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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 19:45

 

Banii-re-jackson.png

En bouquet de fin d'année, petit cadeau : les paroles de Earth Song de Michaël Jackson, traduites en français par le site Greatsong que je remercie. 


Qu'en est-il du lever du soleil
Qu'en est-il de la pluie
Qu'en est-il de toutes les choses
Que tu as dit que nous devions gagner
Qu'en est-il des champs de bataille
A notre époque... . c'est fou
Qu'en est-il de toutes les choses
Que tu as dit être les tiennes et les miennes
Ne vous êtes vous jamais arrêtés pour voir
Tout le sang que nous avons répandu précédemment
Ne vous êtes vous jamais arrêtés pour voir
La Terre qui pleure et les rivages éplorés ?
 
Aaaaaaaaah Aaaaaaaaah
Aaaaaaaaah Aaaaaaaaah
 
Qu'avons-nous fait au monde
Regarde ce que nous avons fait
Qu'en est-il de toute la paix
Que tu as promis à ton fils unique
Qu'en est-il des champs fleuris
A notre époque... . c'est fou
Qu'en est-il de tous les rêves
Que tu disais être les tiens et les miens
Ne vous êtes vous jamais arrêtés pour voir
Tous les enfants morts de la guerre
Ne vous êtes vous jamais arrêtés pour voir
La Terre qui pleure et les rivages éplorés
 
Aaaaaaaaah Aaaaaaaaah
Aaaaaaaaah Aaaaaaaaah
 
Je rêvais
Je jetais un coup d'oeil au-delà des étoiles
Maintenant je ne sais pas où nous sommes
Bien que je sache que nous avons dérivé bien loin
 
Aaaaaaaaah Aaaaaaaaah
Aaaaaaaaah Aaaaaaaaah
Aaaaaaaaah Aaaaaaaaah
Aaaaaaaaah Aaaaaaaaah
 
Hey, qu'en est-il d'hier
(Qu'en est-il de nous)
Qu'en est-il des mers
(Qu'en est-il de nous)
Les cieux sont en train de s'effondrer
(Qu'en est-il de nous)
Je ne peux plus respirer
(Qu'en est-il de nous)
Qu'en est-il de la Terre saignante
(Qu'en est-il de nous)
Ne pouvons-nous pas sentir ses blessures
(Qu'en est-il de nous)
Qu'en est-il de la valeur de la nature
(ooo, ooo)
C'est le nombril de notre planète (1)
(Qu'en est-il de nous)
Qu'en est-il des animaux
(Qu'en est-il de ça)
Nous avons changé les royaumes en poussière
(Qu'en est-il de nous)
Qu'en est-il des éléphants
(Qu'en est-il de nous)
Avons nous perdu leur confiance
(Qu'en est-il de nous)
Qu'en est-il des baleines sanglotantes
(Qu'en est-il de nous)
Nous ravageons les mers
(Qu'en est-il de nous)
Qu'en est-il des chemins forestiers
(ooo, ooo)
Brûlés malgré nos appels
(Qu'en est-il de nous)
Qu'en est-il de la Terre Sainte
(Qu'en est-il de ça)
Déchirée par la croyance
(Qu'en est-il de nous)
Qu'en est-il de l'homme commun
(Qu'en est-il de nous)

 

Ne pouvons-nous pas le rendre libre
(Qu'en est-il de nous)
Qu'en est-il des enfants mourant
(Qu'en est-il de nous)
Ne pouvons-nous pas les entendre pleurer
(Qu'en est-il de nous)
Où nous sommes-nous trompés
(ooo, ooo)
Que quelqu'un me dise pourquoi
(Qu'en est-il de nous)
Qu'en est-il des bébés
(Qu'en est-il de ça)
Qu'en est-il des jours
(Qu'en est-il de nous)
Qu'en est-il de toutes leurs joies
(Qu'en est-il de nous)
Qu'en est-il de l'homme
(Qu'en est-il de nous)
Qu'en est-il de l'homme pleurant
(Qu'en est-il de nous)
Qu'en est-il d'Abraham
(Qu'en est-il de nous)
Que dire de plus sur la mort
(ooo, ooo)
Nous en foutons-nous ?
 
Aaaaaaaaah Aaaaaaaaah
 
(1) Littéralement, womb signifie utérus ou matrice.

Voir le clip 

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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 19:50



Dernier article de la série Michaël Jackson
.
Pour rappel : le thème de cet article n'est ni Michaël Jackson en tant que tel, ni la société "ordinaire", mais le miroir que le personnage Michaël Jackson tend à notre société médiatiquement orchestrée. (Afin de ne pas submerger ce texte de références je renvoie, pour Michaël Jackson, aux sources exposées en abondance sur le web ; pour le fond, aux œuvres d'Hannah Arendt, Norbert Elias, René Girard, Peter Sloterdijk et Paul Virilio).

2-4

Frontières brouillées, mondialisation, initiation

 

Michaël Jakson a été (presque) le premier artiste à utiliser la technique du morphing dans ses clips.
Or, comme nous allons le voir, sa vie est en elle-même un "morphing" incarné : l'exemple vivant d'une métamorphose individuelle,  d'un devenir "soi", bref d'un accomplissement (au sens propre : devenir "complet").
Ou, pour le dire autrement, d'une initiation.

***
L'homme est un "pont" entre la terre et le ciel, le bas et le haut:

Grâce au morphing , Michaël Jackson s'est, au travers de ses clips, visuellement transformé en monstre nocturne, en mort vivant, en ange, en panthère, et même en peluche, faisant ainsi sauter les frontières entre:
> les vivants et les morts (Triller, son plus gros succès mondial);
> l'homme et l'animal (
panther's dance);
> l'homme et l'ange, entre l'homme et l'Esprit (
You are not alone);
> l'homme et l'artifice (via Moon walker où il se tranforme en lapin en peluche).
Il nous a ainsi donné à voir l'homme comme un "pont" entre le ciel et la terre, pouvant relier en lui différents niveaux de conscience et d'existence,  ainsi que n'ont cessé de l'affirmer toutes les traditions spirituelles du monde. Sans oublier les mises en garde de ces mêmes traditions : l'artifice peut "prendre corps", ainsi que le rapportent l'histoire du Golem et celle de Pygmalion, par exemple.
 

L'homme peut (et doit?) devenir pleinement "humain".
Que dit-on au juste lorsque l'on dit de telle ou telle personne qu'elle est "profondément humaine" si ce n'est qu'elle rayonne une qualité de présence particulière auprès de laquelle chacun peut se sentir "chez soi" quels que soient son genre, sa couleur de peau, ses origines, son statut social, son apparence, etc. ? Une qualité de présence aussi précieuse que rare, ouverte à toutes les différences, celle des saints, des sages, etc...

Une qualité de présence que Michaël Jackson nous a aussi donnée à voir. Outre les liens entre le haut et le bas, le morphing lui a permis de lier entre elles les différentes facettes de l'humain (ex : Black or White) :
> l'humain blanc, noir, rouge, jaune, 
> l'humain homme ou femme.

