Bon, je suis retournée à la Poste deux ou trois fois : travaux ou vague papier "fermé pour cause de travaux" sans date limite. Je suppose que, comme dans le bled d'à côté, on va avoir droit à des machines high tech et à des jeunes filles au sourire formaté pour expliquer aux maladroits de mon espèce sur quel bouton appuyer et vendre des timbres verts.
En attendant, je n'ai toujours pas pu récupéré mon Lep. Donc fouille dans les papiers, prends en en plus on ne sait jamais (identité, impôts, téléphone, mutuelle, pôle emploi, que sais-je) et hop, coup de voiture (ben oui, c'est loin), sollicitation tout sourire du préposé de garde, présentation du problème, etc.
A force de contorsions, il prend mon "dossier" au sérieux, tapote sourcilleux sur son clavier, m'informe que mon Lep est bien dans la région que j'ai quittée malgré ma demande de transfert trois mois avant. Et voilà ce qui arrive quand on s'adresse à des gens, au lieu de passer par RAR ou machine...
Finalement, il me demande si j'ai un téléphone mobile ! Pourquoi faire ? Quel rapport ? Et bien si, grâce à un tour de passe passe technologique de première, un "code secret" déboule dans ma messagerie... Je veux dire dans la case esemes. Et là, miracle, me certifie-t-il, avec ce code, je pourrais avoir accès à mon Lep online et le vider, au moins. Et puis courrier avec photocopie de ceci, de cela pour qu'"on" m'envoie les intérêts de l'année sur mon compte. Ah d'accord... Et si je n'avais pas eu de téléphone portable ? Ben tant pis ma petite dame..
Bon, je rendre daredare, direct l'ordi, tapotages multiples, traversée de la jungle d'incohérence verbale commune aux formulaires web (identifiant, code de connexion, abonné ?), vidage du compte. Ouf ! Respire un coup, rédige lettre au "centre" dont je dépend encore, dont personne n'a pu me dire si c'était l'une ou l'autre des deux villes qui trainent sur les papiers officiels. J'en choisis une au pif, RAR.
D'évidence mauvais choix. 3 mois plus tard toujours pas d'intérêts, par de signification écrite de fermeture de Lep (donc je ne peux en ouvrir un autre), rien, nada. Va falloir tout refaire.
Ben oui. En France c'est comme ça. Pour tout faut s'y reprendre deux trois fois, quatre... C'est l'âge. Et comme ce genre de bégaiement administratif ça vous fait faire des cheveux. On appelle ça prendre un coup de vieux. Je trouve que c'est ce qui nous arrive : on n'arrête pas de prendre des coups des générations d'éléphants qui stagnent au pouvoir.
Alors qu'on est des petites souris, hein ?
Avant, quand j'allais à la Poste, c'était aussi un plaisir. Même quand le temps passé à faire la queue s'est mis à gonfler, c'était quand même un plaisir. Les couleurs, les odeurs, les bruits, tout était un peu familier, un peu comme ces bons souvenirs d'enfance qui remontent et vous tiennent au chaud. D'ailleurs, idem pour aller prendre le train, l'ambiance de la gare, tout ça...
Bon, donc, finalement, je retente le coup pour récupérer mon Lep dont je suis sans nouvelles depuis des mois. Je me rends à la poste. Et je retrouve le bout de papier vaguement collé sur la porte "fermé pour travaux". Jusqu'à quand ? Mystère encore.
Un soupir, et hop, demi-tour, retour chez moi, et monte dans la voiture pour aller poster le paquet que j'avais sous le bras, dans le bled d'à côté (un petit bled très "côté"). Petit immeuble, portes en verre, espace "nickel", le luxe quoi ! Je me dirige vers la seule personne installée derrière une sorte de bar flambant neuf — "le guichet", me dis-je— , avec mon paquet sous le bras. A peine ai-je fait quelques pas dans sa direction, une jolie jeune fille, sourire aux lèvres, m'aborde en me désignant mon paquet : "C'est ici" m'informe-t-elle en me désignant le panneau high tech jaune-argent qui couvre l'un des murs. Et, devant mon air un peu surpris, elle rajoute : "C'est très simple, vous verrez...".
Ah d'accord. Plus de guichet, en fait. Pour poster, maintenant, c'est à une machine qu'il faut s'adresser. Avec plein de boutons, et un écran "tactile" (qui n'en a que le nom, le toucher est froid) qui affiche ses ordres au fur et à mesure. Il suffit d'obéir et le tour est joué. Plus de contact humain, plus de regards, plus de perte de temps en échanges futiles (par contre en tâtonnements, mais ce doit être l'âge...), plus d'hésitations pour le choix éventuel de timbres à message.
