égypte ou Afrique subsaharienne etc.). En poussant les pays tropicaux à réduire leur production de blé, de riz ou de maïs pour les remplacer par des cultures d’exportation (cacao, café, thé, bananes, arachide, fleurs...), ils ont réduit les productions vivrières locales. Bref la perte de souveraineté alimentaire est devenue un phénomène mondial.
Résultat, aujourd'hui, sur la planète, 1 habitant sur 6 souffre de la faim et on vient de dépasser le milliard. Un phénomène croissant depuis 10 ans...
Et pas seulement hors Occident : ils sont 49 millions (une petite France) aux Etats-Unis.

Une source d'émanations toxiques, au nombre de deux
.

1 - Son haleine : émanant de ses différentes bouches, l'haleine de l'hydre était un poison capable de tuer quiconque la respirait.

Bien sûr, on pourrait à ce propos se contenter d'évoquer la pollution mortifère de l'air (par le gaz, la radioactivité, l'essence, et autres produits chimiques).

Mais je préfère creuser plus profond. Car, cet autre souffle qui sort de nos bouches qu'est la parole peut elle aussi détruire et tuer, et ce à aussi grande échelle.

Combien de mensonges  y inclus "institutionnels" ont-ils conduit de gens à leur perte ? A la faillite ou au surendettement par exemple ? A tomber malades après s'être laissés convaincre (par de bienveillantes "campagnes de prévention") de se faire vacciner ou d'avaler telle potion?
Ou  pire, au suicide ainsi que c'est actuellement massivement le cas par exemple en Inde chez les cultivateurs de coton ruinés par Monsanto et ses OGM, à la suite de campagnes télévisuelles convaincantes ? Etc. 

Sans parler de la désinformation  économique et institutionnelle (des traités illisibles) perpétrée par des déclarations ignorantes, délibérément trompeuses, ou incompréhensibles. (Et ces mots "étranges" comme "gouvernance" (sans gouvernement situable ?) ou "travailleurs pauvres" (exploités ?)....?)
Exemples.
A- Un discours largement dominant assène :  La dérégulation totale est un bienfait pour l'humanité. Elle favorise  la "libre concurrence" et donc la baisse  des prix.  Réponse des faits (reléguée dans le silence) : les "concurrents" se mettent d'accord pour créer la pénurie et ainsi faire augmenter les prix.
B- Que penser d'un gouvernement poussant, à grand renfort de "primes" et de discours héroïques de relance, sa population à acheter (à crédit bien souvent) des voitures et des biens immobiliers que sa politique grèvera six mois plus tard, au nom, cette fois, de la grande cause de l'environnement, de taxes et d'obligations vertueuses ?
 

2 - Son sang : c'était un poison qui, versé dans les fleuves, en rendait les poissons mortels à la consommation. Cela bien sûr évoque le mortifère pillage des mers, le dangereux épuisement des eaux potables et l'accumulation de toxiques dans les poissons, auxquels conduit l'avidité humaine. Ou encore le possible empoisonnement terroriste, irresponsable ou mafieux de populations entières par le biais de l'eau, du virus ou du sang.

Mais tout comme l'haleine peut évoquer le souffle de la parole, le sang, est le siège de l'âme selon de nombreuses traditions spirituelles.

D'où que l'on puisse aussi s'interroger sur les conséquences psychiques, mentales, morales et culturelles des multiples formes de manipulation (marketing, mensonges, discours visant à rendre "la confiance aux ménages" en dépit des faits, etc) commises par le "on" dont il est ici question.

Vers quoi le nivellement "par le bas" et l'adhésion émotionnelle promus par les médias de masse — au détriment de la réflexion et du dialogue argumentés, bref de la raison, de la conscience, de la liberté — nous mènent-ils? ( Ce "doux" — parce que ludique — torpillage psychique et intellectuel des peuples...) Quelles conséquences pour nos capacités à comprendre ce qui se passe vraiment sur cette planète, et donc à décider conjointement d'y mettre un terme ? 
> D'où un appel (université de Louvain) à redonner sa place à la culture ! 
Et comment ne pas voir qu'à force de nous faire "avaler des  couleuvres" l'haleine nocive de l'Hydre se répand partout ? Que les langues de vipère se multiplient, que "ça" siffle" de tous côtés ?

Sans oublier le caractère très contagieux du principe "multitêtes" de l'hydre ? Combien d'internautes naviguent-ils, bloguent-ils, commentent-t-ils aujourd'hui en signant d'un ou plusieurs pseudos ? Quelles conséquences sur le psychisme des individus et des relations inter-individuelles cette pratique induit-elle ? (Moi-même je n'y échappe pas. Amada est un "pseudo", une autre moi-même qui, bien que j'en use comme d'un masque - une sorte de marionnette en somme- existe de plus en plus en tant qu'elle-même).  
Surtout que nous dit-elle ? Qu'aujourd'hui règnent la spécialisation et "l'expert" (une tête bien distincte de celle de l'expert voisin) et qu'un professeur d'économie féru d'astrologie par exemple, serait immédiatement  discrédité par son ouverture d'esprit.

Autrement dit, nous cultivons une approche parcellisée du monde nous empêchant  de "voir" ce qui se trame et d'envisager des réponses globales et cohérentes. (Pour exemple le lancement des biocarburants présentés comme solution miracle à la "crise énergétique" alors que leur culture massive entraînerait une crise alimentaire mondiale sans précédent...)

***

Une figure, certes, mais réaliste 

Si la métaphore de l'Hydre fonctionne, les faits inédits dont elle permet de rendre compte n'ont rien du mythe : la destructuration massive des Etats nationaux qu'ils ourdissent ne s'apparente-t-elle pas à une sorte de coup d'Etat mondial invisible, mou et sournois ?
Il est urgent de "voir" que nous nous enfonçons dans une forme inédite, mondiale et peu visible, de féodalisme, avec de nouveaux seigneurs et de nouveaux serfs (les "grosses boîtes" et leurs sous-traitants par exemple). Actuellement 500 entreprises transnationales contrôlent 52% du PIB mondial...

Loin d'être les marionnettes d'un seul et unique centre dirigeant (figure de la pieuvre), l'ensemble actuel des entreprises et institutions multi et/ou transnationales doivent être appréhendées comme faisant secrètement corps en "accordant leurs violons" autour  d'un seul intérêt commun — le profit — afin de s'assurer mutuellement une emprise financière croissante sur tout. Etats inclus. 