Or Michaël Jackson ne s'est pas contenté de "morpher" cette humanité commune de l'homme. Il l'a aussi incarnée, faisant sauter, en lui, les frontières entre :

> l'homme blanc et l'homme noir;
> l'homme et la femme;
> l'âge et la jeunesse.

> ainsi qu'entre les différences culturelles et cultuelles au travers ses différentes "obédiences" religieuses — né dans une famille chrétienne, épousant une juïve, se convertissant à l'islam.
 

 

Devenir pleinement "humain" c'est aussi embrasser toutes les facettes psychiques de l'Homme.

On ne peut comprendre la peur, si on ne l'a pas éprouvée. On ne peut comprendre la colère, si on ne l'a pas éprouvée. On ne peut comprendre l'amour si on ne l'a pas éprouvé. Et comprendre c'est "prendre en soi", "faire sien", "contenir". Ainsi parlent les sagesses du monde, et l'icône de Michaël Jackson dont la voix lie :
> tendresse pure et rage totale ;
dont l'image lie :
> culpabilité et innocence;
> célébrité et isolement;
> gloire et misère.

***

Une métamorphose en "live" 
D’un point de vue plus socio-historique, on pourrait dire que c’est comme si l’ouverture et l’éclatement que la mondialisation impose à tous nos repères s’étaient incarnées en Michaël Jackson (et dans son œuvre) de A à Z.
Certes. Mais si cette « universalisation » peut être décrite en terme de catégories (mégalopoles et désert, animal et ange, couleurs de peau, genres, etc.) soit sous une forme spatiale, il ne faut pas oublier qu’elle s’est opérée pas à pas, sous une forme temporelle.

Ceux qui, en effet, ont suivi la carrière de Michaël Jackson ont pu assister à sa lente métamorphose. 
Or, grâce aux nouveaux types de mémoires (audiovisuelles) dont nous disposons aujourd'hui chacun peut revisiter cette lente métamorphose en accéléré : et là
on est devant un véritable morphing en "live"!  Là, il ne s'agit plus d'un artifice, d'une simple manipulation d'images. On assiste au processus de métamorphose d'une personne très spéciale nommée Michaël Jackson.

Spéciale en quoi ? En ce que plus elle s'est distinguée (devenue "unique"), plus elle s'est universalisée. Ce qui est la marque même de ce que le psychiatre C.G.Jung a appelé "processus d'individuation"  (autre nom de l'initiation psycho-spirituelle), où plus l'on devient "soi" (et non pas moi), plus on s'élargit.

 

Bref, Michaël Jackson s'est présenté et développé comme un être singulier, planétaire et paradoxal, c'est-à-dire humain. 
Comment ne pas s'y reconnaître un peu ?
La "mondialisation" qui sape nos repères et nos esprits de clocher au profit d'une sorte de mealting pot géant ne nous met-elle pas, tout comme lui, au défi d'un radical "devenir soi" (et non pas "moi") ?
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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 11:10



Pour rappel (cf intro) : le thème de cet article n'est ni Michaël Jackson en tant que tel, ni la société "ordinaire", mais le miroir  que le personnage Michaël Jackson tend à notre société médiatiquement orchestrée. (Afin de ne pas submerger ce texte de références je renvoie, pour Michaël Jackson, aux sources exposées en abondance sur le web ; pour le fond, aux œuvres d'Hannah Arendt, Norbert Elias, René Girard, Peter Sloterdijk et Paul Virilio).

 Ce troisième chapitre de la deuxième partie de notre étude est présenté en trois grands sous-chapitres.

 A- La pédophilie post-moderne comme expression du refoulé

 B- La pédophilie post moderne comme adhésion au médiatique

 C - Petite plongée dans les arcanes de la trinité  "sexe, innocence et sérial violeurs" qui domine nos fictions policières.


— 2.3 —

Une société pédophile : entre culpabilité et innocence

 Que demandent nos sociétés à ces mannequins dont elles ne cessent de brandir l'image, et qu'elle veut de plus en plus jeunes, si ce n'est d'être de "parfaits objets du désir" ?

Or ces corps jeunes érigés en objets idéaux du désir, ne sont-ils pas aussi et conjointement ceux  que leurs aînés ont voulu habituer, en somme former, à une sexualité décomplexée ?
A force d'imposer le sexe partout, d'en exposer, vanter, détailler, débattre et décrire les techniques les plus crues n'a-t-on pas volé leur "innocence" — c'est-à-dire leur cœur—, à nombre de générations sous prétexte de "lever des tabous périmés" — dont l'exécrable manie, essentiellement féminine, de vouloir lier amour et sexualité ?

C'est évident, mais qui a envie d'y faire face ?

Mikaël Jackson le fait pour nous de manière aussi magistrale que terrible.

C- Petite plongée dans les arcanes de la trinité dominante :"sexe, innocence et sérial violeurs"

Reprenons. Nos sociétés ont sacralisé l'enfance comme icône de la fragilité, de l'innocence, de la tendresse et de l'amour, dernier moyen d'en préserver l'existence.  La préserver de quoi ? Si ce n'est de la puissance marchande, prédatrice et symboliquement "violeuse d'intimité" des représentations dominantes que chacun porte en soi.

Enfant "intouchable" et  "obsession pour la perversion sexuelle"

Non assumée cette dualité ne peut que se projeter sur l'extérieur. C'est d'évidence le cas. Les séries policières qui forment le plus gros des distractions télévisuelles sont de plus en plus obsédées par des "monstres sexuels" s'attaquant à des enfants innocents et sans défense…. Souvent de très jeunes filles d'ailleurs, en conformité avec le voyeurisme ambiant.

L'enfant-victime sacrifié au monstre médiatique

Or c'est  d'évidence cette même dualité (enfant innocent/monstre médiatique) que les procès retentissants contre Michaël Jackson pour abus sexuel sur mineur ont mis en scène. Démonstration.

La "victime" du premier procès intenté contre Michaël Jackson, Jordan Chandler (13-14 ans), était un ami de ce dernier. Qu'il y ait eu attouchement ou non, en 1993, et bien que relaxé, Michaël Jackson donne 22 millions de dollars à la famille du plaignant (13-14 ans) contre le retrait de la plainte.
De là, à en conclure à sa culpabilité (acheter le silence), le pas fut vite franchi par les médias et "l'esprit du temps" ci-dessus décrit.

Quelle meilleure manière d'étouffer (massivement) la terrible question que cette transaction pose à nos sociétés : la prostitution de l'enfant-victime au monstre médiatique. 

Tout d’abord une évidence : pouvoir attaquer une star de telle ampleur sur ce délicat sujet ne peut que rapporter gros. (Bien sûr, il faut pouvoir le faire, cas de la famille Chandler ayant vécu avec Michaël Jackson).

Mais plus radicalement, de deux choses l'une : soit il y a eu, soit il n'y a pas eu abus sexuel. Or, dans les deux cas, c'est la victime désignée par le procès, qui en fait les frais ! En effet :

- Si point d'abus, quoi de plus destructeur pour cet ami de Michaël Jackson que de devoir l'accuser, au profit de ses parents ?