C'est efficace, direct et égalitaire. Point.
Comme à la banque. Des machines, pas des hommes.
Une fois accomplie ma tâche, je me demande à quoi sert la dame derrière son bar. Tiens, me dis-je, et pour acheter des timbres un peu...? J'essaie. Petit sourire d'hôtesse de l'air, il n'y a plus grand chose, mais si je le désire, on a maintenant des timbres "verts", c'est à dire écologiques. Des timbres écologiques ? Oui, courrier acheminé par train et non pas par avion... Ah. Ok, va pour les timbres verts...
Et voilà. Fini le plaisir d'aller à la Poste.
Comme pour la banque, je me demande qui fabrique ces machines qui nous épargnent ces échanges non compétitifs avec des employés lambda... Vu son âge, la jolie jeune fille qui m'a désigné le panneau high tech, doit être une stagiaire... Dommage j'aurais du lui demander son statut... Mais il fait beau dehors, pas envie d'y retourner.
Bon, Papandréou "offusque" les discours dominants. D'accord.
C'est la fin de l'Euro, et une catastrophe. D'accord.
Mais qu'en est-il en vérité des conséquences du système mis en place depuis Maastricht ?
La réponse est simple : depuis qu'au lieu d'avoir la souveraineté sur notre monnaie, nous nous endettons auprès des "marchés", nous payons des intérêts à ces mêmes marchés.
Pour la France, le coût de ces intérêts s'élève à 5 millions par heure. Une bagatelle.
Qui le dit ? Ni les médias dominants, ni nos responsables politiques (à quelques exceptions près, comme Asselineau, jamais invités par ces mêmes médias)...
Ignorance ou cyniisme ?
Quelle que soit la réponse c'est très inquiétant.
Un lien audio : informations concrètes et explications audio (Radio Notre Dame)claires de François Asselineau sur la "crise de la dette européenne"
A peine avais-je assuré mes deux déménagements (de mon dernier studio à mon appart, et de mon ancienne région à ce même appart) une copine me propose un job.
Super direz-vous, vu la disette ambiante... Moui... Sauf que c'est a priori très très mal payé. Et que, je ne suis pas sûre d'être d'humeur. Je m'explique, c'est la seconde fois qu'elle me propose un job. Or, la première fois, je l'avais découverte, en tant que "chef", sous un angle... disons désagréable. Et que, bon, ce genre de plan, bof. Mais peut-être, n'en est-elle plus là (vu nos âges...) ?
Bon, mais comme auto-entrepreneur, j'ai besoin de multiplier les commanditaires pour leur éviter des ennuis (même si, dans ma branche, on ne fonctionne plus qu'au statut d'auto-entrepreneur, il faut quand même ménager l'administration française). Donc j'accepte. Après tout, naviguer entre les cartons, dans un confort minimal (1 petite plaque de chauffe, un évier et un matelas par terre), ça n'a jamais tué personne. Et, puis, je le vois bien, après 4 ans de galère totale, le confort et la sécurité, et bien... il faut s'y faire.
Me voilà donc plantée 15h par jour devant mon ordi (et là, je dois saluer le petit France Tel : pour une fois, il n'a pas commis de bug sur le transfert de ligne...) à recevoir des mails, disons...désobligeants...
Il faut dire, qu'avant d'accepter j'avais imprudemment comparé la rémunération proposée à celle qui était la mienne à l'époque. Et que, par malheur, ai-je compris, mais trop tard, qu'elle se situait au-dessus de ses derniers honoraires à elle...
Alors... Non, mais pour qui me prenais-je ?
Exemple de mail "désobligeant". Après un discours de surbookée excédée par le timing (et, bien sûr, mon incompétence), m'enjoignant d'envoyer tel fichier avant demain 12h... J'envoie le fichier. Puis no news. Donc j'envoie un mail pour vérifier qu'il est bien arrivé. Réponse d'excédée surbookée (et devant se taper mon incompétence) : "Bien reçu. Sache qu'aujourd'hui (truc perso), alors arrête de te la jouer Diva !"
Je ne vais pas tous les raconter, ils sont tous du même acabit... Mais celui là, m'a, comment dire, envoyé valser dans les radieuses sphères de l'humour zen ! Un vrai fou rire !
J'ai délicieusement répondu : Merci
Et, à partir de là, j'ai pu m'adonner à une de mes activités préférées : décoder un mécanisme psychomental et m'amuser avec. Ce qui a rendu ma tâche sous payée (3,50 de l'heure en moyenne. Sachant que d'autres parvenaient à 10... en allant beaucoup plus vite. Que voulez-vous, je suis "lente" ou du moins non adaptée au "cheap bordel" ambiant) des plus instructives.