Si "diviser pour règner" est un adage classique du pouvoir, l'Hydre s'y emploie sous une forme inédite : en opposant ostentatoirement ses têtes, pour mieux faire oublier qu'elles visent le même objectif (exemple). Bref, elle  est l'illustration parfaite du phénomène mondial croissant de la corporatocratie.
Se laisser fasciner par les oppositions, les conflits et les sifflements de surface (y inclus la multiplication des "droits à la différence", mesures d'exeption, etc.), c'est jouer son jeu au détriment de l'essentiel : le bien vivre ensemble.
 

*** 

Que faire ? Rassembler les forces et les intelligences.


C
e constat fait, la question est : que faire ? Comment ? Avec qui ? Quand?
Question d'actualité vu le nombre de regroupements et d'associations tentant d'y répondre.

Mais tant que ces groupes de bonne volonté resteront séparés les uns des autres, tant qu'ils œuvreront chacun dans leur coin, il ne leur sera pas possible de "faire corps", il n'auront ni
la force, ni la coordination nécessaire pour affronter efficacement l'Hydre et mettre un terme à son règne. Pour y parvenir, il leur faudrait, eux aussi, rassembler leurs têtes, s'unir et s'ancrer dans un intérêt vital commun. Lequel ? A lire leurs publications, un point revient sans cesse : l'argent-dette

Dans la mythologie, en tout cas, l'hydre ne fut pas vaincue par une multitude d'attaquants, mais par une seule entité nommée Hercule. Un héros dont il serait peut-être judicieux pour notre avenir d'examiner  les caractéristiques, les armes et l'action.

 

Ce sera pour une autre fois. Suite au prochain numéro.
Mais d'ores et déjà à noter : l'appel des survivants d'Auschwitz à une Europe faite pour le peuple par le peuple, contre celle des lobbies pharma, chimie et autres Codex. Il faut dire qu'ils ont, eux, la mémoire des mesures hygiénistes (éradiquer les "parasites" et autres gales) qui les ont envoyés au calvaire !

  

13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 13:45

 Le-laboratoire-d-Amada.jpg

J'ai la joie de vous signaler que cet article a été publié sur Agoravox le 01/03/2011. Vu ce qui se passe je le remets en avant ce 13 mai 2014, dans la suite du précédent.

Les formes de la domination ont changé. Dans un article de 2009, (sur mon blog), j’avais proposé une créature de la mythologie grecque pour mettre en lumière ces nouvelles formes : celle de l’Hydre de Lerne. En effet, nous n’en sommes plus à : "Dans l’ombre une seule tête dirige une multitude de tentacules sans têtes", image de la pieuvre. 
Mais à : "Dans la lumière plusieurs têtes sifflantes, apparemment indépendantes les unes des autres, obéissent, dans l’ombre, au même corps d’intérêt », figure même de l’Hydre. Comment venir à bout de ce système qui nous broie ? Quelles erreurs éviter, quelles stratégies adopter ? Enfin et surtout, qu’est-ce qui peut, enfin, nous faire réagir ? C’est l’objet de ce second article.

D'abord mis en ligne le 01/03/2011 par Agoravox, je relaie cet article sur mon blog en ce 09/03/2011.(En casse courrier des ajouts "après coup").

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Pour rappel : l’Hydre,  image de l’oligarchie mondiale.

L’Hydre de Lerne ravageait récoltes et troupeaux. Son haleine était si toxique qu’elle tuait quiconque la respirait. Son sang répandu dans les fleuves rendait les poissons mortels à la consommation. Une métaphore parfaite de l’insaisissable oligarchie mondiale actuelle : cause de crises alimentaires, ses discours et sa propagande (haleine), ainsi que ce qui l’anime (son sang), génèrent partout une pollution physique (air, eau), intellectuelle (haleine) et psychique (sang) extrêmement mortifères et pour la terre et pour l’humanité. Mais parce que personne n’est à sa tête, parce qu’elle se présente comme multiforme, parce qu’elle met en scène des désaccords apparents (à la surface, dans l’air, ses têtes sifflent, « on » s’arrête aux petites phrases), il semble que personne ne puisse rien contre elle. (Je renvoie ceux qui voudraient suivre cette métaphore de plus près à mon article précédent). Selon la mythologie, seul Hercule pu en venir à bout.

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Hercule : un héros, fils de Zeus.

Avant d’examiner comment il s’y prit demandons-nous : qui était Hercule ?

Tout d’abord, un héros, c’est-à-dire un être pour partie divin (fils de Zeus, chef des dieux de l’Olympe) et pour partie humain (fils de la mortelle Alcmène). Autrement dit un être ancré dans une filiation spirituelle, un « fils de dieu ». Ce premier élément de réponse est très clair : pour s’attaquer à l’hydre, il faut en avoir le courage « surhumain ». Pour risquer sa peau, il faut voir plus loin que le bout de son nez, être ancré dans une transcendance : l’intérêt général, celui des générations futures, l’humanité de l’homme, dieu, l’histoire, peu importe du moment que c’est un horizon qui transcende le « moi » et ses intérêts personnels.

 

Hercule : une puissance sensible et incontrôlable …

Mais voir au-delà de ses intérêts personnels suffit-il à motiver un tel affrontement ? D’après le mythe, non : il faut y être conduit. Par qui, ou quoi, comment ? La réponse du mythe est simple : par l’émotion.  D’une force surhumaine qu’il mesurait mal, d’une sensibilité extrême, sujet à de brutales colères, Hercule n’était pas « sage », « intelligent », « rusé ». Il était « nature ». Aussi commit-il des atrocités malgré lui, « sans le faire exprès », s’en repentant après coup à chaudes larmes. Enfant, il tua par mégarde son professeur de musique, par exemple. Mais le plus dramatique, fut l’accès de folie au cours duquel il tua sa femme Mégarée et ses fils, qu’il aimait plus que tout au monde. Il en fut si désolé, qu’il voulut s’ôter la vie.  Mais Thésée, un autre héros, « sage » celui-là, père de la démocratie athénienne, l’en empêcha de justesse et l’invita à venir vivre dans son pays. Cependant, rongé de remords, Hercule finit par quitter Athènes pour consulter l’Oracle. Celui-ci lui confirma alors qu’il devait se purifier, et Hercule se soumit au roi de Mycènes (ou de Tyrinthe selon les récits) qui lui imposa les fameux travaux en guise de rédemption.