- Si toutefois abus il y avait effectivement eu, le petit Jordan Chandler, n'en aura été jamais été reconnu victime… "On" — parents au premier chef — a traqué le "monstre médiatique Jackson", en "oubliant" la réelle réparation de la victime. Pourquoi ? Pour de l'argent. Est-ce là le choix de parents réellement soucieux de la santé psychique de leur enfant ? Sûrement pas.

Un comble pour un procès de cette nature ! D’ailleurs est-ce à la victime supposée ou au « monstre médiatique » que sont intéressés les médias ?

Même processus dans les séries télévisuelles qui se focalisent sur la traque du sérial violeur (traque d’autant plus héroïques que ses méfaits antérieurs y sont complaisamment étalés, par le biais de cadavres mutilés par exemple). A la fin, sa dernière victime potentielle, miraculeusement sauvée par les traqueurs du monstre, semble n'avoir d'autre rôle que de les glorifier. Motus sur son traumatisme.

Horrible paradoxe d'une société qui faute de faire sienne les valeurs de fragilité, de tendresse et d'innocence, livre en pâture à sa cupidité et à sa haine l'accusé autant que la victime qu'elle est sensée défendre…

L'enfance, un monde par nature "assexué".
Loin du monde des adultes, cela veut dire aussi, loin de cette sexualité ostentatoire dont notre monde ne cesse de faire ses choux gras. Si pratiquement toutes les grandes stars rock ont fait étalage d'une sexualité débridée et tapageuse, rien de tel du côté de Michaël Jackson, au contraire plus que discret à ce sujet.

Bien qu'ayant été accusé par deux fois (et par deux fois acquitté), d'attouchements sexuels sur mineurs — aujourd'hui totalement remises en cause —  "on" s'accorde aujourd'hui à penser (ou réaliser ?) qu'au fond Michaël n'était pas porté sur le sexe. 

Cette perspective expliquerait en tout cas le caractère proprement poignant du témoignage télévisuel que Michaël Jackson, visiblement très profondément choqué et humilié, fit de  l'auscultation "intime" qu'on lui imposa : une sorte de viol institutionnel, dont il ne s'est jamais remis, ni comme personne, ni comme artiste. Ses proches et ses biographes s'accordent sur ce point : il y a un Michaël Jackson d'avant et un Michaël Jackson d'après ce premier procès de 1993.  C'est à partir de là, à 37 ans, qu'il commence à s'intoxiquer avec des médicaments anti-stress, au point qu'il devra interrompre sa tournée (Dangerous World Tour), avant de pratiquement se retirer de la scène dès 1996-1997. Le second procès (2003) l'achèvera. Après son acquittement en 2005, Michaël Jackson quitte Neverland, ne supportant plus sa maison violée, et s'enfonce dans l'errance… Jusqu'à la fin tragique qu'on lui connaît.

Michaël Jackson, une star mondiale non portée sur le sexe ?Un adulte assexué ? Ou tout ce qu'il y a de plus banal ? Une bête de scène, mais timide ? Au regard de notre gavage visuel et médiatique de sexe et de puissance quelle offense ! Non ?

Face à l'idôlatrie pour le sexe, une nouvelle tendance : l'a-sexualité.

Sans doute. Mais en cela n'est-il pas aussi le "symptôme" d'une dissidence souterraine ? On doit en tout cas se poser la question : les nouvelles générations tendent à opposer un refus pur et simple de ce sexe pour le sexe qui, parce qu'il l'en évacue, détruit le cœur. Cette réaction porte un nom le "no sex", une "pratique" qui s'est largement répandue au sein la jeunesse occidentale ou occidentalisée…

Et tant mieux si le monde médiatique oppose un motus presque total au phénomène. Car un "scandale" à ce sujet serait un viol de plus…

 

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 20:58

Pour rappel (cf intro) : le thème de cet article n'est ni Michaël Jackson en tant que tel, ni la société "ordinaire", mais le miroir  que le personnage Michaël Jackson tend à notre société médiatiquement orchestrée. (Afin de ne pas submerger ce texte de références je renvoie, pour Michaël Jackson, aux sources exposées en abondance sur le web ; pour le fond, aux œuvres d'Hannah Arendt, Norbert Elias, René Girard, Peter Sloterdijk et Paul Virilio).

Ce troisième chapitre de la deuxième partie de notre étude sera présenté en trois grands sous-chapitres.

A- La pédophilie post-moderne comme expression du refoulé

B- La pédophilie post moderne comme adhésion au médiatique

C- Petite plongée dans les arcanes de la trinité  "sexe, innocence et sérial violeurs" qui domine nos fictions policières.


— 2.3 —

Une société pédophile : entre culpabilité et innocence

 Que l'on se penche sur l'enfance  et la vie de Michaël Jackson et le paradoxe qu'il incarne (voir article précédent : une star surmédiatisée aux enfants non médiatisés) se mue en vive mise en garde.
 

B - La pédophilie post-moderne comme adhésion au médiatique

 

Enfant idéalisée, enfant livré.

En effet, autant l'enfant "sacralisé" tend à être surprotégé du monde profane, autant l'enfant socialement idéalisé y est au contraire complaisamment "exposé" comme "objet d'admiration idéal", ainsi que le fut Michaël Jackson propulsé sur la scène publique dès l'âge de 11 ans.

Or combien de parents jettent-ils depuis quelques années leur progéniture en pâture à des émissions télévisuelles ou à des concours publics plus ou moins douteux comme, par exemple, ceux des "Little miss" qui font un véritable tabac aux Etats-Unis, que l'on retrouve en France, et partout.

Ces adorables miniatures de nous-mêmes, en tous points parfaites, performantes et battantes, ne nous flattent-elles pas au plus haut point ?
La dernière mode, celle des enfants de stars qui sévit depuis une dizaine d'années en est une preuve aussi flagrante que terrible.

 

Enfance idéalisée, enfance vendue…

Plus globalement, notre société n'a-t-elle pas fait des jeunes classes d'âge l'un des marchés mondiaux les plus juteux de la planète? N'a-t-elle pas instrumentalisé leur image pour vendre le plus possible tout et n'importe quoi, ce qui est clairement une forme moderne, ludique et indirecte de prostitution enfantine ?

La dernière publicité d'Evian ne suggère-t-elle aux adultes que nous sommes, que la meilleure façon de recouvrer sa jeunesse est d'avaler les bébés dynamiques que cache son eau miraculeuse ? 

Plus encore, notre société va-t-elle pas jusqu'à fouiller dans les embryons, en quête de cellules souches pour se rajeunir, se cloner, se rendre immortelle ? 

… et enfant marchandise…

En érigeant, par ailleurs "le désir d'enfant" en une sorte de droit psychique inaliénable, ne s'est-elle pas autorisé à faire de l'enfant un objet que chacun peut s'offrir grâce aux techniques sexuelles de la fécondation in vitro, des banques de sperme, du "don" d'ovule, des mères porteuses ?
 

tendances que Michaël Jackson incarne autant qu'il les déjoue.