Première conclusion : pour se sentir grand "on" (je ne m'inclus pas dans cette entité) a toujours besoin d'un plus petit que soi. Au lieu de générer de la solidarité, la chute globale des rémunérations, peut rendre certaines personnes littéralement bêtes et méchantes. Ainsi va le déclassement. Il suffit de lire les commentaires web sur ceux qui en sont réduits au RSA...
Pauvres de nous !
Combien d'eau (sale) va devoir encore couler sous nos ponts (dernier refuge avant naufrage total de ceux auxquels leur salaire ne peut plus offrir ne serait-ce qu'une "studette"...) avant qu'un salutaire changement de société, c'est-à-dire de mentalité, puisse ne serait-ce que s'esquisser...?
S' il faut, comme disait Satprem que tout soit dévasté, cassé, détruit, pour que l'on ait une chance de devenir... humains (ou pas, au choix...)...
Perspective : la concurrence internationale va accélérer notre déclassement de petits franchouillards — après avoir chuté d'environ 60%, les rémunérations dans ma branche, en arrivent à... Rien ou presque (un euro le communiqué web...). Les salaires des fonctionnaires grecs sont réduits de 40%, leur revenu minimum jugé trop élevé comparé à d'autres pays (je vous dis pas le nôtre), les maçons turques ou polonais sont plus rentables, les chauffeurs itou, sans oublier les hôtesses d'accueil des aéroports avantageusement remplacées par des hologrammes...— donc "On" (je ne m'inclus pas dedans) va donc se mordre les uns les autres de plus en plus méchamment, ce qui va brutalement accélérer la dévastation générale.
Vous savez quoi ? Je préfèrerai du rapido presto à un enfoncement lent.
Bon, j'ai lassé dormir le blog un long moment.
Mais ce n'est pas faute d'emmerdes.
En voici une (les autres suivent).
Pour rappel (ici) : j'avais transféré mon compte postal et un livret à La Poste de mon avant dernier studio (la résidence de l'Averell de service). Comme il y a eu de graves troubles dans la distribution de courrier, la Poste a soudain mis un terme à ce compte postal, sans, bien sûr, que je n'en sois avertie. Elle a aussi fermé mon livret parce que je n'avais pas fourni ma déclaration d'impôts (faute d'un rappel que la Poste devait me faire).
Bref, j'avais fini par obtenir, après un mini parcours du combattant de plus, un courrier attestant que mon livret était en "attente" chez eux.
Sachant que j'allais encore déménager, je me suis rendue au bureau de poste le plus proche de mon futur domicile, munie du fameux courrier, en demandant à ce que mon livret soit effectivement transféré chez eux (effectivement signifie : changement de région, de centre directeur, etc, ne m'en demandez pas plus, les arcanes administratives de ce pays me restent inaccessibles, ce qui est, régulièrement une excellente école d'humilité vu que, régulièrement, je ne comprends pas les justifications charabieuses qu'on m'oppose ce qui... se voit... Je devrais prendre des cours de marketing d'image, je sais. Mais c'est trop cher...Et puis franchement, je préfère passer pour un conne et pouvoir ainsi poser des questions... Des fois que cela pourrait un tout petit peu, un tout petit peu, nous faciliter la vie à tous... passons).
Ma demande faite, je déménage, paume plus ou moins les papiers dans la course, les retrouve... Et, enfin, me rend au fameux bureau... Un vague bout de papier collé sur la porte m'informe "fermé pour cause de travaux...". Ha... Et jusqu'à ? Mystère, pas de date limite (cela fait trois fois que j'y passe, et le bout de papier qui a pris la pluie, est, miracle, toujours là, égal à lui même)... Et entre temps, évidemment, je n'ai reçu aucun courrier... Donc mon livret doit de nouveau "flotter" dans les limbes administratives françaises auxquelles je ne pige que couic.
A ce qu'il paraît, toutes ces "emmerdes" sont dues au fait que la Poste est ruinée, cf Pierre Jovanovic, ce qui devrait m'inquiéter...
Mais j'ai beau me dire, "bon demain tu téléphones, ou tu vas dans un autre bureau...", ben, pour l'instant, mes pieds n'ont pas suivi. Ca me fatigue d'avance... De toute façon, à tous les coups, comme ce n'est pas "mon" bureau,"on" va me renvoyer à pétaochnoc...
Une petite emmerde de plus dans ma petite vie de franchouillarde qu'est-ce que ça peut bien faire ? Hein ?