 

Hercule : une image des peuples, notamment de l’Occident

Arrêtons nous, un instant sur cet étrange récit. Force surhumaine, sensibilité extrême, colères imprévisibles, meurtres involontaires et regrettés : ne peut-on associer tout ceci aux imprévisibles soulèvements des peuples et des foules… ?  Ne peut-on, plus précisément, associer l’histoire d’Hercule à celle des peuples occidentaux (français notamment), à la « folie  meurtrière » qui leur fit perdre la tête (décapitation du roi) mais qui furent finalement sauvés par le principe même de la démocratie… Ce qui ne les empêcha pas de détruire leurs bases affectives (famille, patrie, valeurs, sensibilité, culture, émotion) ? Et, plus largement, toutes leurs fondations traditionnelles et celles des autres peuples de la planète ? Et qui furent « sauvés » là encore, pendant un temps, par leur ancrage dans la démocratie ?

Mais, qui, à terme, rongés par leurs propres exactions, se voient aujourd’hui condamnés à se « racheter » en en confrontant les fruits monstrueux  : la « mondialisation », « l’exploitation à mort » des ressources terrestres et humaines, la condamnation de leur jeunesse…

Bref, ce devant quoi nous nous trouvons tous : l’hydre.

La métaphore, en tout cas, me paraît pertinente : c’est aux peuples (dont Hercule est l’image) que revient la tâche de se débarrasser de l’hydre car, pour ce faire, on ne peut compter ni sur les lois, ni sur les dieux, ni les rois, ni sur la « démocratie » de Thésée, ni sur un individu « sage ».  Et ce n’est probablement que portés par en enthousiasme partagé, une effervescence conjointe, que chacun peut retrouver une transcendance, « être porté » à prendre le risque. Non ?

***

La suite de l’histoire confirme nos deux premiers points : voir au-delà de ses intérêts personnels et être mû par le remords.

Voir au-delà de ses intérêts personnels.

En effet, juste avant de s’affronter à l’Hydre, Hercule  doit d’abord tuer le Lion de Némée, dont la peau est si dure qu’elle est inaccessible aux armes, même celles d’Apollon, dieu du soleil. C’est en l’étranglant qu’Hercule y parvient, après l’avoir fait sortir de sa tanière. Et Zeus « immortalisa » cet extraordinaire Lion, sous la forme de la constellation du Lion.

Tuer le « roi » des animaux, symbole solaire masculin immortalisé par Zeus, « roi » des dieux, n’est-ce pas, suivant notre métaphore, étrangler l’image d’un pouvoir incarné par une figure unique, le « roi », le « président », le « chef », la « star » ? Et à un autre niveau, le « moi » ?  Ne faut-il pas d’abord renoncer à cette représentation monolithique du pouvoir pour enfin prendre conscience que ce qui nous « tient » est  un « intérêt commun souterrain » ? Et que ce corps d’intérêt est doté de plusieurs têtes ? Ce dont l’emprise croissante d’une seule et unique oligarchie mondiale dotée de plusieurs têtes dirigeantes est l’exact reflet ?

Ce qui n’est possible qu’en étant mû par la douleur et le remords

Or qu’est-ce qui conduit Hercule à tuer le Lion qui terrorise tout le monde ? Sa douleur d’avoir tué ce à quoi il tenait le plus au monde : ses bases affectives, sa famille, sa femme et ses enfants… Que l’on peut traduire par nos appartenances chaleureuses (et non pas virtuelles) : notre foyer (dont la « bulle immobilière » nous dépouille), notre famille (désormais éclatée), notre terroir (défiguré, pollué), notre mère patrie (aux frontières dissolues), notre mère l’église (un intérêt commun transcendant ridiculisé). Mais aussi, notre féminité (sensibilité, fragilité, accueil, amour, tendresse, ces valeurs obsolètes), nos enfants (les générations futures « sacrifiées »)…

Avant de pouvoir faire face à l’hydre, les peuples, occidentaux notamment, doivent donc d’abord souffrir d’avoir perdu leurs appartenances chaleureuses, au point de renoncer à leur représentation « royale » du pouvoir (« mon » pouvoir est à « moi », le « pouvoir du président » est au président, etc). N’est-ce pas ce à quoi nous renvoient les révolutions dans les pays arabes ? Ces peuples soulevés comme un seul homme n’ont-ils pas vaincu des « rois » visiblement monolithiques ? Moubarak depuis 30 ans au pouvoir, Ben Ali depuis 24 ans, Kadafi depuis plus de 40 ans ?

Or de quoi prend-t-on peu à peu conscience, si ce n’est que derrière ces « personnalisations » du pouvoir,  c’est encore de l’Hydre qu’il s’agit, que ces « têtes » sont sœurs de nos « têtes  démocratiques » et qu’au fond il s’agit partout du même monstre ? Que le « meurtre » économico-politique dont ont été victimes les peuples qui se soulèvent aujourd’hui est « involontairement » de notre fait à nous, les peuples occidentaux ? (Ici un article magnifique de profondeur et de limpidité sur la révolution égyptienne).

***

Imaginons maintenant que nous en arrivions au remords, ce qui n’est pas gagné vu l’individualisme de nos sociétés « riches » (contamination par l’hydre du « corps social »). De quoi aurions-nous alors besoin pour vaincre l’ Hydre ? Pour le comprendre suivons le combat pas à pas.

Faire sortir l’Hydre de sa tanière.

C’est en compagnie d’un de ses amis, Iolaos, qu’Hercule arrive à Lerne. Fort de son expérience précédente, Hercule fait d’abord sortir l’Hydre de son repaire (situé sous un platane…), à coup de flèches enflammées.

Autrement dit, il faut d’abord faire sortir l’Hydre au grand jour, il faut la rendre « visible » ce à quoi participe cet article parmi d’autres.

 

Retenir son souffle.

Puis retenant son souffle (souvenons-nous, l’haleine du monstre est mortelle),Hercule attaque l’Hydre à coups de massue. Pour s’en prendre aux têtes de l’Hydre, il ne faut pas avoir peur des cabbales médiatiques ou autres qu’elle ne manque pas de sécréter dès que quelque chose (personne, groupe, etc.) la dénonce. Il ne faut pas se laisser déstabiliser par ses mensonges, ses menaces, ses cabbales et ses « chiffons rouges ».