Le Roi de la Pop a usé de cette étrange possibilité : ses trois enfants seraient tous issus de mères artificiellement inséminées, dont, pour le dernier, une mère porteuse.

Mais du même geste, il en a discrètement dénoncé — en la refusant — l'intention possessivo-narcissique qui sous-tend nos pratiques : aucun de ses enfants n'est de SON sperme. Ses enfants ne sont pas SA descendance, mais, en somme, les enfants qu'il a choisi d'adopter…  Et, même si certains esprits ont supposé qu'il s'était pour ainsi dire refait une virginité en devenant papa, du moins aucun de ses enfants ne lui a servi de faire-valoir, aucun n'a été livré à l'avidité médiatique…

Ce qui n'est le cas ni de Tom Cruise, ni de bien d'autres, dont les enfants, au contraire, font la une de la mode.


Significatif pour un fils dont le père s'appelait Joseph, nom de l'archétype même du père adoptif pour les civilisations judéo-chrétiennes.
 
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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 22:00


Pour rappel (cf intro) : le thème de cet article n'est ni Michaël Jackson en tant que tel, ni la société "ordinaire", mais le miroir  que le personnage Michaël Jackson tend à notre société médiatiquement orchestrée. (Afin de ne pas submerger ce texte de références je renvoie, pour Michaël Jackson, aux sources exposées en abondance sur le web ; pour le fond, aux œuvres d'Hannah Arendt, Norbert Elias, René Girard, Peter Sloterdijk et Paul Virilio).

 

Ce troisième chapitre (Une société pédophile : entre culpabilité et innocence) de la deuxième partie de notre étude sera présenté en trois grands sous-chapitres.

A- La pédophilie post-moderne comme expression du refoulé

B- La pédophilie post moderne comme adhésion au médiatique

C- Petite plongée dans les arcanes de la trinité  "sexe, innocence et sérial violeurs" qui domine nos fictions policières.

 

2.3 —

Une société pédophile : entre culpabilité et innocence

 

Comment ne pas voir que l'enfant est désormais au centre de nos sociétés, objet de toutes les attentions, de toutes les espérances ? Il suffit d'observer la place de plus en plus grande qui lui est faite dans le champ de la consommation et de la publicité — jouets, vêtements de marque, gadgets, produits alimentaires "adaptés", parcs d'attraction, etc — pour s'en rendre compte. Une fois perdus nos grands idéaux collectifs, y inclus religieux, nous avons fait de l'enfant notre suprême valeur, si ce n'est notre plus grand idéal.

C'est là la définition même de la pédophilie : l'amitié (philia) pour l'enfant (paidos). (Le terme est apparu dans les années 1970, pour désigner un amour chaste, dénué de toute connotation sexuelle, et le distinguer de la pédérastie). Aussi n'ayons pas peur de le dire, nos sociétés post-modernes sont essentiellement, profondément, pédophiles.

Jusque là, a priori, rien de mal, au contraire, non ? Quoi de plus évident que d'aimer l'enfance et les enfants au point d'en faire nos "petits rois", nos "petites princesses", nos "petits princes" ? Ainsi que Michaël Jackson, dont les 3 enfants s'appellent Prince Michaël Junior (1997), Paris Michaël (1998) et Prince Michaël II, surnommé Blanket (2002) ?

 

A -La pédophilie post-moderne comme expression du refoulé


Sauf qu'en même temps, pour les grands indépendants sexuellement libérés que nous sommes dans cette société de l'amusement, quoi de plus "infantile" que de rêver du prince ou de la princesse charmant(e) ? Il y a longtemps que nous avons troqué toutes ces mièvreries contre le sexe et l'argent. A nos yeux, l'amour et la tendresse,  choses un peu ridicules, sont tout justes bonnes pour les enfants et les animaux.

 

L'enfant et l'animal, ultimes refuges de ce qui nous reste d'humanité?

Que le fabuleux développement du marché de l'enfance trouve dans le marché des animaux domestiques — particulièrement de ces grands câlins inconditionnels que sont les chiens et les chats —, un parallèle complet, avec ses tenues, ses jeux, ses aliments, ses soins esthétiques, et même ses pubs  "adaptés"—, prouve, s'il en était besoin, l'association symbolique que nous faisons entre l'enfant et l'animal.

Or c'est de ce côté là que se place très vite Michaël Jackson. Ce qu'il aime avant tout ce sont les enfants et les animaux. Nerverland est leur royaume et le sien. Il veut vivre avec eux, loin du monde violent des adultes que son succès lui rend d'ailleurs intenable.

En vérité idem de notre côté. Au Japon des salons de thé offrent aux consommateurs des chats à câliner… Un peu partout la mode des peluches a gagné les adultes. L'animal domestique a pris une place de plus en plus choyée, au même titre que l'enfant dont nous avons fait "l'icône" de ce qui nous reste d'humanité.

 

L'enfant et l'animal ou notre soif de tendresse et d'amour… inconditionnels

Qu'aimons-nous au juste, et si ostentatoirement dans les figures de l'enfant et de l'animal domestique, si ce n'est la fragilité et l'innocence que nos représentations dominantes ont exclues de notre condition de "grands indépendants et sexuellement libérés" ?  Si ce n'est cette fragilité "objectivement justifiée" qui seule permet aux "grands battants" que nous sommes, de remettre repos, consolation et dépendance en jeu? Si ce n'est cette innocence "fantasmatiquement justifiée" qui seule permet, si ce n'est exige, de faire tomber nos masques et recouvrer notre entièreté ?

Plus directement : que demandons-nous à nos petites idoles (enfants, chiens, chats…) d'incarner au juste ? Si ce n'est un amour et une tendresse inconditionnelles…

Soyons lucides, c'est proprement inhumain. Seuls les dieux sont capables d'un tel amour (dont semblent souvent plus proches chiens et chats que bambins).

 

Enfance sacralisée, enfant "intouchable"

Bref, loin d'être "rationnel", l'amour que nos sociétés portent aux enfants est une sacralisation de ce qu'à la fois elles refoulent et tentent de protéger d'elles mêmes en le "mettant à part", dans le "monde de l'enfance".

Ce qui est la définition même du sacré :  chose absolument séparée d'avec le monde ordinaire — soit le monde "profane" — dont elle doit être absolument protégé des souillures, du regard, etc…

 

Une fois encore, quel fabuleux miroir pour nos sociétés que ce Michaël Jackson qui, jusqu'à son dernier souffle, a protégé  les siens de tout regard profane, en leur recouvrant systématiquement le visage à chaque sortie publique !

Quel paradoxe que cette performance ! L'objet médiatique le plus convoité du monde opposant aux paparazzis une résistance exemplaire concernant ses propres enfants !

A contrario de la "nouvelle mode" actuelle  des stars, notons-le, qui, maintenant rivalisent par enfants interposés, les "mini-people"….