Julian Assange, patron de Wikileaks en a bien compris le principe. Mais cette forme de contre-pouvoir  si elle est un préalable indispensable ne peut suffire. Il faut qu’elle soit suivie par un corps à corps massif et déterminé.

 

Un premier corps à corps pour comprendre le mécanisme.

Ce que fait Hercule. Or plus il tape sur les têtes de l’hydre, plus elles sont nombreuses ! Comme dit Ovide, l’hydre « se multiplie sous le fer ». Une tête attaquée en donne deux et ainsi de suite ! 

Idem dans nos sociétés, malgré les apparences. Pourquoi ?  Parce que la corruption a secrètement fait sauter les frontières entre le fric et le politique  Les élites forment un réseau apatride. Des familles visiblement « opposées » (Bush / ben laden) s’avèrent complices : un entrelacs. Entre le monde des affaires et celui du politique, les connivences vont bon train. Woerth et PMU. Bachelot et labosMAM et la vente du savoir-faire français pour mater les émeutes dans les pays où résident ses propres intérêts financiers privés... Et le népotisme règne.

 

Faire appel à Iolaos et au feu.

Il faut donc à Hercule employer d’autres armes ! C’est Iolaos qui aura l’idée de mettre le feu à la forêt pour, à l’aide de brandons enflammés, cautériser les plaies à leur racine au fur et à mesure que les têtes étaient coupées. Il faut, à chaque tête coupée, immédiatement cautériser sa racine par le feu pour éviter qu’elle soit remplacée par plusieurs de ses clônes…

Comment ? En ne se laissant distraire ni par l’envie de cesser le combat, ni par celle de se laisser endormir par son haleine et ses pions, soit par l’envie « croire » que la première tête providentielle qui se présente pour reprendre les choses en main est la bonne. Il faut cautériser à la racine ce qui permet au corps de l’Hydre de substituer une tête à une autre : le principe des castes.

 

Cautériser la plaie à la racine, un seul exemple aujourd’hui :  l’Islande.

Ce pays vient de se donner une assemblée Constituante élue au suffrage universel ! (Même si la plupart des membres élus de cette assemblée ont déjà assumé des responsabilités sociales et/o politiques dans le passé, et qu’il ne faut donc pas idéaliser cet événement, il est tout de même remarquable !) Ce derrière une omerta médiatique internationale assourdissante   : l’« haleine de l’hydre » ! Même l’explosion de son volcan n’est pas parvenue à vaincre cette censure internationale envers l’Islande !

 

Ecraser le crabe

Mais Héra, rageant de voir encore Hercule vainqueur, lui envoie un crabe géant (Carcinos) qui le mord au talon, en vain. Hercule l’écrase, et Héra élève ce crabe extraordinaire au rang de constellation, celle du Cancer, comme son mari l’avait fait pour le lion.

Le crabe vient de l’eau, comme l’hydre. Il est carapaçonné, il marche à reculons. Il y a là une image archaïque : la tentation de reculer, de se replier, de retourner en arrière dans « le bon vieux temps ». Il faut écraser cette tendance, marcher dessus, aller de l’avant. Le « bon vieux temps » est derrière. Ce qui est en jeu c’est l’avenir.  Et l’avenir passe par un affrontement implacable avec ce qui est là, présent ici et maintenant : les têtes de l’hydre.

 

Notre exemple va encore nous éclairer. L’Islande vient de se prendre le crabe dans les molletsLa cour suprême saisie par trois citoyens (dont deux non élus : Ah  ce « lion » » !) vient d’invalider la Constituante pour vice de forme.

Comment l’Islande va-t-elle se sortir de ce mauvais pas ?

Le mythe lui donne un conseil :  Hercule, le peuple, ne doit pas se laisser distraire par les arguties des anciens partis et les avis d’une Cour suprême constituée de l’arrière-garde…  Hercule doit faire tomber les têtes jusqu’à la dernière, et Iolaos les cautériser…

 

Trancher et enfouir l’immortelle tête de la cupidité, et s’approprier la force de l’Hydre.

Enfin, Hercule tranche la dernière tête de l’hydre, et l’enfouit sous un énorme rocher. Pourquoi ? Parce que cette tête - là est immortelle : elle est faite d’or (ou de diamant selon les versions). En clair, on ne peut détruire la soif d’or, la soif de richesse qui anime l’hydre. On ne peut que la coincer, la verrouiller, l’immobiliser… Rôle du rocher, rôle des lois.

Ce que confirme l’Islande : au lieu de les renflouer, elle a nationalisé les banques… Puis elle a dévalué sa propre monnaie ce qui lui a permis de relancer sa propre monnaie.

Pour finir Hercule trempe ses flèches dans le sang répandu de l’Hydre, rendant ainsi leur blessure mortelle. Mais, ce « travail » lui sera contesté, à cause de l’aide de Ialos.

Et oui, la force d’un peuple ne suffit pas contre l’Hydre : il lui faut avoir des alliés. Qui seront ceux de l’Islande ?

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 14:59

 

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Bon, voilà 4 ans que je cotise à l'Ursaff (24% de mes rentrées en gros) en tant qu'auto- entrepreneur.
Au passage, un petit coup de gueule : non, je ne suis pas dans le bâtiment, pas plombier, pas maçon, pas électricien, ni dans le e-commerce. En clair je ne concurrence personne, c'est même le contraire ! J'ai de redoutables concurrents à 350 euros par moi à Madagascar, l'île Maurice et j'en passe. Heureusement, mon employeur résiste au "cheap bordel" généralisé !

Bref, comme j'étais aussi salariée, je suis restée au régime général côté sécu. Mais voilà que, deux jours avant de me retrouver aux urgences (où j'ai été opérée dare dare), je reçois deux courrier : un de la sécu et un du RSI (régime des indépendants) me demandant de justifier ceci et cela.  Je vous dis pas le "flip" administratif pour les frais !