 

Comme le remarquait déjà Hannah Arendt, c'est, de fait, en ce sens que nous avons orienté nos approches éducatives où les enfants sont conçus comme devant vivre "dans le monde de l'enfance", dans leur royaume, avec tous les méfaits éducatifs conséquents dont elle nous avait prévenus…

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 13:15


 

2- Seconde partie : Michaël Jackson, un redoutable miroir

Pour rappel (cf intro) : le thème de cet article n'est ni Michaël Jackson en tant que tel, ni la société "ordinaire", mais le miroir  que le personnage Michaël Jackson tend à notre société médiatiquement orchestrée. (Afin de ne pas submerger ce texte de références je renvoie, pour Michaël Jackson, aux sources exposées en abondance sur le web ; pour le fond, aux œuvres d'Hannah Arendt, Norbert Elias, René Girard, Peter Sloterdijk et Paul Virilio).
Ce second article de la seconde partie, fait suite au 2.1.

 

— 2.2 —

Michaël Jackson ou l'Occident versus Peter Pan


C'est dans la folle réalisation d'un rêve (pour lui clairement auto-réparateur de sa propre enfance) — créer un lieu paradisiaque dédié aux enfants qui soit aussi SA maison —  que Michaël Jackson a dépensé le plus gros de sa fortune. En 1988 il achète et aménage le ranch de Neverland, nom tiré du pays imaginaire de Peter Pan où les enfants ne grandissent jamais, et l'entretient durant des années.

D'où ces remarques médiatiques récurrentes selon lesquelles l'artiste s'était un peu trop pris au jeu de Peter Pan. Une sorte de pathologie qu'on lui pardonne parce qu'il s'agit d'une lubie d'artiste…

Une lubie d'artiste ? 

 

Michaël Jackson et l'Occident au pays des Bisounours

Désolée, mais c'est une tendance de fond de la société occidentale. 
Michaël Jackson n'est pas le seul à s'être offert un "pays imaginaire"

Combien de parcs à thème de ce genre ont-ils rempli les Etats-Unis, l'Europe (Disneyland Paris par exemple, le parc Astérix, le Futuroscope) et tout ce qui s'est "occidentalisé" ces dernières décennies ?  Sans parler de ces autres pays de rêve totalement ludiques (Loft-story, Kho Lanta, L'île de la tentation — pardon pour d'éventuelles erreurs d'orthographe...) diffusés à longueur de journée sur nos chaînes télévisées...


Des générations d'enfants-rois, une première dans l'histoire. 

Comment en sommes nous arrivés là ? Un bref regard en arrière et tout s'éclaire. Grâce à la mondialisation naissante de l'après-guerre et aux évolutions technologiques fulgurantes propulsées par cette dernière, les papy boomers des 30 glorieuses ont vu le paradis descendre sur terre ! Congés payés, sécurité sociale, retraite, plein emploi, croissance exponentielle de biens et de services accessibles à tous : précarité éradiquée[1] et pénibilité de vivre réduite, une première sans précédent historique !

Société de l'amusement et "merveilleux pays"

Quoi d'étonnant à ce que ce type inédit de société mette l'insouciance au premier plan ? Qu'on y désire plus que tout rester jeunes et s'amuser comme des enfants jusqu'à la fin ? (Cf le "principe de la gâterie" mis en lumière par Peter Sloterdijk). Au point de la baptiser "société des loisirs"?

En tout cas, la floraison des parcs à thèmes, pays de rêve et autres "voyages merveilleux" reflète on ne peut mieux cette aspiration généralisée. Vu leur coût de construction, il faut bien que leur attractivité soit financièrement des plus juteuses… 
 

Le "petit " déjouement de Michaël Jackson

Mais contrairement aux autres constructeurs, concepteurs ou managers de parcs du genre, Michaël Jackson, n'a jamais "exploité" la tendance. L'entrée de Neverland, était gratuite et le domaine authentiquement dédié aux enfants… Aux frais de la star… Jusqu'à la ruine…
 

Société de l'amusement et culte de l'enfants roi…

Mais revenons à nos inédites sociétés des loisirs.

N'est-ce pas leur aspiration généralisée à une "vie de rêve" que cristallisent ces enfants-rois types que sont les  stars — avec leurs extravagances, leurs éclats, leur liberté, leurs folles dépenses — et particulièrement les stars du rock, dont chacun rêve secrètement d'avoir la vie ? Et mieux que tout autre, Michaël Jackson surnommé le Roi de la Pop ?

Certes, mais l'idéal de l'enfant-roi à son revers, ou plutôt ses revers.


L'avenir sacrifié sur l'autel d'un jouissif présent.

Car des parents aspirant plus ou moins ouvertement à s'amuser comme des enfants rois, ce qui implique la satisfaction immédiate de leurs désirs et de leurs fantaisies, ne peuvent "élever" leurs propres enfants, vu que cette tâche exige, au contraire, patience, sens des conséquences, capacité de poser des limites claires, et vision à long terme.

Et quand ce sont une ou plusieurs générations entières — comme en Occident celles de l'après-guerre—, qui aspirent au statut d'enfant roi ? alors la société dans son ensemble ne peut que se voir grévée du sens des responsabilités au profit d'une politique du coup par coup.

Les dettes monstrueuses et la dévastation de la nature que les sociétés occidentales (et occidentalisées) laissent aux générations suivantes, sont l'une des conséquences de l'ivresse qui s'est d'évidence  emparé des générations occidentales d'après-guerre. 



La massive "démission des parents" par rapport à des enfants "devenus intenables" qui inquiète les pédopsychiatres depuis une bonne vingtaine d'années, en est une autre et y fait suite[1]

 

Vers une fin annoncée et déniée…?

Bien qu'encore savamment masqués par le discours dominant, mal logement, précarité et misère reviennent sur les jolis tapis des sociétés de loisirs…


Sauf, bien sûr, pour ceux qui, dotés d'une retraite "correcte" (ou membres du petit cercle des dominants ) et d'un solide ancrage dans la politique de l'autruche (résidences secondaires, voyages, croisières, activités de loisir, cures en tous genres...)

peuvent se permettre d'y rester.

Ce n'était, paradoxalement, pas le cas de Michaël Jackson qui dût accepter pour se "refaire" une tournée de 50 concerts au-dessus de ses forces physiques… Une tournée qui, parce qu'annoncée, l'a, semble-t-il, rendu plus rentable mort que vivant… A l'image de nos économies moribondes

 

[1] L'Enfant, chef de la famille. L'autorité de l'infantile. D.Marcelli, éd. LGF/Livre de poche, 2006

 



[1] Cf Castells. 

 

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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 22:11



2- Seconde partie : Michaël Jackson, un redoutable miroir

Pour rappel (cf intro) : le thème de cet article n'est ni Michaël Jackson en tant que tel, ni la société "ordinaire", mais le miroir  que le personnage Michaël Jackson tend à notre société médiatiquement orchestrée. (Afin de ne pas submerger ce texte de références je renvoie, pour Michaël Jackson, aux sources exposées en abondance sur le web ; pour le fond, aux œuvres d'Hannah Arendt, Norbert Elias, René Girard, Peter Sloterdijk et Paul Virilio).

Ce premier article de la seconde partie, fait suite au 1-3.