Bref à peine sortie et encore très flageollante, je téléphone aux un et aux autres pour comprendre de quoi il en retourne.
Côté RSI, première réponse, je relève du RSI, pas du régime général. Oui, sauf que le RSI m'avait refusé, vu que j'étais salariée, puis inscrite à Pôle Emploi. "Oui, mais madame, m'entendis-je rétorquer d'un ton d'autorité tançant une irresponsable, il fallait vous renseigner...." 
Et prend toi ça dans la gueule.... et ferme la, il n'y a pas à discuter.
Ok je me renseigne par téléphone auprès de la sécu. Réponse, il faut demander à Pôle Emploi un bilan de vos versements. Oui, mais je n'en ai pas puisque je suis auto-entrepreneur. Tant pis, à faire quand même. Ce que je fais. Réponse : j'ai touché 6,85 euros de prestations en 2013 (j'avais pas capté... Mais eux, d'évidence ça leur a mis la puce à l'oreille des deux côtés...).

Bon je rappelle le RSI.. Et là "on" m'explique que, pas du tout, je ne relève pas du RSI, puisque je suis à Pôle Emploi. Oui, mais la dernière fois, "on" m'avait dit que si, vu que je ne suis plus salariée et que... Pas du tout madame vous ne relevez pas du RSI, sinon vous seriez enregistrée et au courant... ! Bon, donc votre première réponse - "madame, il fallait vous renseigner..." - n'était pas a bonne ? Ben non, c'était une erreur...

Ok. Assez inquiète, je vais faire la queue à la sécu. (Ce fut d'ailleurs un bon moment, parce qu'au lieu de me ronger les sangs, je me suis mise à marcher - je dois le faire 1/2 heure par jour - et que ça a fini par faire rire tout le monde, et rendu plus légère l'attente des autres...)
Et là, à la sécu, le préposé m'explique que comme je suis "entre deux", la sécu et le RSI se renvoient la balle (un usager de moins, c'est autant de gagné). Donc ?

Donc le mieux c'est que j'omette de préciser à la sécu que je suis auto-entrepreneur, vu que mes droits de salariée vont jusqu'en 2015. Point. C'est "mentir", ça (je le fais déjà sur injonction purement verbale à Pôle Emploi, voir ici, ça commence à faire beaucoup ) ? Non, pas vraiment, puisque mes 8 ans de cotisations (patronales et salariales) m'ont acquis ce droit. Point. 

Le problème, visiblement, ce sera après. C'est ce que m'a fait comprendre mon chirurgien. Ils ont des tas de problèmes pour les remboursements avec le RSI.... C'est sûr qu'un petit auto-entrepreneur ce n'est pas Crésus. Mais bon, en 2015, j'aurais déjà cotisé 4 ans, sans aucun frais pour eux, ça devrait le faire, non ?

Et voilà...

20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 14:37

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Bon, je suis auto-entrepreneur. Mais j'étais aussi salariée. Et lorsque mon contrat a été rompu, je ne suis inscrite à Pôle Emploi. Comme je l'avais déjà raconté, le fait d'être auto-entrepreneur me bouffait tous mes droits au chômage, vu que je gagnais plus qu'en tant que salariée, et bien que sous le dit "seuil" de pauvreté....

Mais le plus difficile pour moi a été de faire mes déclarations vu que mon statut n'est pas pris en compte par les robots vocaux de Pôle Emploi.Ben oui, un robot, ça a beau parler (d'une voix féminine enthousiaste et juvénile dans la plupart des cas, mais c'est en train de discrètement changer....), c'est pré-programmé, autant dire, reflet de ses maîtres, en l'occurrence Pôle Emploi.

Bref, comme je n'entrais pas dans les cases, les préposés m'ont dit qu'il fallait que je déclare tous les mois au robot que j'avais travaillé une heure pour un salaire de 1 euro.

Ce que je fais donc, depuis plusieurs années - c'est fou ce que le temps file - même si je ne toucherai jamais rien ! (Et oui, j'ai beau être auto-entrepreneur, un salaire, même petit, serait bienvenu, et puis mon travail de salariée m'avais acquis d'autres droits, pas question de les perdre).

Mais, voilà, j'ai une soudaine angoisse : parce que, ce faisant, je 'mens" depuis des années au robot et que je n'ai aucune trace écrite de l'injonction de 'mentir" qui m'a été faite... Et par les temps qui courrent...

C'est un peu fou de flipper de mentir à un robot ? Non ? Sauf que, voilà, j'en suis là. Quel autre choix ? Et je ne suis sans doute pas la seule acculée à mentir dans ce pays ! Au fond, finalement, tout bien pensé, c'est pas plus mal : ainsi je rentre dans la nouvelle norme du mensonge généralisé.

D'ailleurs, cela vient de recommencer : "on" me reconseille de mentir, cette fois pour une autre administration (la suite : ici). Problème de "case", là encore !

 



19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 18:17

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Depuis des décennies, je suis comme tout le monde, abreuvée de sondages en tous genres m'expliquant ce que pense la "majorité des français", afin que je puisse me situer par rapport à la "norme".

Et, depuis des décennies, je me demande comment cela se fait qu'on ne m'ait jamais intérrogée, moi. Des fois que les sondés soient "triés" avant question, des fois qu'en fait tout ceci soit bidon... Bref, fille de la philosophie du soupçon*, je me posais diverses questions soupçonneuses sur le mode de fabrication de ces normes...

(*Etonant de voir comment la philosophie du soupçon, est devenue des plus suspectes pour ceux qui ont le monopole du discours "institutionnel" (politique, presse officielle, etc). Ben oui, sinon pourquoi en occulter l'exigente rigueur intellectuelle en la faisaint passer pour une sorte de stéréotypisation mentale de type religieux. A les croire, elle concerne les  "adeptes" d'une "théorie" (un truc abtrait, sous-entendu imaginaire) unique ("la"), dite du "du complot"( en clair complètement paranoïaque). J'ai eu beau chercher, je n'ai jamais rien trouvé ni sur cette théorie unique, ni sur ses adeptes... Passons).

Et bien, ça y est, je sais ! J'ai été appelée par l'Institut de Formatage d' Opinion Publique ! Instructif à tous points de vue...

Primo : "on" (ou un pseudo) vous appelle et vous annonce que c'est de la part de l'Institut en question sans que vous puissiez vérifier ("on" n'est pas autorisé à vous donner le numéro d'appel).

Secundo : bien sûr, vos réponses, vous dit-on, seront "confidientelles". Sauf que, juste à la fin, "on" vous demande quand même votre prénom pour que la hiérarchie puisse vérifier que votre interviewer a bien fait le sondage. Là, les Cunégondes sont foutues, à moins de mentir...

Tercio : les questions et la manière dont elles sont posées orientent  complètement les réponses.


                 Soyons concrets.
Il s'agissait d'un sondage d'évaluation des intentions de vote locales.
Ca commence par quelques chose comme "connaissez vous, ne serait-ce que de nom, untel ou untel avec liste de prétendants. Là c'est simple, c'est oui ou non, point.
(Enfin, presque : si des fois, il y avait d'autres candidats ?)

Vient ensuite quelque chose comme (pour chacun d'eux)  "estimez-vous que sa politique est : très bonne, bonne, mauvaise, très mauvaise ?"
Et là ça commence à dérailler complet, parce qu'il faut absolument entrer dans ces cases pour passer à la suite.

                Ca donne ce type d'échange.
Moi : je ne sais pas.
Institut : il faut répondre madame, même si ce n'est qu'une impression.
Moi : ben non, je ne sais pas.
Institut : réfléchissez madame, vous avez sûrement une petite opinion.
Moi : non, je ne sais pas.
Institut ; je répète la question :
très bonne, bonne, mauvaise, très mauvaise ? Choississez.
Moi : non, je ne peux pas, je ne sais pas.
Institut : madame c'est pour que nous ayons une idée générale. Alors c'est très bonne, bonne, mauvaise, ou très mauvaise. Répondez, même si c'est juste à partir d'ouïe dire.
Etc
Soit je cédais, soit on arrêtait...
Conclusion : en France, les personnalités politiques locales sont connues de tous les clampins du coin. Qu'elles ne le soient pas n'est pas envisagé.
                 Ou idem avec : "médiocre" / "moyen" : ça n'entre pas non plus dans les cases. Autrement dit, en France une personnalité politique est "très bonne, bonne, mauvaise ou très mauvaise", mais jamais "médiocre"... Elle se tient d'un côté ou de l'autre, jamais au milieu, donc.
         Pour les intentions de vote : le choix pré-programmé
: C'est telle coalition, telle autre, telle autre. Oustsiders connaît pas. Alliances différentes, connaît pas

Quarto:
Tu "plies" ou ton avis n'existe pas !

Comme c'était la première fois de ma vie qu'on me faisait l'honneur de me demander mon avis, et que je voulais connaître la procédure de A à Z, j'ai accepté les forceps. Donc, j'ai renforcé la croyance générale en l'absence totale de médiocrité des politiques, à leur croyance que tout le monde les connait, aux non-choix général des "offres non conventionnelles".
Bref, j'ai contribué au biaisage général du paysage socio-politique.
Scuzez du peu !


27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 16:45

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Le début, puis la suite,

Puis la suite : j'arrive à la troisième boutique.
Evidemment, il faut faire la queue. Mais après tout c'est peut-être bon signe ? Puisque ni les 3 téléphones Services après-vente, ni Internet, ni les deux premières boutiques en dur, n'ont pu me donner la moindre info sur la panne téléphone fixe, téléphone Internet, téléphone qui frappe la pauvre télétravailleuse que je suis... Peut-être que toute la région se retrouve là ?

Enfin, un monsieur me reçoit. Je lui explique mon problème, qu'il n'y a pas moyen d'avoir la moindre info, ni par Internet, ni par les divers téléphones des services après-vente, ni même par les précédentes boutiques et que...

Là, il me coupe la parole et il y a de quoi tomber des nues !
Primo : les robots des services après-vente ne passent jamais un conseiller à ceux qui appellent avec des portables !
Et bien, première nouvelle ! Les robots vocaux n'en informent pas les appelants ! C'est quoi le but ? Claque ton fric, claque ton fric ! ?
Secundo : La boutique d'avant ne m'a proposé un domino ?
Un quoi ?! Et bien un domino, une clef 3 G ? Quésaco ? (Je sais, c'est incroyable qu'il y ait encore des gens comme moi qui ignorent ce genre de truc élémentaire....). Bref c'est un bidule qui, carburant aux satellites, passe outre tous les systèmes concrets... Ah !
Là-dessus, le monsieur fait le numéro du service après-vente et me passe le combiné, en me disant d'en demander une à l'interlocuteur qui, cette fois, c'est sûr, va me répondre. (Je sais, il vaudrait mieux que j'écrive SAV  que service aprère-vente, pour avoir l'air de comprendre quelque chose au commerce, mais vu que ça sonne "savoir", et que d'évidence ce n'est pas le cas, je peux pas...)
J'attends et, wouaouh, quelqu'un - un connseiller donc - me répond. Mais je déchante vite, pas de domino pour moi. J'appelle le monsieur à la rescousse. Ils discutent. Il me repasse le combiné, le gars va se renseigner. J'attends. Mais non, me dit le conseiller, c'est une panne collective, donc pas de domino...J'ai beau lui pleurer que je suis en téléravail, rien  à faire, d'autant que je n'ai pas pris une "assurance professionnelle" (ah...). "Et la panne elle va durer longtemps ?" Au maximum jusqu'au 16...
J'en reste assomée, 15 jours de plus à attendre....   Et là,
des tas de trucs idiots me tournent dans la tête : est-ce parce qu'il s'agit d'une panne collective que la première boutique ne m'a même pas parlé du domino ? Ben non puisque je n'ai pas eu affaire à un technicien, mais à une hôtesse qui ne savait même pas (ou avait ordre de ne pas m'en informer) qu'il était inutile d'appeler le SAV (!) avec un portable. Et puis, vu la durée du problème, Heureusement qu'après mes échecs auprès des SAV (!) téléphoniques, j'avais envoyé un recommandé à la tête de la boîte...

Le monsieur me voyant songeuse, vient aux nouvelles. Je lui explique le coup de la panne collective, le remercie très vivement de m'avoir renseigné (ben oui, vu l'ambiance, un type qui fait son travail, c'est vraiment exceptionnel) , et conclus " bref, je suis dans la merde..."
Et là - comme quoi, des fois, la tenacité ça paye - son collègue entends. Et pof, il lui suggère qu'ils pourraient utiliser tel subterfuge. Non ? Ah bien oui , pourquoi pas ? Mais on a encore des... ? Il va voir et revient triomphant.

Ca y est j'ai ma solution ! Ils me dépannent contre un chèque de caution !
Et, chez moi, ça marche !