 

 

— 2.1 —

Incapacité ou refus de "faire avec" la vie telle qu'elle est.

 

"On n'échappe pas à son époque". Or, à notre époque, le pouvoir dominant est désormais entre les mains des médias audio-visuels.  Que nous l'admettions ou non, ce sont les "images" et leurs commentaires, administrés par ces médias, qui façonnent notre conception de la vie et de l'Homme.

A partir de là, revenons à la question cadre de cette seconde partie de notre réflexion : quel mal au juste — ce malaise qu'en vérité nous partageons avec Michaël Jackson et qu'il nous révèle — expriment les "symptômes" abordés en première partie.

Abordée sous l'angle individuel en 1.3, la première réponse qui s'impose est très simple : nos sociétés médiatiquement orchestrées ne tolèrent plus de la vie que  ce qu'elles en estiment "positif" (jeunesse, sourire, Rollex etc) et ne veulent rien avoir affaire avec ce qu'elles en estiment "négatif" : son lot de violences, de morts, de maladies, de faiblesses, de laideurs, d'échecs, d'erreurs, de trahisons, de pauvreté, de pesanteur, de tristesse, de désespoir, de peur, d'humiliations, de honte, de haine, de précarité[1], de  mensonges, d'injustices de magouilles et j'en passe...

 

La post-modernité n'assume plus le "mal", elle le projette "ailleurs"…

Il faut mesurer combien cette façon d'avancer en "zappant" constitue une rupture radicale avec tout ce qui jusqu'à peu fondait la richesse et la force de notre civilisation.

En effet, alors que les deux grands courants spirituels — grec et judéo-chrétien — de la civilisation occidentale enseignaient aux hommes à faire avec le "mal" comme puissance à la fois intime et sociale que chacun avait à assumer tant dans son intériorité propre que dans ses actes, nos sociétés post-modernes le rejette "ailleurs", à l'extérieur d'elles-mêmes, si possible "loin" : dans des séries télévisées et des jeux vidéos hantés par des monstres "inhumains", sur des psychopathes évidemment inconfondables avec vous, moi ou le président de la République, sur des dictatures "exotiques" parce qu'issues d'autres traditions culturelles, sur des populations verbalement boutées hors de la cité (les "exclus" : littéralement "qui ont été chassés"), etc…


Bref, nous avons littéralement perdu les assises culturelles, éducatives, artistiques et spirituelles qui nous avaient jusqu'ici permis d'opposer au "mal humain" — cette réalité la mieux partagée du monde —, des garde-fous individuellement et collectivement assumés, au profit d'une illusion du "bien".


grâce à la magie incantatoire d'une Novlangue escamotant le réel.

Comment cette société post-moderne est-elle parvenue à ce clivage positif/négatif, ou pour le dire plus brutalement à cet escamotage du "mal" ?

Grâce à la magie incantatoire d'une novlangue massivement promue.
D'où que l'on voit le vocabulaire ambiant se contorsionner de manière saugrenue. Au lieu d'employer les termes adéquats — récession ou dépression — pour dire la très grave crise économique actuelle, la voilà qui invente des formules "positives" comme "croissance négative".

Elle ne dit plus "exploités" — terme impliquant des "exploiteurs"—  mais "travailleurs pauvres" comme s'il s'agissait de victimes malchanceuses d'injustices économiques aussi fatales qu'inexplicables, un peu comme le sont les victimes d'une tempête…

Elle tend de plus en plus à remplacer le verbe "gouverner" par un nom, "la gouvernance" ce qui a pour vertu d'évincer le sujet de l'action (tel président ou tel gouvernement par exemple), au profit d'une vague notion, humainement et géographiquement non situable — autre forme de virtualité. Au profit de qui ou de quoi ?

Elle assène litaniquement que le plus important est de restaurer la "confiance des ménages" pour que la consommation reparte, peu importe que ces derniers en soient objectivement incapables. (Au point que ceux qui dérogent à ce consensus puissent se voir chassés comme des malpropres, et sans jamais soulever sérieusement les vraies raisons de la nécessité de toujours plus consommer.

Il faut dire qu'elle est soutenue en cela par la mode du "développement personnel" issue du New-âge qui enseigne que quoi qu'il arrive, il faut rester zen, ne pas attacher d'importance au négatif, "rester positif, optimiste et confiant" afin de mobiliser les "bonnes ondes", celles qui, par magie, nous attireront argent, amour, succès, santé.

 

Exit critique, lucidité, questions, pensée…

Dans un tel contexte, quelle place pour la lucidité — et donc pour la pensée, la culture, la critique ? Ce monde du "tout va bien" peut-il encore tolérer ce type de capacité sans irritation ? Y est-il encore possible de "poser des questions" passant outre le consensus GrandMédiatique sans se faire ridiculiser comme "populiste", adepte d'éculées "théories du complot", "pessimiste", "négatif", "anarchiste" et autres mignardises du genre ?

Et pourquoi pas terroriste tant qu'on y est ?


Michaël Jackson ou l'art de Janus, le dieu aux deux visages. 


Or le génie de Michaël Jackson n'est-il pas de confondre ces deux nouvelles facettes du "bien" et du "mal" que nos sociétés post-modernes ont promues et clivées ? D'évidence, oui.


Un parfait "people" d'un côté…

Avant sa "chute finale", Michaël Jackson, était une parfaite incarnation du "bien" tel que le conçoit notre époque, un parfait "people" ; beau, jeune, souriant, riche et mondialement connu.

Sauf qu'en tant qu'artiste, Michël Jackson, loin d'avoir fui le "négatif", l'a au contraire littéralement "déterré" au cours de ses  spectacles, et largement mis en scène. Il suffit de se pencher sur ses plus grands succès (Thriller par exemple).
Pures fictions ?

…un artiste engagé de l'autre…

Non. Michaël Jackson était un artiste engagé (une expression évidemment si bien bannie de la Novlangue que non seulement elle est soigneusement esquivée mais de plus "suspecte"!)

Il n'a en effet, tout au long de sa carrière, cessé de dénoncer à sa manière des pans entiers de négativité, jusqu'à en être d'ailleurs censuré.

Parmi ces œuvres engagées, citons, outre la "censurée"  They Dont Care About Us (1995) qu'on pourrait traduire pas "ils en ont rien à foutre de nous" : en 1985, We are the World (co-écrite avec Lionel Richie, rassemblant une quarantaine de chanteurs), dont les bénéfices serviront à lutter contre la faim en Afrique; en 1991, Heal the World ou Black ans White ; en 1995, Earth Song (succès populaire plus que médiatique, notamment aux USA) : surpêche,  déforestation, pollution, guerres y sont exposées pour ainsi dire "avant l'heure" — bien avant Une vérité qui dérange de Al Gore sorti en 2006  par exemple — et la "solution" y est tout aussi clairement désignée comme possible, au prix d'un gros  effort de chacun et de tous.
 

Serait-ce là l'une des raisons de son succès : révéler, mais de biais, tous ces "cadavres" d'humanité accumulés dans nos jolis placards ?

En quelque sorte faire, par l'apparence,  "éclater les apparences" ?