Et oui, l'humain, il n'y a décidément que ça de vrai ! Je l'ai bien fait savoir, quand je suis revenue rendre le bidule. J'ai remercié à voix très haute et publiquement mes anges gardiens !

En entre temps, j'ai demandé au conseiller technique (une femme) avec lequel on m'avait donné rendez-vous, de bien vouloir faire remonter l'info de ce bordel de voleurs jusqu'en haut. Elle m'a dit ok d'une voix lasse, en me faisant comprendre qu'en haut on se foutait complètement d'en bas....

Heureusement, il y avait le recommandé. J'ai été gratifiée d'un petit geste commercial... Comme quoi la menace ça paie aussi parfois...

Bref, si vous subissez une panne téléphone-Internet, sachez-le, inutile d'appeler le SAV avec un portable, ou d'aller voir une boutique sans anges gardiens...



 


27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 16:00

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Suite de mes pannes.

Bon toutes mes connexions avec le monde extérieur sont en panne (tel fixe, ligne Internet, connexion Internt), sauf mon portable... Mais avec mon portable, impossible d'avoir la moindre info, malgré des attentes musicales auprès des 3 robots vocaux (féminins) de mes trois services après vente, de la même boîte...
Et rien non plus en passant par leurs services Internet.
Je vais donc dans une boutique, de toute façon, en télétravail, je ne peux bosser que dans un cyber-café - mais c'est de plus en plus rare - ou chez des amis bienveillants, où en chopant une connexion flottante dans un café....

 Je vais donc dans une des boutiques (tant pis pour l'horodateur qui va avec les frais de déplacements). Et je fais la queue.
Pour finir une jeune fille souriante me reçoit, m'explique qu'elle n'est pas technicienne et donc ne peux ni me renseigner, ni faire quoi que ce soit pour moi. Mais que si je veux, elle peut me donner un rendez-vous téléphonique avec un technicien.... Ben voyons !

J'insiste lourdement - mais elle n'est pas technicienne ça ne sert à rien, elle ne peut pas me dire si la panne va durer, et elle n'a rien à me proposer -, puis baisse les bras. Ok pour le rendez-vous. Elle tape sur un écran et me propose midi pour dans.... trois jours !
"Trois jours !" ne puis-je me retenir de râler. Alors qu'on s'abonne par téléphone à tout ! Et que là, même en se déplaçant, rien... !" Elle me sourit et attends que je me décide.  J'accepte. Elle sourit et clique.
J'ai la désagréable l'impression d'avoir un robot de chair formaté sourire, discours cadré, amorphisme obligatoire...
Et là, elle
me fait remarquer que, au moins, avec cette boîte, il y a des boutiques en dur, ce qui n'est pas le cas des autres... Impossible de savoir si c'est sa programmation qui la fait parler ainsi, ou si elle me prend pour une conne....

Je repars travailler chez mon amie. J'y rencontre une de ses amies, on parle de mon problème. Réponse : il faut aller dans la boutique technique de telle ville, elle est située dans Carrefour. Là, ils vont te répondre, tu verras...
OK. Je décide de m'y rendre le soir même (40 bornes...).

Je rentre dans Carrefour, trouve une boutique, demande soulagée s'ils peuvent m'aider parce qu'on m'a dit que dans la boutique technique Carrefour de cette ville, ils pourraient...
Mais non madame, ce n'est pas une boutique technique, d'ailleurs, dans cette boîte, il n'y a pas de boutique technique, et non, ils ne peuvent rien pour moi...

J'en reste baba une bonne minute... Puis, allez savoir pourquoi, je leur demande s'il y a une autre boutique de cette boîte dans cet immense Carrefour.

Oui, me répond-t-on, mollement, suivez ce couloir....

Ce que je fais.

La suite, dans la troisième boutique


27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 15:50

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Cet été, il y a eu un gros orage.
Deux jours plus tard, plus de téléphone fixe, plus de ligne Internet, plus d'Internet. Grosse galère pour quelqu'un qui est en télétravail.

Mais il me reste mon portable ! Vive la technologie !
Donc j'essaie d'avoir quelqu'un, via un des trois numéros de téléphone "service client" de mes trois "services" qui, bien que chez le même opérateur relèvent de services différents pour les pannes...

Premier numéro :  "tapez" ceci, puis cela, puis attendre... Puis tout recommencer parce qu'il faut aussi dire ou taper (ça dépend des robots et comme j'ai du m'en taper trois, je ne sais plus) tel ou tel code. Donc raccroche, fouille dans la paperasse, retrouve les bordeaux initaux et essaie de comprendre...
Trop compliqué : donc je rappelle avec un des codes. Ca marche pas. Recommence avec un autre code. Ca marche pas. Essaie avec encore un autre : miracle ! Le robot répond - avec, comme il se doit une voix féminine - un truc du genre "suite aux intempéries, panne générale, nos services font au plus vite pour réparer, bla, bla... Pour en savoir plus, passez par notre service Internet - Là on a vraiment envie de lui gueuler, conasse, je suis en panne d'Internet aussi, ce qui est idiot vu que c'est un robot - Si vous voulez joindre un conseiller, merci de patienter," musiquette.
Comme j'ai besoin d'en savoir plus (ça va durer longtemps ? Il n'y a pas une solution temporaire ?), j'attends, tant pis pour mon forfait d'une heure (je sais, aujourd'hui, c'est ridicule...)

Et là, wouaouh ! Je me rends compte que si je n'arrivais pas à piger, ce n'était pas du à ma connerie personnelle. Pas du tout : c'était juste que le terme employé par le robot vocal - genre identifiant client, ou numéro de dossier, ou je ne sais quoi - que je venais d'appeler n'était pas exactement le même que celui du bordereau initial (qui remonte à tatatouine) de mon abonnement...

Je me réjouissais ainsi de la réhabilitation de mon intelligence quand, patatras, "en raison d'un trop grand nombre d'appels, nous ne sommes pas en mesure de donner suite à votre appel"...
Je viens donc de griller mes unités pour rien.
OK. Je ne désarme pas et me refais tout le parcours avec le second numéro de téléphone (sauf - évidemment, pas conne la nana-, que cette fois j'avais préparé ma liste de codes avant la première tentative). Je finis par lui donner le bon code. Et là, le robot vocal de me sortir (avec la même voix féminine) exactement le même bla bla que le premier, me demande de patienter pareil si je veux un conseiller - donc j'attends encore, tant pis pour mon forfait - et finit par me dire, pareil, qu'il ne peut pas me répondre....
Ok. Je ne lâche pas et entame mon troisième parcours, avec exactement le même résultat !
Pas grave. Je recommence à deux heures du mat : peut-être que le "grand nombre d'appels" sera assez réduit à ce moment là ? Ben non. Et à 8h du mat pas mieux, etc... etc...
Fine mouche, vous vous en doutez bien, j'ai aussi tenté les services téléphoniques "d'achat". Alors là, oui, bien sûr, on a quelqu'un au bout du fil ! Mais, à quoi bon ? La vente c'est une chose, le service après-vente, autre chose !