[1] Voir à ce propos les travaux de R. Castel (Les métamorphoses de la question sociale) , qui nous rappellent que l'éradication que la précarité — grâce au transfert des anciennes solidarités sur des services d'Etat (sécu, retraitge, etc) — est un phénomène très récent (et probablement de courte durée).

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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 18:45
Initialement publié le 29/07, je le remet en avant pour les vacances...


Pour rappel (cf intro) : le thème de cet article n'est ni Michaël Jackson en tant que tel, ni la société "ordinaire", mais le miroir  que le personnage Michaël Jackson tend à notre société médiatiquement orchestrée. (Afin de ne pas submerger ce texte de références je renvoie, pour Michaël Jackson, aux sources exposées en abondance sur le web ; pour le fond, aux œuvres d'Hannah Arendt, Norbert Elias, René Girard, Peter Sloterdijk et Paul Virilio).
Cette partie d'article suit, dans l'ordre, l'introduction, le premier point,  et le second point. 


1- Première partie : En surface. A première vue.

—1.3 —

Un visage, un sourire, un salut derrière lesquels il n'est plus là,

ou le syndrome occidental du "faire semblant"

 

Que nous dit d'autre le dernier visage public de Michaël Jackson

Qu'il n'est pas là. Que ce n'est pas vraiment lui. Qu'il fait semblant pour nous faire plaisir, mais qu'il n'est plus là. D'ailleurs, il insiste d'emblée, mains en avant comme en signe de défense : ce sera son dernier baisser de rideau, "c'est tout".`

Ce  visage, ce sourire, ce salut derrière lesquels il n'est plus là, sont aussi les  nôtres.

Cette "absence d'être" hante notre société où — via la domination des images médiatiquement orchestrées, plus ou moins relayées par tous —, l'apparence a pris tant d'importance que peu importe le contenu pourvu qu'on ait l'enveloppe.

Chez nous, et de plus en plus, ça a la couleur de la vie, la forme de la vie, l'odeur de la vie, ça fait le bruit de la vie, mais ce n'est pas la vie. 

(Si concernant la réussite sociale, le pouvoir des apparences a toujours été grand, que l'on y regarde de près, et ce qui se passe aujourd'hui apparaît fort différent.
Nous vivons en effet à l'ère de la syntonisation mondiale des esprits, s'opérant via la nouvelle et très récente socio-technique de la télévision (doublée maintenant par celle d'Internet). Les conséquences à long terme de ces nouvelles socio-techniques de masse par rapport auxquelles nous n'avons pas de recul historique ou critique suffisant, seront, n'en doutons pas, aussi profondes que celles qui ont découlé de l'invention de l'imprimerie (cf Mac Luhan). )
 
D'où nos "souriez vous êtes filmé", nos "coocooning" et nos médicaments.

A force de diffuser ces images léchées "de ce qu'est la vie", de les perpétrer, d'y adhérer, si ce n'est de les exiger, nous nous sommes imposé l'idée qu'être "valable" — si ce n'est "vivant" — c'est être jeune, joyeux, léger (y inclus pas gros), dynamique, sûr de soi, confiant, positif, battant, performant, parfaitement "autonome", de bonne humeur, riche, sexuellement hyper-actif, etc... 

Résultat ? Le "reste" n'a plus sa place...

Sachant que les valeurs dominantes d'une société sont intériorisées par ses membres, que faire si, dans ce monde "parfait"', on est : triste, avachi(e), gros(se), fatigué(e), déprimé(e), pessimiste, de mauvais poil, au chômage, pauvre, en pétard, décontracté(e), angoissé(e), pas intéressé(e) sexuellement, pas assez "calculateur", dépendant ou trop âgé(e) tout simplement ?

Que faire avec "le reste" ? 

> S'absenter de soi-même pour faire "bonne figure" et "jouer le jeu" ?

Ce que d'évidence fait Michaël Jackson lors de cette dernière apparition publique. Et ce que, pour la plupart, nous faisons tous les jours, non sans un certain orgueil (ne pas embêter les autres avec ses problèmes, ne pas s'étaler, etc) caractéristique d'une société en perte d'humanité et de solidarité.

> Se terrer loin des regards ?

Ce qu'a aussi fait Michaël Jackson en se retirant à Neverland, et même "nulle part" à la fin de sa vie, loin de la scène publique. Faisons-nous autre chose avec notre goût pour le "coocooning" ? Non.

> Recourir à des médecines "chasse ce qui ne va pas" ?

Pourquoi pas ? Tout le monde le fait. Notre sur-consommation et notre sur-administration de médecines en tous genres, psys (anxyolitiques, somnifères, anti-dépresseurs, calmants...), esthétiques (chirurgie plastique, crèmes pour ceci ou cela, amaigrissants…), etc. — en témoigne.

Déjouement:
A priori, "le non être là" qui transpire de M.Jackson lors de sa dernière apparition publique, ne fait que reprendre les communes stratégies ci-dessus...
Sauf qu'en ne restant présent que quelques minutes, mains en avant comme en signe de défense tout en affirmant "c'est tout" (nom de la tournée qu'il avait programmée), Michaël Jackson semble assumer tout à fait lucidement le "jeu" qu'il joue comme étant, justement, un "jeu" factice.
Ne révèle-t-il pas ce faisant les douloureuses conséquences intimes et relationnelles de ces "images léchées de la vie" que nous nous imposons ? 
D'où son côté pathétique — qui, en vérité, serait aussi le nôtre, que nous en soyons conscients ou non ?

 

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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 13:56



Pour rappel (cf intro) : le thème de cet article n'est ni Michaël Jackson en tant que tel, ni la société "ordinaire", mais le miroir  que le personnage Michaël Jackson tend à notre société médiatiquement orchestrée. (Afin de ne pas submerger ce texte de références je renvoie, pour Michaël Jackson, aux sources exposées en abondance sur le web ; pour le fond, aux œuvres d'Hannah Arendt, Norbert Elias, René Girard, Peter Sloterdijk et Paul Virilio).
Cette partie d'article suit, dans l'ordre, l'introduction et le premier point. 


1- Première partie : En surface. A première vue.
 

— 1.2 —
Un visage d'enfant vieux,

terrible reflet du "jeunisme" ambiant.


Revenons au dernier Michaël Jackson. Que voyons-nous ?
Un visage faussement jeune. Un visage dont on se demande s'il est de chair ou de poupée, tant il a été artificiellement remodelé. 
Un visage qui met très mal à l'aise.
 

Ce visage est aussi celui de notre société.

Ce visage est celui d'une société qui, depuis une quarantaine d'années et sous la pression des médias dominants de l'image (télé, photo, cinéma), n'accorde de valeur qu'à des corps de plus en plus jeunes, minces, limites maigres, et parfaits.

Celui d'une société qui refuse la vieillesse, la maladie, la mort, l'imperfection.  

D'une société qui ne cesse de "corriger" le réel à coup de liftings, de lipo-sucions, de silicone, d'injections, de chirurgie, de chimie, de retouches photographiques, de "positivité", de mensonges et j'en passe.

D'une société où les vieux sont, si l'on grossit le trait, soit riches et "retouchés", soit pauvres et relégués dans des mouroirs à la limite de la décence.

D'une société où il vaut mieux être jeune, joli(e) et esthétiquement "clean" (pas un poil qui dépasse, pas une once de graisse, pas un ongle non contrôlé, cheveux ultratraités, lunettes de soleil, moue adéquate, vous voyez ce que je veux dire ?), que mûr, rond ou esthétiquement décontracté.

Et au diable expérience, compétence, connaissance et sagesse !

Déjouement

La première intervention chirurgicale pratiquée sur le nez de la star a été initialement motivée par le fait qu'il s'était cassé le nez. Une autre a été nécessaire lorsque, suite à un accident de plateau, il se brûla le cuir chevelu au troisième degré. Quant au blanchiment de sa peau, Michaël Jackson n'a cessé d'affirmer qu'il était rendu nécessaire par un vitiligo.

Alors souci esthétique ou nécessité médicale ? 
Et bien peu importe, au contraire ! Ouvrons les yeux !

Un visage à l'image de nos dérives bio-sociales

Ce mélange des genres (médecine / esthétique) reflète on ne peut mieux l'emprise récente des bio-techniques sur les esprits :  transformer en  "problèmes de santé", des "qualités" malvenues.
Convertir nos petits défauts corporels (avoir des gros seins, des ongles striés, des tâches de rousseur, un gros nez, etc.), ou psychiques  (être triste, nerveux, hyper-actif, grande gueule, etc…). en véritables "déviances bio-sociales"!

N'est-ce pas à cette dérive proprement "déshumanisante" que nous renvoie le dernier Michaël Jackson ?
Sans aucun doute. 

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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 13:00

Pour rappel (cf intro) : le thème de cet article n'est ni Michaël Jackson en tant que tel, ni la société "ordinaire", mais le miroir  que le personnage Michaël Jackson tend à notre société médiatiquement orchestrée. (Afin de ne pas submerger ce texte de références je renvoie, pour Michaël Jackson, aux sources exposées en abondance sur le web ; pour le fond, aux œuvres d'Hannah Arendt, Norbert Elias, René Girard, Peter Sloterdijk et Paul Virilio).
Ce premier article de la première partie fait suite à l'introduction.

1- Première partie : En surface. A première vue. 

—1.1—

Un self made man ruiné, image de l'Amérique — et par delà d'elle de toute la société occidentale — d'aujourd'hui. 

 

En tant que noir américain "issu de la rue", Mikaël Jackson est une incarnation quasi  caricaturale du mythe social américain du self-made man. C'est à son travail, à sa ténacité et à son talent propres qu'il doit son succès et à rien d'autre.
Tout comme l'Amérique...

Et ce succès se déploie l'échelle mondiale, tout comme la culture Américaine s'est imposée dans le monde entier ces cinquante dernières années, grâce entre autres à l'emprise croissante des mass médias audio-visuels sur la culture.

 

Ok. Sur ce, que fait-il de sa fortune ? Non seulement il n'en épargne rien, la dépense toute, mais, en plus, il s'endette. Et laisse d'énormes dettes derrière lui.
Comme l'ont fait l'Amérique et les Américains depuis des années, jusqu'à se trouver endettés jusqu'au cou. Et comme y ont poussé leurs citoyens la plupart des Etats occidentaux ou occidentalisés, très notamment par le biais de  l'achat immobilier.

 

Déjouements
A priori le parallèle est parfait entre la star et son pays. Sauf que, comme nulle autre star, Michaël Jackson doit aussi son succès à sa famille et à sa fratrie, brisant ainsi discrètement le mythe du self-made man qui semble l'auréoler de sa gloire. D'autant qu'il a su s'associer à bien des gens de talent, et — pour par exemple "We are the world"— les rassembler autour d'un projet commun.

Autre remarque ; le montant de ses dettes précisé ici et là dans la presse (entre 400 et 500 millions de dollars) correspond aux dons fait par l'artiste à nombre d'associations caritatives tout au long de sa vie, fait peu relevé par les médias. 

Enfin, derrière ses dettes, nombre d'actifs et de recettes à venir (notamment dûs à l'explosion des ventes de disques depuis sa mort…)

Une image plus cruciale

Allons un cran plus loin : Michaël Jackson s'endette au point de se retrouver pieds et poings liés à ses débiteurs. Condamné, selon nombre de sources, à assurer 50 concerts alors que sa santé ne le lui permets pas, ou à peine, le Roi de la Pop aurait fini esclave de la finance…

Est-ce le danger qui nous guette : finir esclaves de l'oligarchie financière mondiale faute d'avoir fermement refusé  — par goût de la facilité et de l'insouciance — la perte de souveraineté des Etats sur leur propre monnaie au profit d'intérêts privés ?

Mais Michaël Jackson, lui, n'a finalement pas été soumis à cet esclavage. Quelles qu'en soient les raisons, il a tiré sa révérence avant sa dernière tournée "This is it" que l'on peut traduire par "C'est tout" ou par "C'est fini", au choix… 
A méditer... 

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  • : Un regard ethnologique et artistique sur les dysfonctionnements quotidiens en France, comme par exemple l'emprise dérégulant des hots-lines, les incessantes trangressions des règles, les solutions bloquées par la rigidité idiote des catégories administratives. Bref les raisons de la lassitude et de la passivité politique des Français.
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La "dérégulation", une histoire lointaine ?
 Non. C'est au quotidien qu'elle s'impose !

De nouvelles pratiques sociales — notamment les hot-lines et les centres d'appels, ou l'usage administratif et commercial d'Internet, pour ne parler que d'elles — sont subrepticement devenues sources d'une multitude d'abus de pouvoir relativement invisibles, d'illégalités sourdes, d'arnaques silencieuses.

Ces "minuscules" dysfonctionnements génèrent un "aquabonisme" de plus en plus massif, une lassitude généralisée... Et, en ce domaine, la réalité dépasse souvent la fiction. 
Histoire de faire sauter les langues idiotes qui, bien souvent, soutiennent en choeur les imbécillités, les incohérences et le cynisme ambiant de cette "dérégulation" :

 - Les déboires d'Amada" racontent des faits significatifs. 
 - Le laboratoire d'Amada  présente des esquisses théoriques tirées pour la plupart des premiers (textes déposés). 
- AmadO's blues : un de mes amis s'agace avec moi de la confusion mentale généralisée. Je lui ai ouvert mon blog.
- Les articles Michaël Jackson sont des tentatives pour éclairer certains pans de nos sociétés  médiatiquement orchestrées (textes déposés.).
- Plus quelques notules, quelques textes fondateurs et des liens...

Bonne lecture !

A signaler

Argent, dette, intérêts : ouvrir les yeux !  
A.J.Holbeq: 150 millions par jour pour les seuls intérêts de la dette en France . Faits et chiffres à propos de ce racket
 

Une façon critique jubilatoire de lire le monde : Celle de P. Reymond.

Et vu du ciel astrologique, ça donne quoi ?

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