Fin de la première étape.
Le lendemain, je vais bosser chez une amie qui a Internet. On en profite pour essayer d'avoir plus d'infos via les trois services Internet de la boîte auxquels m'ont renvoyée les trois robots en un des trois services après vente !!! Rien, pas un iota d'info de plus. RIEN ! NADA !

J'ai perdu du temps, de l'argent et mes nerfs pour rien. Et je suis dans la merde parce que je ne peux bosser qu'avec une connexion Internet...
Donc, ok, demain, j'irais faire la queue dans l'une des boutiques en dur de cette boîe, dont les adresses, heureusement, me sont quand même données par les services Internet, grâce à la connexion Web de mon amie....


Lire la suite pas piquée des vers...


5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 19:23

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J'adore mettre un joli timbre sur mes courriers persos ou ce qu'il en reste... D'évidence c'est un goût périmé.

En effet. Je vais à La Poste de ma ville pour en acheter, et ça commence mal : "vous avez la machine !"me lance la préposée d'un ton de réprimande en me désignant l'engin d'un geste sec du menton.
"Oui, mais je voudrais des timbres, s'il vous plaît..." ai-je osé.
La voilà donc en train d'ouvrir son dossier de timbre d'un geste lent et fatigué. Et que je t'énumère leur valeur d'un air morne : 63 centimes, 2 euros 55, 1,05 euros... Je garde mon calme et patiente. On arrive au bout du dossier, elle me regarde d'un air vaguement interrogatif, puis sa collègue la rejoint pour discuter de je ne sais quoi. Je patiente.

Enfin elle revient vers moi de son air vaguement interrogatif. Je me lance : "Pour commencer, je voudrais 4 timbres à 63 centimes....". Et comme elle se concentre à nouveau sur son dossier, j'attends, car d'évidence mieux vaut éviter de la brusquer. Elle finit par les trouver et avant même que j'aie le temps de réagir, tape sur sa machine pour m'annoncer que cela fait tant, ce qui - il est temps que je m'en rende compte, me soufflent ses sourcils - ne correspond pas à la somme que j'avais initialement demandée.

Je lui souris et poursuis : "Merci. Je voudrais ensuite 4 timbres à 2, 55 euros..." et m'arrête à nouveau pendant qu'elle cherche, afin de ménager ses nerfs. Elle a d'évidence beaucoup de réticences à fouiller dans son dossier alors qu'il y a la machine. Donc c'est très lent, elle suggère qu'elle n'a pas de timbres à 2,55 euros, je lui affirme d'un air maternel que si, qu'il suffit qu'elle continue d'avancer un peu, elle va tomber dessus. Ce qui, effectivement se passe.

Manque de pot, sa collègue revient, s'avise étonnée que je sois encore là, lui demande ce qu'elle fait, et au vu de la réponse me dit : "Mais, madame, il y a la machine ! "
" Je sais
lui réponds-je, mais je fais de la résistance aux machines et je défends les timbres".
Que n'avais-je dit la de miraculeux ! "Oh ça, c'est vrai, les timbres on en a presque plus" s'offusque-t-elle contre sa direction apparemment.
Je me suis contentée de la regarder d'un air entendu.
Il y a eu un blanc.
Et pour la suite de ma commande, tout s'est soudain accéléré...

Alors moi, je sais pas. "Résister" au désagrément de voir son service "machiné", oui. En aidant la fameuse "machination", ça par contre, je ne comprends pas...

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  • : Le blog d'Amada
  • Le blog d'Amada
  • : Un regard ethnologique et artistique sur les dysfonctionnements quotidiens en France, comme par exemple l'emprise dérégulant des hots-lines, les incessantes trangressions des règles, les solutions bloquées par la rigidité idiote des catégories administratives. Bref les raisons de la lassitude et de la passivité politique des Français.
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  • Amada
  • Ethnologue, journaliste, écrivain.
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Bienvenue sur mon blog

La "dérégulation", une histoire lointaine ?
 Non. C'est au quotidien qu'elle s'impose !

De nouvelles pratiques sociales — notamment les hot-lines et les centres d'appels, ou l'usage administratif et commercial d'Internet, pour ne parler que d'elles — sont subrepticement devenues sources d'une multitude d'abus de pouvoir relativement invisibles, d'illégalités sourdes, d'arnaques silencieuses.

Ces "minuscules" dysfonctionnements génèrent un "aquabonisme" de plus en plus massif, une lassitude généralisée... Et, en ce domaine, la réalité dépasse souvent la fiction. 
Histoire de faire sauter les langues idiotes qui, bien souvent, soutiennent en choeur les imbécillités, les incohérences et le cynisme ambiant de cette "dérégulation" :

 - Les déboires d'Amada" racontent des faits significatifs. 
 - Le laboratoire d'Amada  présente des esquisses théoriques tirées pour la plupart des premiers (textes déposés). 
- AmadO's blues : un de mes amis s'agace avec moi de la confusion mentale généralisée. Je lui ai ouvert mon blog.
- Les articles Michaël Jackson sont des tentatives pour éclairer certains pans de nos sociétés  médiatiquement orchestrées (textes déposés.).
- Plus quelques notules, quelques textes fondateurs et des liens...

Bonne lecture !

A signaler

Argent, dette, intérêts : ouvrir les yeux !  
A.J.Holbeq: 150 millions par jour pour les seuls intérêts de la dette en France . Faits et chiffres à propos de ce racket
 

Une façon critique jubilatoire de lire le monde : Celle de P. Reymond.

Et vu du ciel astrologique, ça donne quoi ?

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Avril 2011 :Destruction herboristerie, phytothérapie, semences traditionnelles par l'UE.
Halte au massacre > Explications et Pétition 
http://www.defensemedecinenaturelle.eu/